SantéFractures & opérations

Comment marcher avec des béquilles ? Le guide d’un kiné

14 Minutes de lecture

Traumatologie

En cabinet, je remarque très souvent que les béquilles sont mal utilisées, que ce soit après une opération ou en pleine rééducation.

Personne n’a vraiment montré comment faire, alors on improvise. Résultat : des douleurs au dos, aux épaules ou à la hanche, une fatigue énorme, et parfois une guérison plus lente.

Une précision de vocabulaire avant de commencer.

En France, quand on parle de béquilles, il s’agit presque toujours de cannes anglaises, celles où l’avant-bras passe dans un bracelet. Tout ce qui suit vaut pour elles. Les béquilles qui se calent sous les bras sont plus rares chez nous.

✅ Dans ce guide, je vous explique comment marcher avec des béquilles : avec une ou deux, de quel côté, avec appui partiel ou sans poser le pied, dans les escaliers, comment moins vous fatiguer, et quand les arrêter.

📍En bref :

👉 Une seule béquille : on la tient du côté opposé à la jambe blessée, et on l’avance en même temps que la jambe blessée.

👉 Deux béquilles : on avance les béquilles avec la jambe blessée, puis la jambe valide. Si l’appui est interdit, la jambe blessée reste en l’air.

👉 Escaliers : on monte avec la jambe valide en premier, on descend avec les béquilles et la jambe blessée en premier.

👉 Réglage : bras le long du corps, la poignée arrive au pli du poignet.

👉 Marcher avec des béquilles demande nettement plus d’énergie que marcher normalement : fractionnez vos trajets.


Sommaire

Quel appui vous a-t-on autorisé ?

C’est la première question à se poser, parce que c’est elle qui décide de la façon de marcher. Les consignes les plus courantes :

  • Sans appui : le pied blessé ne touche pas le sol. Deux béquilles sont obligatoires.
  • Appui contact : le pied se pose pour l’équilibre, sans y mettre de poids.
  • Appui partiel : on met une partie du poids, parfois chiffrée par le chirurgien (par exemple 20 kg, ou la moitié du poids du corps).
  • Appui selon la douleur : on charge autant que la douleur le permet.
  • Appui total : la jambe peut porter tout le poids. Les béquilles servent alors à l’équilibre et à éviter de boiter.

Appui partiel : comment doser le poids ?

Un pèse-personne aide à sentir la charge. Posez le pied blessé dessus, appuyez jusqu’au chiffre prescrit, et mémorisez la sensation.

Soyons honnêtes : les études montrent que même après cet entraînement, la plupart des patients ne reproduisent pas précisément la charge en marchant.

Le pèse-personne donne un repère, pas une garantie. Votre kiné peut vérifier et corriger en séance. En cas de doute, mieux vaut un peu moins que trop.

🧷 Si vous portez aussi une attelle, j’explique ici quand la garder la nuit.


Une ou deux béquilles : comment choisir ?

Quand utiliser une seule béquille ?

  • l’appui partiel est autorisé, sans douleur vive ;
  • vous êtes en phase avancée de récupération, mais la force ou l’équilibre ne sont pas encore suffisants ;
  • la douleur est modérée (arthrose, tendinite qui dure, entorse légère).

Quand utiliser deux béquilles ?

  • l’appui est interdit (fracture récente, opération, entorse grave), sur avis médical ;
  • l’équilibre est clairement insuffisant ;
  • après une chirurgie qui impose de protéger la jambe (ligament croisé, tendon d’Achille, fracture opérée).

Erreur n°1 : abandonner les béquilles trop tôt

Les lâcher trop vite, c’est souvent boiter, avoir mal et se déséquilibrer. Le passage se fait par étapes, avec l’accord de votre kiné :

  1. deux béquilles ;
  2. une seule béquille, d’abord à la maison ;
  3. sans béquille à l’intérieur ;
  4. sans béquille à l’extérieur.

Comment marcher avec une seule béquille (et de quel côté) ?

Erreur n°2 : tenir la béquille du mauvais côté

C’est l’erreur que je vois le plus. La béquille se tient du côté opposé à la jambe blessée. Blessé à la jambe droite ? La béquille va dans la main gauche.

Pourquoi ? C’est le balancement naturel de la marche. Quand la jambe droite avance, c’est le bras gauche qui part en avant. Tenue du côté opposé, la béquille suit ce rythme, répartit mieux le poids et soulage vraiment la jambe blessée.

Tenue du mauvais côté, elle vous fait pencher, et le dos ou l’épaule finissent par compenser.

