Après une séance de kinésithérapie, il est fréquent de ressentir une douleur, une raideur ou une gêne qui n’étaient pas présentes avant la séance.
Très vite, une question revient chez beaucoup de patients : combien de temps cette douleur est-elle censée durer ?
- Est-ce normal que cela tire encore le lendemain, voire deux jours après ?
- Faut-il s’inquiéter si la douleur ne disparaît pas rapidement ?
Dans mon cabinet, c’est l’une des inquiétudes les plus courantes.
La plupart du temps, la durée de la douleur après la kiné correspond à une réaction d’adaptation du corps à la reprise de sollicitation.
Cela ne veut pas dire que quelque chose a été “abîmé”, ni que la séance était inadaptée.
En revanche, il existe des repères temporels utiles pour savoir ce qui est généralement attendu, ce qui peut durer un peu plus longtemps selon les situations, et à partir de quand il est pertinent de réévaluer la prise en charge.
🧷 Dans cet article, je me concentre volontairement sur la durée de la douleur après une séance de kiné.
Si vous cherchez à comprendre pourquoi la douleur apparaît après la séance, j’ai détaillé les mécanismes dans mon article pilier : douleur après une séance de kiné.
Durée “normale” après une séance de kiné : à quoi s’attendre

Il n’existe pas une durée unique valable pour tout le monde.
La durée de la douleur après une séance de kiné dépend de nombreux facteurs : votre état de départ, le type de rééducation, la zone travaillée, l’intensité de la séance et votre capacité de récupération.
Malgré cette variabilité, on peut donner des repères indicatifs qui aident à se situer.
Dans la majorité des situations, la douleur ou la gêne ressentie après la séance :
- apparaît dans les heures qui suivent ou le lendemain,
- reste modérée,
- puis diminue progressivement au fil des heures ou des jours.
Pour beaucoup de patients, cette réaction s’inscrit dans une fenêtre de 24 à 72 heures.
Cela signifie que la douleur est souvent plus marquée le jour même ou le lendemain, puis qu’elle s’atténue au cours des deux jours suivants.
Cette évolution progressive est un bon indicateur de tolérance de la charge proposée pendant la séance.
Ce qui compte le plus, ce n’est pas l’absence totale de douleur d’un jour sur l’autre, mais la tendance dans le temps.
Si, globalement, la douleur est moins intense à distance de la séance et que la récupération devient plus facile au fil des semaines, la progression est cohérente.
24, 48, 72 heures : comment interpréter ces délais
Les patients parlent souvent de délais très précis : “J’ai encore mal 24 heures après”, “Ça tire encore à 48 heures”, “Ça fait trois jours, est-ce normal ?”.
Ces repères sont utiles s’ils sont interprétés avec nuance.
24 heures après la séance
À 24 heures, il est fréquent de ressentir une gêne ou une douleur liée à la séance, surtout si elle a été un peu plus sollicitante que d’habitude ou si vous débutez la rééducation.
À ce stade, la douleur correspond souvent à une réaction précoce des tissus à la charge. Tant qu’elle reste supportable et qu’elle ne s’accompagne pas de symptômes inhabituels, cela entre dans le cadre attendu.
48 heures après la séance
À 48 heures, certaines douleurs peuvent encore être présentes, en particulier lorsqu’il y a eu un travail musculaire ou une remise en mouvement de zones longtemps raides.
Beaucoup de patients décrivent à ce moment-là une sensation de raideur ou de courbatures. Ce qui est rassurant, c’est lorsque l’intensité commence à diminuer, même légèrement. L’amélioration progressive est un signe que la récupération est en cours.
72 heures après la séance
À 72 heures, la douleur devrait, dans la majorité des cas, être nettement atténuée. Si elle persiste sans aucune amélioration, ou si elle s’est intensifiée par rapport aux jours précédents, cela mérite d’être signalé à votre kiné.
Ce n’est pas forcément inquiétant en soi, mais c’est souvent le signe que la charge proposée était un peu trop élevée pour votre tolérance actuelle et qu’un ajustement est nécessaire.
📌 Ces repères ne sont pas des règles strictes. Ils servent surtout de balises pour situer l’évolution de votre récupération. Deux personnes ayant suivi la même séance peuvent ne pas récupérer au même rythme, ce qui est parfaitement normal.
Ce qui fait durer la douleur plus longtemps (facteurs clés)

La durée de la douleur après la kiné n’est pas la même pour tout le monde. Certaines situations expliquent qu’une gêne ou une douleur puisse persister un peu plus longtemps sans que cela soit anormal.
