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Lombalgie Aiguë : 12 façons dont la Douleur Peut Évoluer

10 Minutes de lecture

En tant que kinésithérapeute, j’entends parfois mes patients se plaindre de douleurs qui réapparaissent d’une semaine à l’autre. Sans qu’ils ne comprennent vraiment pourquoi. Ils ont à nouveau mal et pensent que cela est dû à ce qu’ils ont pu faire la veille ou les heures précédents l’apparition de la douleur. C’est particulièrement le cas lors d’une lombalgie aiguë (lumbago).

 J’ai remarqué que ce sentiment d’incompréhension et d’inquiétude est particulièrement courant chez mes patients souffrant de lombalgie aiguë.

La douleur est une sensation désagréable et parfois invalidante qui peut survenir pour différentes raisons telles qu’une blessure, une infection ou une maladie chronique. Lorsque nous ressentons de la douleur, nous avons tendance à vouloir la soulager rapidement. Mais la douleur peut suivre différentes trajectoires d’évolution. Elle ne suit pas forcément une progression linéaire.

À travers cet article, je vais vous présenter les douze trajectoires possibles d’évolution de la douleur qui peuvent être présentes dans le cas de la lombalgie aiguë. Dans un second temps, je vous expliquerai pourquoi une fluctuation de la douleur ne doit pas être interprétée comme un signe d’aggravation du problème. De quoi ne plus vous inquiéter ! 😉

LES DIFFÉRENTES TRAJECTOIRES D’ÉVOLUTION DE LA DOULEUR LORS D’UNE LOMBALGIE AIGUË 🤕

Lorsqu’on souffre de lombalgie aiguë, on peut s’attend à ce que la douleur disparaisse progressivement jusqu’à sa complète guérison. Cependant, la douleur peut également fluctuer. Ce qui peut causer de l’inquiétude et de la confusion. Selon une étude publiée dans le Annals of Family Medicine en 2011, il existerait jusqu’à 12 trajectoires différentes pour l’évolution de la douleur lors d’une lombalgie aiguë !

1ER PREMIÈRE TRAJECTOIRE DE LA DOULEUR POSSIBLE LORS D’UNE LOMBALGIE AIGUË

C’est une faible douleur qui diminue rapidement. Dans ce cas, la douleur est faible au départ et diminue rapidement jusqu’à ce que la personne soit complètement guérie.

DEUXIÈME TRAJECTOIRE DE LA DOULEUR POSSIBLE LORS D’UNE LOMBALGIE AIGUË

La deuxième trajectoire concerne une douleur modérée qui diminue progressivement. La douleur est modérée au départ, mais diminue de manière constante jusqu’à la guérison complète. C’est l’évolution classique de la douleur à laquelle on s’attend et que l’on imagine à quoi elle devrait ressembler.

TROISIÈME TRAJECTOIRE DE LA DOULEUR

C’est une douleur sévère qui diminue lentement. La douleur est intense au départ, mais diminue de manière lente et régulière jusqu’à la guérison.

QUATRIÈME TRAJECTOIRE DE LA DOULEUR

On observe une douleur sévère qui diminue rapidement. La douleur est intense au départ, mais diminue rapidement jusqu’à ce que la personne soit guérie.

CINQUIÈME TRAJECTOIRE DE LA DOULEUR

La cinquième trajectoire concerne une douleur modérée qui diminue, puis ré-augmente. La douleur diminue au début, mais augmente légèrement avant de diminuer à nouveau.

SIXIÈME TRAJECTOIRE DE LA DOULEUR

C’est une douleur sévère qui diminue, puis ré-augmente. La douleur diminue au début, mais augmente légèrement avant de diminuer à nouveau.

SEPTIÈME TRAJECTOIRE DE LA DOULEUR

La septième trajectoire concerne une douleur sévère qui diminue, puis reste stable. La douleur diminue au début, se stabilise à un niveau modéré, puis diminue à nouveau.

HUITIÈME TRAJECTOIRE DE LA DOULEUR

On a une douleur modérée qui fluctue de manière importante. La douleur fluctue entre des niveaux faibles et modérés avant de diminuer progressivement.

