Ça a commencé un matin en se levant.
La pièce s’est mise à tourner. Quelques secondes, pas plus.
Assez pour s’accrocher au bord du lit et attendre que ça passe. Assez pour rester là, assis, à se demander ce qui venait de se passer.
Depuis, c’est là. Pas tout le temps. Plutôt quand on tourne la tête trop vite. La nuit, en se retournant dans le lit. En regardant en l’air pour attraper quelque chose sur une étagère.
La vraie question n’est pas « c’est quoi ces vertiges ».
La vraie question, celle qu’on n’ose pas toujours formuler directement, c’est : « est-ce que c’est grave ?«
✅ La réponse honnête : dans la grande majorité des cas, non.
La cause la plus fréquente de vertiges chez les personnes âgées est mécanique, bénigne, et traitable, souvent en quelques séances de kinésithérapie. Parfois en une seule.
Mais pour comprendre ça, il faut d’abord comprendre ce qui se passe vraiment.
Ce que les patients décrivent, et ce que ça veut dire
Vertige ou instabilité : une distinction qui compte
Ce n’est pas la même chose. Et cette distinction oriente complètement la prise en charge.
🔹 Le vertige est une sensation de mouvement.
- La pièce tourne. Le sol bouge. On a l’impression de basculer alors qu’on est immobile.
- C’est une illusion de mouvement, et elle vient presque toujours d’une perturbation du système vestibulaire, dans l’oreille interne ou dans les voies neurologiques qui en dépendent.
🔹 L’instabilité est différente. Pas de sensation de rotation.
- Juste un manque d’assurance dans les appuis.
- Une impression de ne plus avoir le pied aussi sûr. Une tendance à tituber ou à se rattraper sans raison évidente.
- Elle peut venir du système vestibulaire, mais aussi d’une faiblesse musculaire, d’un problème de proprioception, d’une hypotension orthostatique, ou d’une combinaison de tout ça.
📝 En consultation, les patients ne font pas toujours cette distinction spontanément. Ils disent « j’ai des vertiges » pour décrire des choses très différentes.
Et ce qu’ils décrivent précisément : la direction de la rotation, le moment d’apparition, la durée, les circonstances, oriente considérablement le diagnostic.
Ce que l’on entend le plus souvent en consultation
« Ça tourne quand je me lève le matin. » « La nuit, quand je me retourne dans le lit, ça part. » « Je ne peux plus regarder en l’air sans que ça tourne. » « C’est surtout quand je tourne la tête vers la droite. »
Ces descriptions ont quelque chose en commun.
Les vertiges sont déclenchés par un changement de position de la tête.
Ils durent quelques secondes, rarement plus d’une minute. Ils passent seuls. Et ils reviennent à chaque fois qu’on fait le même mouvement.
Ce tableau clinique est presque caractéristique d’une seule et même cause. La plus fréquente. La plus méconnue. Et la plus traitable.
Les causes fréquentes : ce qui arrive vraiment

Le VPPB : la cause la plus fréquente et la plus méconnue
Le VPPB, Vertige Positionnel Paroxystique Bénin , est de loin la cause la plus fréquente de vertiges chez les personnes âgées.
Et pourtant, c’est l’une des moins bien connues du grand public.
🔬 Ce qui se passe concrètement
- Dans l’oreille interne se trouvent de petits cristaux de carbonate de calcium, les otolithes, qui participent à la détection des mouvements de la tête.
- Parfois, ces cristaux se déplacent et migrent dans un canal semi-circulaire où ils ne devraient pas être.
- À chaque changement de position, ces cristaux bougent et envoient des informations erronées au cerveau, qui interprète ça comme un mouvement alors qu’il n’y en a pas.
Résultat : une sensation intense de rotation, déclenchée par des mouvements précis, qui dure quelques secondes et cède spontanément.
C’est mécanique. Ce n’est pas neurologique. Ce n’est pas vasculaire. Ce n’est pas dangereux.
Et dans la plupart des cas, ça se traite en quelques manœuvres spécifiques réalisées par un kinésithérapeute.
Ce que les patients ne comprennent pas immédiatement, et c’est compréhensible, c’est pourquoi un kiné traite un problème d’oreille, cela les surprends souvent.
La réponse est simple : les manœuvres de repositionnement des otolithes sont des gestes physiques précis. Pas chirurgicaux, pas médicamenteux. C’est exactement le terrain du kinésithérapeute.
Le VPPB peut survenir spontanément, après un choc à la tête, après une période d’alitement prolongé, ou sans raison identifiable. Il est plus fréquent avec l’âge, mais pas inévitable, et surtout pas irréversible.