L’important est de comprendre le contexte dans lequel vous vous trouvez et d’observer l’évolution dans le temps.
Début de rééducation ou période d’immobilisation
Lorsque la rééducation débute après une période d’arrêt, d’immobilisation ou de diminution importante d’activité, le corps doit se réhabituer à bouger et à supporter de la charge.
Les muscles, les articulations et les tissus n’ont plus la même tolérance qu’avant. Dans ce contexte, il est courant que la douleur dure un peu plus longtemps au début des premières séances.
Dans la pratique, je vois souvent des patients qui n’avaient quasiment plus mal au repos, mais qui ressentent davantage de gêne après les premières séances de rééducation.
Cela ne signifie pas que la situation s’aggrave. Cela correspond plutôt à une remise en route progressive de structures qui n’étaient plus sollicitées.
Intensité de la séance et progression de la charge
La façon dont la charge est augmentée joue un rôle majeur dans la durée de la douleur post-séance. Une séance plus dense, avec davantage de répétitions, de résistance ou de mise en charge, peut entraîner une gêne plus marquée et plus durable, surtout si le corps n’y est pas encore habitué.
Ce point est particulièrement important lorsque la progression est rapide. Une augmentation trop brutale de l’intensité peut allonger la durée de la douleur au-delà de ce qui est habituellement observé.
À l’inverse, une progression bien dosée permet en général une récupération plus régulière d’une séance à l’autre. C’est pour cela que l’ajustement de la charge fait partie intégrante du travail du kinésithérapeute.
Zone travaillée : repères indicatifs par région
La zone rééduquée influence aussi la durée de la douleur après la kiné. Certaines régions du corps sont plus sensibles aux variations de charge ou ont tendance à récupérer un peu plus lentement.
Genou
Après une séance centrée sur le genou, la douleur peut durer 24 à 72 heures, notamment lorsqu’il y a un travail de renforcement ou de reprise d’appui.
Le genou est une articulation très sollicitée au quotidien, ce qui peut entretenir une gêne transitoire les premiers temps. Une douleur qui diminue progressivement entre deux séances est en général un bon signe.
🧷 À lire également : Pourquoi mes douleurs au genou persistent ? 5 raisons.
Cheville et pied
La cheville et le pied sont fortement impliqués dans la marche. Après une séance de reprise d’appui ou de travail de mobilité, la douleur peut parfois persister un à deux jours, surtout en début de rééducation.
La récupération peut sembler plus lente lorsque la zone est sollicitée en continu dans la vie quotidienne.
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Épaule
L’épaule récupère parfois un peu plus lentement, notamment lorsqu’il existe de la raideur ou un manque de mobilité important. Il n’est pas rare que la douleur dure 48 à 72 heures après certaines séances, en particulier au début de la prise en charge.
Là encore, c’est l’évolution globale qui compte davantage que la durée exacte d’une gêne isolée.
Dos
Pour les douleurs de dos, la durée de la gêne post-séance est souvent plus courte, autour de 24 à 48 heures, surtout lorsque l’on réintroduit des mouvements que le corps avait tendance à éviter.
Des variations transitoires sont fréquentes au début, avant que la tolérance à l’effort ne s’améliore.
📌 Ces durées restent indicatives. Elles permettent de se situer, mais ne remplacent pas l’évaluation individuelle par votre kiné, qui tient compte de votre histoire, de vos symptômes et de votre évolution d’une séance à l’autre.
Quand la durée devient anormale : quand faut-il s’inquiéter ?
Dans la majorité des cas, la douleur après une séance de kiné s’inscrit dans une dynamique de récupération progressive.
Il existe toutefois des situations où la durée de la douleur mérite d’être réévaluée avec votre kiné, sans pour autant céder à l’inquiétude excessive.
Il est pertinent de recontacter votre kinésithérapeute si :
- la douleur ne diminue pas du tout après 72 heures,
- la douleur augmente séance après séance,
- la récupération devient de plus en plus difficile au fil des semaines,
- de nouveaux symptômes apparaissent (perte de force inhabituelle, troubles sensitifs persistants),
- un gonflement marqué persiste plusieurs jours après la séance.
Dans ces situations, il ne s’agit pas de conclure qu’il y a un problème grave, mais plutôt de réajuster la prise en charge. Cela peut passer par une adaptation de la charge, du rythme des séances ou du contenu des exercices.
📌 L’objectif reste de trouver le juste niveau de stimulation pour favoriser la progression sans entretenir une douleur trop durable.
Comment favoriser une récupération plus rapide entre deux séances
L’objectif n’est pas de faire disparaître toute sensation après la séance, mais de favoriser une récupération plus fluide pour que la douleur ne s’installe pas inutilement dans le temps.