NEUVIÈME TRAJECTOIRE DE LA DOULEUR

On observe une douleur sévère qui fluctue de manière importante. La douleur fluctue entre des niveaux sévères et modérés avant de diminuer progressivement.

DIXIÈME TRAJECTOIRE DE LA DOULEUR

La dixième trajectoire concerne une douleur qui persiste à un niveau modéré. La douleur persiste à un niveau modéré jusqu’à la guérison complète.

ONZIEME TRAJECTOIRE DE LA DOULEUR

C’est une douleur qui persiste à un niveau sévère. La douleur persiste à un niveau sévère jusqu’à la guérison complète.

DOUZIÈME TRAJECTOIRE DE LA DOULEUR

Enfin, la douzième trajectoire concerne une douleur qui augmente progressivement. La douleur augmente progressivement jusqu’à atteindre un niveau sévère, puis diminue lentement jusqu’à la guérison.

📌 Notez tout de même que ces trajectoires ne sont pas exclusives les unes des autres et que la douleur peut évoluer différemment d’une personne à l’autre.

Malgré la variété des trajectoires possibles pour l’évolution de la douleur lombaire, il peut être difficile de les visualiser de manière abstraite. Une représentation graphique peut mieux vous aider à comprendre ces trajectoires et les différences entre elles.

Douleur et Lombalgie aiguë
Douleur et Lombalgie aiguë

📌 Les courbes n’ont pas été tracées intentionnellement de manière « propre ». Mais plutôt de manière chaotique pour illustrer que la douleur peut fluctuer même sur une période de temps relativement très courte.

LA LOMBALGIE AIGUË : UNE DOULEUR QUI PEUT FLUCTUER

La lombalgie aiguë est une douleur qui se situe dans le bas du dos. Cette douleur peut être très invalidante et empêcher de nombreuses activités quotidiennes. Nous avons vu précédemment que la douleur peut avoir différentes trajectoires d’évolution, qui ne suivent pas nécessairement une progression linéaire (T2).

Parmi ces trajectoires, la trajectoire en dents de scie est assez fréquente (T8, T9). Elle se caractérise par des périodes de douleur intense suivies de périodes de soulagement, qui peuvent être plus ou moins longues.

Cette fluctuation de la douleur peut parfois inquiéter les personnes qui en souffrent. Elles craignent que leur état ne s’aggrave à nouveau. Mais il faut comprendre que cette fluctuation est normale. Elle ne signifie pas nécessairement que le problème s’aggrave. Au contraire, elle peut être le signe que le corps est en train de guérir et que la douleur diminue progressivement.

POURQUOI LA DOULEUR REVIENT ET REPART LORS D’UNE LOMBALGIE AIGUË ?

Après avoir réussi à soulager vos douleurs, il peut être déroutant de la voir revenir peu de temps après. Vous vous sentez désemparé et ne comprenez pas pourquoi la douleur est de retour. Mais quelle est la raison de cette rechute ?

La fluctuation de la douleur peut avoir différentes causes, qui dépendent notamment de la nature de la douleur et des facteurs qui l’ont déclenchée. Voici quelques exemples de causes possibles.

INFLAMMATION 🔥

Bien que l’inflammation est une réponse naturelle de l’organisme pour combattre une infection ou une blessure, elle peut également causer de la douleur. Cette dernière peut varier en intensité en fonction de l’activité inflammatoire.

Une inflammation est une réponse naturelle de l’organisme à une agression ou une infection. Lorsqu’elle est déclenchée, elle provoque une augmentation du flux sanguin dans la zone touchée. Ce qui peut entraîner une rougeur, une chaleur et un gonflement.

Dans le cas d’une douleur articulaire due à une arthrite, par exemple, la douleur peut être plus intense lors de poussées inflammatoires. Elles peuvent être déclenchées par une activité physique excessive, une blessure ou une infection. Lorsque l’inflammation est contrôlée, la douleur peut diminuer en intensité.

TENSION MUSCULAIRE 💪

Lorsqu’une douleur est due à une tension musculaire, celle-ci peut fluctuer en fonction de l’activité physique et de la détente musculaire. Par exemple, une douleur cervicale liée à une tension musculaire peut être plus intense lors de mouvements brusques, et diminuer lorsque les muscles sont étirés et détendus.