La névrite vestibulaire
La névrite vestibulaire est une inflammation du nerf vestibulaire, le nerf qui transmet les informations d’équilibre de l’oreille interne au cerveau.
Elle provoque un vertige intense, souvent brutal, qui dure plusieurs heures voire plusieurs jours, accompagné de nausées importantes et d’une instabilité majeure.
Contrairement au VPPB, ce vertige n’est pas positionnel. Il est permanent au début, puis diminue progressivement sur plusieurs semaines.
La phase aiguë est médicale, elle nécessite une consultation, parfois des médicaments pour réduire les nausées. Mais la récupération est souvent incomplète sans rééducation vestibulaire.
C’est là que le kiné intervient, non pas pour traiter l’inflammation, mais pour aider le cerveau à compenser la perte d’information vestibulaire et retrouver un équilibre fonctionnel.
L’hypotension orthostatique
Elle est souvent confondue avec un vertige positionnel, mais le mécanisme est totalement différent.
L’hypotension orthostatique, c’est une chute de tension artérielle qui survient quand on se lève trop vite.
Le cerveau est momentanément moins irrigué, ce qui provoque une sensation de tête qui tourne, parfois un voile devant les yeux, parfois une jambe qui flanche.
Quelques secondes, ça passe seul, et ça revient à chaque lever trop rapide. Ce n’est pas un vertige au sens vestibulaire, c’est un problème cardiovasculaire. Il nécessite une évaluation médicale, pas une rééducation vestibulaire.
📌 La règle des trois secondes au lever, s’asseoir d’abord, attendre, puis se lever, réduit significativement ce risque.
💊 Les causes médicamenteuses
C’est un point que beaucoup de patients, et parfois même certains soignants, oublient d’explorer.
Certains médicaments fréquemment prescrits après 65 ans peuvent provoquer ou aggraver des vertiges et une instabilité : les antihypertenseurs, certains diurétiques, les benzodiazépines, certains antibiotiques.
Quand des vertiges apparaissent après l’introduction ou la modification d’un traitement, c’est une piste à explorer en priorité avec le médecin traitant.
Ce n’est pas le rôle du kinésithérapeute d’ajuster les traitements. Mais c’est son rôle de signaler cette possibilité et d’orienter vers le bon interlocuteur.
Ce qui doit alerter : les signaux d’une consultation urgente
La grande majorité des vertiges chez les personnes âgées sont bénins.
Mais certains signaux justifient une consultation médicale rapide, pas dans deux semaines. Dans les heures qui suivent.

Appelez le 15 ou consultez en urgence si les vertiges s’accompagnent de :
- une asymétrie du visage, une bouche qui tombe d’un côté,
- une difficulté soudaine à parler ou à comprendre,
- une perte de force ou une paralysie dans un membre,
- une vision double ou une perte de vision,
- une céphalée intense et soudaine — « la pire de sa vie »,
- une difficulté à avaler.
Ces signes peuvent indiquer un accident vasculaire cérébral ou une autre urgence neurologique.
Dans ce contexte, chaque minute compte. Ce n’est pas le moment d’appeler son médecin traitant, c’est le moment d’appeler le 15.
Consultez votre médecin dans les jours qui suivent si :
- les vertiges sont apparus brutalement, intenses, et durent plus de quelques heures,
- ils s’accompagnent de troubles de l’audition ou de bourdonnements,
- ils surviennent sans lien avec la position de la tête,
- ils s’aggravent progressivement sur plusieurs semaines,
- plusieurs chutes ont eu lieu en lien avec les vertiges.
Ce que le kiné peut faire, et ce qu’il ne peut pas faire
✅ La rééducation vestibulaire
La rééducation vestibulaire est une spécialité kinésithérapique à part entière.
Elle s’adresse aux patients dont le système d’équilibre a été perturbé, par un VPPB, une névrite vestibulaire, ou toute autre cause ayant laissé des séquelles fonctionnelles.
Son principe : le cerveau est capable de compenser une perte ou une perturbation d’information vestibulaire, mais il a besoin d’être guidé.
Les exercices de rééducation stimulent cette compensation de manière progressive et sécurisée.
Ils entraînent le système nerveux central à intégrer des informations visuelles et proprioceptives pour pallier la défaillance vestibulaire.
Ce travail prend du temps, plusieurs semaines en général pour une névrite vestibulaire. Mais ses effets sont documentés et durables.
✅ La manœuvre d’Epley
C’est le traitement de référence du VPPB du canal postérieur, le type le plus fréquent.