La technique :

  1. Tenez-vous droit, la béquille du côté opposé à la jambe blessée, le regard devant vous.
  2. Avancez la béquille en même temps que la jambe blessée, sans forcer.
  3. Transférez progressivement le poids vers l’avant, entre la béquille et la jambe blessée.
  4. Avancez la jambe valide.

Si une douleur apparaît, allégez l’appui sur la jambe blessée

Mon conseil :

  • Regardez loin devant vous, pas vos pieds.
  • Faites des pas réguliers, sans vous précipiter.
  • Vérifiez la hauteur de la béquille : trop haute ou trop basse, elle donne mal aux épaules, au cou ou au dos.
  • Entraînez-vous quelques minutes par jour à l’intérieur, puis allongez progressivement.

Comment marcher avec deux béquilles ?

Avec appui partiel ou appui contact : la marche en trois temps

  1. Placez les deux béquilles un petit pas devant vous, près du corps.
  2. Avancez la jambe blessée jusqu’au niveau des béquilles, en y mettant seulement le poids autorisé.
  3. Appuyez-vous sur les poignées, puis avancez la jambe valide un peu au-delà des béquilles.
  4. Recommencez : béquilles, jambe blessée, jambe valide.

Sans poser le pied : marcher « sur un pied » avec des béquilles

  1. Gardez la jambe blessée en l’air, genou légèrement plié.
  2. Placez les deux béquilles un petit pas devant vous.
  3. Appuyez-vous fermement sur les poignées, bras tendus, sans charger la jambe blessée.
  4. Ramenez la jambe valide vers l’avant, en un petit saut, juste devant les béquilles.

C’est la marche la plus fatigante : prévoyez des pauses fréquentes et des trajets courts.

Astuces :

  • Gardez les coudes légèrement pliés.
  • Restez droit, sans vous pencher en avant.
  • Portez des chaussures fermées et antidérapantes.

Erreur n°3 : avancer les béquilles trop loin

Des béquilles trop loin devant obligent à se pencher et à tirer sur les bras. C’est épuisant et ça déséquilibre. Un petit pas suffit.


Comment monter et descendre les escaliers avec des béquilles ?

Comment monter et descendre les escaliers avec des béquilles : jambe valide en premier pour monter, jambe blessée en premier pour descendre

C’est le moment où l’on a le plus peur de tomber. Une règle simple à retenir : le bon monte en premier, le mauvais descend en premier.

Monter

  1. Montez d’abord la jambe valide sur la marche.
  2. Ramenez ensuite la jambe blessée et les béquilles sur la même marche.
  3. Sans appui autorisé, la jambe blessée reste en l’air, légèrement derrière.

Descendre

  1. Descendez d’abord les béquilles et la jambe blessée sur la marche du dessous.
  2. Descendez ensuite la jambe valide, une fois bien stable.
  3. Sans appui autorisé, la jambe blessée reste en l’air, légèrement devant.

Avec une rampe

Utilisez-la dès que possible. Tenez la rampe d’une main et les deux béquilles dans l’autre : l’une sert d’appui, l’autre est simplement tenue à côté. Vous pouvez aussi confier la deuxième béquille à quelqu’un. L’ordre des jambes reste le même.

📌 Si vous ne vous sentez pas en sécurité, montez ou descendez assis, marche après marche, en vous aidant des bras. Ce n’est pas élégant, mais c’est sûr. Et quand un ascenseur existe, prenez-le.

Erreur n°4 : commencer par la mauvaise jambe

Monter avec la jambe blessée en premier, ou descendre avec la jambe valide en premier, c’est mettre tout le poids du corps sur la jambe blessée au pire moment. C’est la recette pour avoir mal, ou pour chuter.


Comment marcher avec des béquilles sans se fatiguer ?

Si vous êtes épuisé au bout de 50 mètres, c’est normal. Avec des béquilles, ce sont vos bras et vos épaules qui portent une partie du poids du corps à chaque pas.

Dans une étude menée chez des volontaires en bonne santé, marcher sans appui avec des béquilles sous les bras demandait environ 50 % d’oxygène en plus que la marche normale. Autrement dit, chaque trajet compte double.