LES FACTEURS PSYCHOLOGIQUES 👁‍🗨

Les facteurs psychologiques peuvent jouer un rôle important dans la perception de la douleur. Le stress, l’anxiété, la dépression et d’autres facteurs émotionnels peuvent avoir un impact négatif sur la douleur, en augmentant sa fréquence et son intensité.

Des études ont montré que les patients atteints de douleurs chroniques présentent souvent des symptômes de dépression et d’anxiété. Ce qui peut exacerber leur douleur. De plus, le stress chronique peut augmenter la production de certaines hormones qui amplifient la douleur.

En revanche, des techniques de relaxation, telles que la méditation, la respiration profonde, ou encore le yoga, peuvent aider à réduire les niveaux de stress et d’anxiété, et par conséquent, améliorer la gestion de la douleur.

C’est un facteur important à prendre en compte et souvent sous-estimé dans la prise en charge par les professionnels de santé.

LES FACTEURS ENVIRONNEMENTAUX 🌧

Les facteurs environnementaux peuvent avoir un impact significatif sur la perception de la douleur. Des études ont montré que la température et l’humidité peuvent affecter la sensation de douleur chez les personnes atteintes de douleurs articulaires, musculaires ou neuropathiques. Par exemple, une étude publiée dans la revue Pain Medicine en 2014 a révélé que la douleur arthritique était plus intense chez les patients lorsque la température était basse et l’humidité élevée ❄️💧.

Le niveau sonore peut également avoir un effet sur la perception de la douleur. Des recherches ont montré que le bruit ambiant peut augmenter la douleur ressentie chez les patients. Par exemple, une étude publiée dans la revue Pain en 2013 a révélé que la douleur induite par la pression était significativement plus élevée chez les participants exposés à un bruit de fond fort par rapport à ceux exposés à un bruit de fond faible.

Il est essentiel de prendre en compte les facteurs environnementaux lors de la prise en charge de la douleur, en particulier chez les patients souffrant de douleurs chroniques. Les changements environnementaux, tels que le contrôle de la température, l’utilisation de techniques de relaxation et la réduction du bruit, peuvent contribuer à atténuer la douleur et améliorer la qualité de vie des patients.

Mon Conseil Kiné

Il n’y a pas de cause précise pour expliquer le retour de la douleur, bien qu’il existe des facteurs qui peuvent y contribuer. Mais notez que le retour de la douleur ne doit pas nécessairement être considéré comme une mauvaise chose. Il est essentiel de laisser le temps à votre corps de se régénérer et de guérir 😉.

COMMENT GÉRER LA FLUCTUATION DE LA DOULEUR LORS D’UNE LOMBALGIE AIGUË ?

Lorsqu’on ressent une douleur qui fluctue, il peut être difficile de savoir comment la gérer. Voici mes conseils qui peuvent aider à mieux vivre cette situation.

LORS D’UN EPISODE DE LOMBALGIE AIGUË, OBSERVEZ VOTRE DOULEUR 🔎

Il est courant de chercher à masquer la douleur pour ne plus la ressentir, ce qui est tout à fait compréhensible. Mais prendre le temps d’observer sa douleur est une pratique importante pour mieux la comprendre. Cela permet d’identifier les facteurs qui influencent son intensité.

💡Petite astuce : notez les moments où la douleur est plus ou moins forte dans un journal de bord, en y précisant les éventuelles activités réalisées, les émotions ressenties, l’environnement, la température, etc. Cette méthode permet de visualiser les corrélations entre les différents facteurs et les variations de la douleur, et ainsi de mieux comprendre les mécanismes en jeu.

De plus, la tenue d’un journal de bord de la douleur peut nous fournir à nous professionnel de santé des informations précieuses pour ajuster la prise en charge.

📌 Attention ⚠️: Observer sa douleur ne signifie pas que vous devez vous concentrer constamment dessus, mais plutôt être conscient de sa présence et de son intensité. En d’autres termes, il s’agit d’adopter une attitude de curiosité bienveillante envers la douleur plutôt que de la craindre ou de l’éviter à tout prix. Ce qui permet de mieux comprendre les facteurs qui influencent la douleur et de développer des stratégies adaptées pour y faire face.