La manœuvre d’Epley consiste en une série de mouvements de la tête et du corps, réalisés par le kinésithérapeute dans un ordre précis, qui permettent de repositionner les cristaux déplacés dans leur position d’origine.
Elle dure quelques minutes. Elle n’est pas douloureuse, mais elle peut déclencher un vertige intense pendant quelques secondes.
C’est normal. C’est attendu. C’est le signe que les cristaux bougent dans le bon sens.
Son taux de succès est élevé. Dans la grande majorité des cas, les symptômes disparaissent après une à trois séances. Parfois dès la première.
Ce que les patients rapportent souvent après : un soulagement immédiat, et une certaine incrédulité. « C’est tout ? »
Oui, c’est souvent tout. Un geste précis, bien réalisé, peut résoudre en quelques minutes un problème qui durait depuis des semaines.
Cette incrédulité-là, on la voit souvent. Elle est compréhensible. Et elle est toujours un peu touchante.
🔀 Ce qui relève d’un autre spécialiste
Bien évidemment, la kinésithérapie n’est pas la réponse à tous les vertiges.
Certaines causes nécessitent d’autres professionnels, et un bon kiné sait orienter quand ce n’est pas son terrain.
👃 Un ORL pour les pathologies de l’oreille interne autres que le VPPB : maladie de Ménière, surdité brusque, otite chronique..etc.
🧠 Un neurologue pour les vertiges d’origine centrale : accident vasculaire, sclérose en plaques, syndrome cérébelleux..etc.
🫀 Un cardiologue ou médecin traitant pour les vertiges d’origine cardiovasculaire : hypotension orthostatique, trouble du rythme, insuffisance circulatoire..etc.
Comment se déroule une prise en charge kiné pour des vertiges
C’est souvent la partie la plus opaque pour les patients.
Et pourtant celle qui conditionne le plus leur adhésion au traitement, parce que ne pas savoir ce qui vous attend, c’est une raison comme une autre de remettre à plus tard.
📝 La première séance : le bilan
Avant tout exercice, avant toute manœuvre, le kinésithérapeute réalise un bilan complet. Il écoute la description précise des symptômes ,leur déclenchement, leur durée, leurs circonstances d’apparition.
C’est d’ailleurs valable pour n’importe quel motif de consultation en kinésithérapie, lombalgie, entorse, tendinite. Un bilan médical préalable s’impose toujours.
Il réalise des tests standardisés : le test de Dix-Hallpike pour confirmer ou infirmer un VPPB, des tests d’équilibre statique et dynamique, une évaluation de la mobilité oculaire.
Ce bilan n’est pas une formalité. C’est ce qui permet de distinguer un VPPB d’une névrite vestibulaire, une cause périphérique d’une cause centrale, ce qui relève de la kinésithérapie de ce qui nécessite d’abord un médecin.
Un point important : un kinésithérapeute qui réalise une manœuvre d’Epley sans bilan préalable prend un risque. Parce que tous les vertiges positionnels ne sont pas des VPPB.
Et toutes les manœuvres ne s’appliquent pas à tous les canaux atteints. Le bilan n’est pas du temps perdu : c’est ce qui rend la manœuvre efficace et sûre.
La prise en charge selon la cause
🔹 Pour un VPPB confirmé : une à trois séances dans la grande majorité des cas. La manœuvre d’Epley, ou ses variantes selon le canal atteint, suffit souvent à repositionner les cristaux.
Une séance de contrôle est prévue quelques jours plus tard pour vérifier la résolution complète.
🔹 Pour une névrite vestibulaire, la prise en charge est plus longue.Cinq à dix séances en général, parfois davantage selon les séquelles.
Les exercices de rééducation vestibulaire : mouvements oculaires, exercices d’équilibre progressifs, stabilisation du regard, entraînent le cerveau à compenser la perte d’information vestibulaire.
Les progrès sont perceptibles sur plusieurs semaines. Ils sont réels.
🔹 Pour une instabilité résiduelle après un épisode vertigineux : deux à six semaines de programme progressif, à raison d’une à deux séances par semaine, avec des exercices à poursuivre à domicile entre les séances.
Ce qui se passe entre les séances
C’est un point que beaucoup de patients sous-estiment, et qui change pourtant beaucoup l’efficacité du traitement.
La rééducation vestibulaire ne se fait pas uniquement en cabinet.
Une partie importante du travail se fait à domicile, avec des exercices quotidiens simples que le kinésithérapeute enseigne et adapte au fil des séances.