Ici, on s’intéresse surtout à ce qui influence la durée de la douleur, pas à ses causes.
Observer l’évolution d’une séance à l’autre
Si la douleur dure de moins en moins longtemps au fil des semaines, même si elle n’a pas totalement disparu entre deux séances, la dynamique est généralement bonne.
Adapter le rythme de progression avec votre kiné
Une douleur qui dure de plus en plus longtemps est souvent le signe que la progression est trop rapide pour votre tolérance actuelle. En parler permet d’ajuster la charge sans freiner la rééducation.
Préserver des temps de récupération suffisants
Enchaîner des sollicitations importantes sans laisser de temps de récupération peut allonger la durée des douleurs. Le rythme des séances et la charge entre deux rendez-vous comptent autant que la séance elle-même.
Maintenir une activité légère entre les séances
Une activité douce favorise une récupération plus rapide que l’arrêt complet, qui tend à prolonger la sensation de raideur.
Soigner les bases de la récupération
Le sommeil, l’hydratation et des apports nutritionnels suffisants influencent la capacité du corps à récupérer d’une séance à l’autre et donc la durée des douleurs ressenties.
Le mot du kiné 💬
Dans la pratique, ce qui me guide surtout n’est pas la présence ou non de douleur après une séance isolée, mais la façon dont cette douleur évolue dans la durée.
Quand je vois que la gêne post-séance diminue progressivement au fil des semaines, même si elle est encore présente au début, je sais que la progression est cohérente.
À l’inverse, une douleur qui dure de plus en plus longtemps d’une séance à l’autre est un signal pour ajuster la progression, pas pour arrêter la rééducation.
C’est ce travail d’ajustement fin, au fil du temps, qui permet d’avancer sans s’enliser dans une douleur persistante.
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Par Antoine, kinésithérapeute du sport, fondateur de MonConseilKiné.
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FAQ – Douleur après kiné : combien de temps est-ce normal ?
- Est-ce normal d’avoir encore mal 48 heures après la kiné ?
Oui, c’est fréquent, surtout en début de rééducation ou après une séance plus sollicitante, tant que la douleur diminue ensuite. - Combien de temps la douleur peut-elle durer au maximum ?
En général, elle s’atténue en 24 à 72 heures. Si elle ne diminue pas au-delà de ce délai, il est utile d’en parler à votre kiné. - Dois-je annuler la séance suivante si j’ai encore mal ?
Pas forcément. Il vaut mieux en discuter avec votre kiné pour ajuster la séance plutôt que d’arrêter sans avis. - Pourquoi chez moi la douleur dure plus longtemps que chez d’autres ?
La durée dépend du contexte de départ, de la zone travaillée, de l’intensité des séances et de votre récupération individuelle. - La douleur doit-elle disparaître complètement entre deux séances ?
Pas toujours. Ce qui compte est que la tendance globale soit à l’amélioration et que la récupération devienne plus facile.
Sources scientifiques et médicales 📖
🧷 Les repères de durée et conseils présentés s’appuient sur les données de la littérature scientifique et l’expérience clinique en kinésithérapie du sport.
Silbernagel, K. G., Thomeé, R., Eriksson, B. I., & Karlsson, J. (2007).
Full symptomatic recovery does not ensure full recovery of muscle–tendon function in patients with Achilles tendinopathy.
British Journal of Sports Medicine, 41(4), 276–280. https://bjsm.bmj.com/content/41/4/276
📍Montre que la réponse douloureuse lors de la rééducation tendineuse peut persister alors même que la fonction s’améliore, ce qui justifie une lecture de la douleur dans le temps et non sur une séance isolée.
Riel, H., et al. (2019).
Is self-reported pain severity associated with tendon structural changes and functional capacity in patellar tendinopathy?
Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports, 29(12), 1975–1983. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/sms.13527
📍Montre que l’intensité de la douleur n’est pas strictement corrélée à l’état tissulaire, ce qui soutient le fait que la douleur post-séance ou sa durée ne reflète pas toujours une aggravation lésionnelle.
Rio, E., et al. (2016).
Isometric exercise induces analgesia and reduces inhibition in patellar tendinopathy.
British Journal of Sports Medicine, 49(19), 1277–1283. https://bjsm.bmj.com/content/49/19/1277
📍Montre que certains exercices peuvent moduler la douleur à court terme, ce qui soutient l’idée que la douleur après exercice/rééducation est variable dans le temps et dépend fortement de la charge et du type de stimulation.