Voici ce qui aide vraiment :

  1. Réglez bien la hauteur de vos béquilles : c’est la base (voir plus bas).
  2. Faites des petits pas, béquilles pas trop loin devant.
  3. Fractionnez : plusieurs courtes sorties valent mieux qu’une longue. Repérez à l’avance les bancs, les ascenseurs, les places assises.
  4. Gardez les mains libres : un sac à dos ou une banane plutôt qu’un sac à la main.
  5. Augmentez la distance progressivement, quelques minutes de plus chaque jour.
  6. Travaillez avec votre kiné la force des bras et de la jambe valide : ce sont elles qui portent l’effort.
  7. Pour les longues distances, n’hésitez pas à demander un fauteuil roulant : votre médecin peut en prescrire un en location. Pour une blessure du pied ou de la cheville sans appui, une trottinette d’appui genou a demandé nettement moins d’effort que les béquilles dans la même étude. Parlez-en à votre médecin.

📌 Si la fatigue reste écrasante malgré tout, ou si vous êtes essoufflé au moindre effort, signalez-le à votre médecin.


Bien régler ses béquilles (cannes anglaises)

Un mauvais réglage, c’est la première cause de douleurs aux épaules, aux poignets et au dos.

  • Hauteur : debout, bras le long du corps, la poignée arrive au niveau du pli du poignet.
  • Coude : mains sur les poignées, le coude reste légèrement plié, environ 15 à 20°.
  • Bracelet : il se place quelques centimètres sous le coude, sans gêner la flexion du bras.
  • Poignées : elles sont tournées vers l’avant.

Les signes d’un mauvais réglage : béquilles trop hautes, les épaules remontent et le cou se crispe ; béquilles trop basses, vous marchez penché en avant.

💬 En première séance, je vérifie toujours le réglage des béquilles avant même de regarder la jambe. Elles ont souvent été réglées à la va-vite, à la sortie de l’hôpital ou de la pharmacie, et c’est fréquemment là que se cache une douleur à l’épaule ou au poignet. Deux crans de plus ou de moins, et la marche change du tout au tout.

Vous avez des béquilles qui se calent sous les bras ? Le haut doit arriver à environ deux doigts sous l’aisselle.

Ne vous appuyez jamais sur les aisselles : vous pourriez comprimer les nerfs et les vaisseaux qui y passent. Le poids passe par les mains.


Se lever, s’asseoir et éviter les chutes à la maison

S’asseoir : reculez jusqu’à sentir la chaise derrière vos jambes. Sortez les bras des bracelets, tenez les deux poignées d’une main, cherchez l’accoudoir de l’autre, puis descendez doucement.

Se lever : avancez-vous au bord du siège, poussez sur les accoudoirs avec les deux mains, et remettez les bracelets une fois debout et stable.

À la maison :

  • enlevez les tapis, les fils et tout ce qui traîne au sol ;
  • essuyez tout de suite ce qui est mouillé ;
  • laissez une veilleuse entre la chambre et les toilettes ;
  • mettez un tapis antidérapant dans la douche ;
  • rangez les objets du quotidien à portée de main ;
  • vérifiez les embouts de vos béquilles : s’ils sont lisses, changez-les.

« J’ai honte de marcher avec une béquille »

C’est une phrase que j’entends souvent, surtout chez les personnes plus âgées.

La béquille renvoie une image : celle d’être vieux, fragile, diminué. Alors on la laisse dans l’entrée. On ne la prend que pour aller chez le médecin. Ou on se tient aux meubles et au bras d’un proche.

Le problème, c’est que la jambe, elle, n’a pas changé. Sans béquille, on boite, on se fatigue plus vite, on sort moins. Et l’équilibre devient plus précaire, au moment où une chute coûterait le plus cher.

Une étude anglaise a suivi pendant deux ans des personnes de 69 à 90 ans. La réticence du début s’estompait avec le temps. La canne finissait par être vue comme ce qui redonnait confiance et permettait de continuer à sortir.

💬 La béquille n’est pas le signe que vous êtes diminué. C’est l’outil qui vous permet de rester actif pendant que vous guérissez. Et dans la grande majorité des cas, elle est temporaire.

Quelques idées qui aident :

  • Une béquille bien réglée et bien utilisée se remarque moins qu’une démarche qui boite.
  • Choisissez un modèle qui vous plaît. Il existe des béquilles plus sobres ou plus élégantes que le modèle gris de base.
  • Fixez-vous un horizon avec votre kiné : « deux béquilles jusqu’à telle date, une seule ensuite ». Savoir qu’il y a une fin aide à l’accepter.
  • Commencez par les sorties faciles, accompagné si besoin, pour reprendre confiance.

📌 Si la gêne ou la peur de tomber vous fait renoncer à sortir, parlez-en à votre kiné ou à votre médecin. C’est aussi leur rôle


Quand peut-on arrêter les béquilles ?

Trois conditions doivent être réunies.