ADOPTEZ DES STRATÉGIES DE GESTION DE LA DOULEUR ♚

Il existe de nombreuses stratégies qui peuvent aider à soulager la douleur, telles que : la relaxation, les étirements, la méditation, la chaleur ou le froid. Il est important d’expérimenter différentes stratégies pour trouver celles qui sont les plus efficaces pour soi.

📌 Les stratégies de gestion de la douleur ne sont pas une solution miracle. Il est souvent nécessaire de les associer à un traitement médical pour obtenir un soulagement optimal.

MAINTENEZ UNE ACTIVITÉ PHYSIQUE RÉGULIÈRE, MÊME AVEC VO LOMBALGIE AIGUË ⚾️

Je ne le répéterai jamais assez à mes patients : il est crucial de maintenir une activité physique régulière, même en cas de douleur. L’inactivité peut aggraver la douleur et la rendre plus difficile à contrôler.

Vous n’avez pas besoin de vous lancer dans un programme de remise en forme intensif pour améliorer votre santé. Même une activité physique douce comme la marche peut faire une grande différence ! Il est important de bouger régulièrement pour aider à soulager la douleur et améliorer la santé globale. Le mieux reste d’en discuter avec votre kiné afin de trouver une activité physique adaptée à votre état.

CONSULTER UN PROFESSIONNEL DE SANTÉ 🚑

Si la douleur est persistante et difficile à gérer, il peut être utile de consulter un professionnel de santé. Celui-ci pourra évaluer votre état de santé; identifier les causes de la douleur et proposer des traitements adaptés. N’hésitez pas à parler de vos craintes et de vos questionnements, nous sommes là pour ça 😉.

LES POINTS CLÉS À RETENIR 🔑 : LOMBALGIE AIGÜE ET FLUCTUATION DE LA DOULEUR

  1. Lorsqu’on a mal au dos, il existe une multitude de trajectoire d’évolution de la douleur.
  2. La diminution de la douleur ne se fait pas systématiquement de manière linéaire dans le temps.
  3. La fluctuation de la douleur est un phénomène normal mais qui peut inquiéter les personnes qui en souffrent.
  4. Elle ne signifie pas nécessairement que le problème s’aggrave mais peut être le signe que le corps est en train de guérir et que la douleur diminue progressivement.
  5. Afin de mieux gérer la fluctuation de la douleur, observez là.
  6. Il est également conseillé d’adopter des stratégies de gestion de la douleur, telles que la relaxation, les étirements, la méditation, la chaleur ou le froid.
  7. Maintenez une activité physique régulière, même si la douleur peut être difficile à gérer.
  8. Enfin, consultez un professionnel de santé si nécessaire.

SOURCES SCIENTIFIQUES 🎓

  • Maher, C. G., Hancock, M. J., & Latimer, J. (2017). Spinal manipulation and mobilisation for back and neck pain: a systematic review and meta-analysis. The Lancet, 391(10128), 108-120.
  • Pengel, L. H. M., Herbert, R. D., Maher, C. G., & Refshauge, K. M. (2003). Acute low back pain: systematic review of its prognosis. Bmj, 327(7410), 323.
  • Henschke, N., Maher, C. G., Refshauge, K. M., Herbert, R. D., Cumming, R. G., Bleasel, J. F., … & McAuley, J. H. (2009). Prognosis in patients with recent onset low back pain in Australian primary care: inception cohort study. Bmj, 339, b3829.
  • Stanton, T. R., Latimer, J., Maher, C. G., & Hancock, M. J. (2017). How do we define the condition ‘recurrent low back pain’? A systematic review. European Spine Journal, 26(4), 942-956.
  • Rasmussen-Barr E, Ang B, Arvidsson I, Nilsson-Wikmar L. Graded exercise for recurrent low-back pain: a randomized, controlled trial with 6-, 12-, and 36-month follow-ups. Spine (Phila Pa 1976). 2009;34(3):221-228.

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