La blessure est consolidée. Pour une fracture, c’est la radio ou l’examen médical qui le confirme, souvent entre 6 et 12 semaines selon l’os et la fracture.

Voir comment savoir si une fracture est bien consolidée.

Pour une entorse grave, les ligaments doivent être stables et l’appui indolore. Après une opération, c’est le chirurgien ou le kiné qui donne le feu vert.

La marche est fluide. Vous ne compensez plus, le pied se déroule naturellement, sans douleur vive ni gêne importante après quelques minutes.

L’équilibre est stable. Vous marchez sur sol plat ou légèrement irrégulier sans vous tenir aux meubles, et vous tenez quelques secondes sur la jambe blessée.

Erreur n°5 : les garder trop longtemps

L’erreur inverse existe aussi. Garder les béquilles « par sécurité » alors que la jambe est prête entretient la boiterie et retarde le retour des muscles.

🧷 J’en parle dans l’article sur la boiterie après une prothèse de hanche, mais c’est vrai pour toutes les blessures.


Les signes qui doivent vous faire consulter

🚨 Contactez votre médecin, ou les urgences la nuit, si :

  • le mollet devient douloureux, gonflé ou chaud, surtout si la jambe est immobilisée ou sans appui : il faut éliminer une phlébite (un caillot dans une veine de la jambe) ;
  • vous êtes essoufflé ou avez mal dans la poitrine : appelez le 15 ;
  • vous êtes tombé sur la jambe blessée ou opérée ;
  • la douleur augmente au lieu de diminuer ;
  • des fourmillements ou un engourdissement des doigts persistent malgré un bon réglage.

Quelles béquilles choisir ?

Les béquilles classiques de pharmacie suffisent très bien pour quelques semaines. Sur ordonnance, elles sont remboursées en partie par l’Assurance Maladie, le reste pouvant être pris en charge par votre mutuelle.

Les béquilles ergonomiques valent surtout le coup si vous en avez pour plusieurs mois, ou si vous avez déjà mal aux mains ou aux poignets.

🛒 Bien choisir des béquilles ergonomiques

▸ Des poignées larges et anatomiques, qui répartissent l’appui dans toute la paume au lieu de le concentrer.

▸ Un réglage en hauteur précis, pour trouver le pli du poignet au centimètre près.

▸ Un modèle léger : vous allez les soulever des milliers de fois.

▸ Des embouts larges et antidérapants.

👉 Voici un modèle qui coche ces critères : béquilles ergonomiques.

📍Elles soulagent les mains, mais ne corrigent pas une mauvaise technique : le réglage et les bons gestes restent la base.

🛒 Pensez aux embouts

▸ Un embout usé et lisse, c’est une glissade assurée sur un sol mouillé.

▸ Vérifiez qu’il reste des rainures ; sinon, remplacez-les.

👉 Voici des embouts de rechange antidérapants

📍Vérifiez le diamètre de vos tubes avant de commander.

🧷 Passer par ce lien n’augmente pas le prix et m’aide à faire vivre le site. 😉 


Ce que peut faire le kiné

Une séance suffit souvent à tout changer. Le kiné règle vos béquilles, vous apprend la bonne marche selon l’appui autorisé, et vous fait répéter les escaliers en sécurité.

Ensuite, il organise le passage de deux béquilles à une, puis à aucune, au bon rythme. Il renforce la jambe blessée, la jambe valide et les bras, et corrige la boiterie avant qu’elle ne s’installe.


Le mot du kiné 💬

En traumatologie, je vois souvent arriver en première séance des patients qui ont plus mal au dos ou aux poignets qu’à la jambe blessée.

Ils marchent penchés en avant, les épaules remontées, la béquille parfois du mauvais côté. Dans bien des cas, un réglage de quelques centimètres et dix minutes à répéter l’ordre des pas suffisent à changer leur semaine.

Chez les sportifs, le piège est souvent l’inverse : ils veulent lâcher les béquilles le plus vite possible, quitte à boiter. Je pratique moi-même le JJB, et je comprends l’envie de retourner sur le tapis.

Mais une marche qui boite aujourd’hui, c’est souvent une douleur ailleurs demain, à la hanche, au genou ou au dos.

Les béquilles ne sont ni un échec ni une punition. Bien utilisées, elles protègent la jambe pendant qu’elle guérit. Mal utilisées, elles créent des douleurs ailleurs. La différence tient souvent à quelques centimètres de réglage et à l’ordre des pas.

–

Antoine Al Wazzan
Masseur-kinésithérapeute du sport – Marseille
Fondateur de MonConseilKiné

Kinésithérapeute spécialisé dans le sport et la prise en charge des douleurs chroniques. Cet article est rédigé à partir de la pratique clinique quotidienne et des données de la littérature scientifique internationale.

Pour toute question, vous pouvez me contacter par mail : monconseilkine@hotmail.com


❓FAQ – Marcher avec des béquilles : les questions fréquentes de mes patients

De quel côté tenir une seule béquille ?

Du côté opposé à la jambe blessée. Jambe droite blessée, béquille dans la main gauche. On l’avance en même temps que la jambe blessée.

Comment passer de deux béquilles à une seule ?

Quand l’appui est autorisé, que la douleur est modérée et que l’équilibre est correct, on garde la béquille du côté opposé à la jambe blessée. Commencez à la maison, sur des trajets courts, avec l’accord de votre kiné.

J’ai honte d’utiliser une béquille, est-ce que je peux m’en passer ?

Tant que votre médecin ou votre kiné estime qu’elle est nécessaire, non : sans elle, on boite, on se fatigue et on risque davantage de perdre l’équilibre.

Dites-leur que la béquille vous gêne. Ils peuvent vous fixer un objectif d’arrêt progressif. La plupart des gens trouvent qu’elle leur redonne surtout de la liberté.

Peut-on conduire avec une béquille ?

Le Code de la route n’interdit pas explicitement de conduire avec des béquilles. Il impose en revanche d’être en état de faire toutes les manœuvres sans gêne et sans délai.

Tant que vous avez besoin de béquilles pour marcher, c’est souvent le signe que la jambe n’est pas prête pour un freinage d’urgence. Demandez l’avis de votre médecin.

Et sachez qu’en cas d’accident, votre assurance peut réduire son indemnisation.

Peut-on marcher longtemps avec des béquilles ?

Oui, mais avec des pauses régulières, et en augmentant la distance progressivement. Les béquilles demandent beaucoup plus d’énergie que la marche normale.

Quand envisager un fauteuil roulant ?

Quand la marche sans appui vous épuise ou vous fait très mal, surtout les premières semaines après une blessure grave ou une opération, et pour les longues distances. Votre médecin peut vous le prescrire en location.

Pourquoi ai-je mal aux mains avec mes béquilles ?

Le plus souvent à cause d’une mauvaise hauteur ou de poignées trop dures. Réglez la hauteur au pli du poignet et essayez des poignées plus larges. Si les fourmillements persistent, parlez-en à votre médecin.

À quelle hauteur régler les cannes anglaises ?

Debout, bras le long du corps, la poignée arrive au pli du poignet. Mains sur les poignées, le coude reste légèrement plié, environ 15 à 20°. Le bracelet se place quelques centimètres sous le coude.


À retenir

  • Une seule béquille : côté opposé à la jambe blessée, avancée avec elle.
  • Deux béquilles : béquilles et jambe blessée d’abord, jambe valide ensuite ; sans appui, la jambe blessée reste en l’air.
  • Escaliers : le bon monte en premier, le mauvais descend en premier.
  • Réglage : poignée au pli du poignet, coude légèrement plié.
  • Arrêt : seulement quand la blessure est consolidée, la marche fluide et l’équilibre stable, mais sans les garder « par sécurité ».

📚 Sources scientifiques et médicales

  • American Academy of Orthopaedic Surgeons, OrthoInfo. How to Use Crutches, Canes, and Walkers. OrthoInfo
  • Manuel MSD. Comment adapter et marcher avec des béquilles sous les bras. MSD
  • Hackney K.J. et al. Energy Expenditure and Substrate Utilization with Hands-Free Crutches Compared to Conventional Lower-Extremity Injury Mobility Devices. Foot & Ankle Orthopaedics, 2022. DOAJ
  • Hustedt J.W. et al. Current Advances in Training Orthopaedic Patients to Comply with Partial Weight-Bearing Instructions. Yale J Biol Med, 2012. PMC
  • Gooberman-Hill R., Ebrahim S. Making decisions about simple interventions: older people’s use of walking aids. Age and Ageing, 2007. Age and Ageing

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À propos de l'auteur
Kinésithérapeute du sport diplômé d'État, j'exerce à Marseille depuis 2017, principalement en traumatologie du sport et en rééducation après blessure ou opération. Sur MonConseilKiné, j'explique les douleurs et la rééducation simplement, en m'appuyant sur les données scientifiques actuelles et sur mon expérience au cabinet. Pratiquant de jiu-jitsu brésilien, je connais aussi les blessures du sport de l'intérieur.
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