Ces exercices peuvent provoquer un léger inconfort au début, une sensation de tête qui tourne, une instabilité passagère. C’est normal.
C’est même le signe que le système nerveux est sollicité. Ce n’est pas une aggravation, c’est le travail.
Certains kinésithérapeutes recommandent l’utilisation d’un coussin proprioceptif à domicile pour les exercices d’équilibre prescrits entre les séances, à condition que son utilisation ait été validée et expliquée en consultation.
🧷 Ce type de matériel ne s’utilise pas en autonomie totale, toujours sur indication et avec les consignes précises de votre kinésithérapeute.
Le remboursement
La rééducation vestibulaire est remboursée par l’Assurance Maladie sur ordonnance médicale.
En cabinet, une séance est cotée ARL8 — « Rééducation vestibulaire et des troubles de l’équilibre » — soit 17,68 € au tarif conventionnel.
Le remboursement dépend de votre situation et du secteur de votre kinésithérapeute. Votre mutuelle peut compléter la prise en charge.
Les termes « rééducation vestibulaire » ou « traitement du VPPB par manœuvre de repositionnement » dans la prescription suffisent. Votre médecin traitant, votre ORL, ou votre neurologue peut l’établir.
👉 Un point que je préfère dire clairement : toutes les manœuvres de repositionnement pour le VPPB ne se pratiquent pas dans tous les cabinets.
Elles nécessitent une formation spécifique, et je suis honnête, ce n’est pas mon domaine de pratique.
J’ai les bases théoriques, comme tout kiné formé en Belgique. Mais réaliser une manœuvre d’Epley correctement, ce n’est pas la même chose que de l’avoir apprise en cours.
Si vous êtes concerné, demandez à votre médecin de vous orienter vers un kinésithérapeute formé à la rééducation vestibulaire.
Ça existe, ce n’est pas rare, et ça change vraiment quelque chose d’être entre de bonnes mains sur ce type de prise en charge.
Le lien entre vertiges et chutes : ce qu’on sous-estime
C’est un angle que les articles généraux sur les vertiges traitent rarement. Et pourtant il change la façon dont on aborde le problème.
Les vertiges, et plus largement l’instabilité vestibulaire, sont l’un des facteurs de risque de chute les mieux documentés chez les personnes âgées.
Pas parce que les vertiges font « tomber directement ». C’est plus subtil.
Un système vestibulaire perturbé dégrade la capacité à maintenir l’équilibre dans des situations difficiles : terrain irrégulier, obscurité, double tâche (marcher en parlant, marcher en portant quelque chose).
La personne compense. Elle marche plus lentement. Elle s’accroche davantage. Elle évite certains endroits, certaines situations.
Cette compensation a un coût : elle réduit l’activité, affaiblit les muscles, et aggrave progressivement l’instabilité globale.
Ce qu’on observe souvent en consultation : des personnes dont les vertiges sont « traités », la cause initiale a disparu, mais qui ont gardé des habitudes de compensation qui fragilisent leur équilibre au quotidien.
Traiter les vertiges, c’est bien. Traiter tout le reste, c’est mieux
Traiter les vertiges ne suffit pas toujours. Il faut aussi travailler à restaurer la confiance dans les appuis et les automatismes de marche.
C’est là que la rééducation vestibulaire rejoint les exercices d’équilibre pour prévenir les chutes, les deux ne s’excluent pas. Ils se complètent souvent dans une même prise en charge.
Cette compensation progressive affaiblit aussi les muscles, et le renforcement musculaire des membres inférieurs devient alors un complément indispensable à la rééducation vestibulaire pour restaurer une stabilité durable.
Pour les personnes qui ont développé une peur de tomber après une chute liée à des épisodes vertigineux, ce travail combiné est particulièrement important.
Parce que la peur et l’instabilité physique se nourrissent mutuellement, et que traiter l’une sans l’autre laisse le problème à moitié résolu.
Le mot du kiné 💬
Ce que j’entends le plus souvent en consultation pour des vertiges, c’est une question que les gens n’osent pas toujours poser directement : « C’est grave ? »
Derrière cette question, il y a des semaines d’inquiétude silencieuse. La peur que ce soit le début de quelque chose de sérieux. Un AVC qui couve. Une tumeur. Quelque chose d’irréversible.
Et cette peur-là, personne ne l’a vraiment écoutée, parce qu’on ne savait pas vers qui aller, parce que « kiné pour des vertiges » ne semblait pas logique, parce qu’on espérait que ça passerait tout seul.
Dans la grande majorité des cas, ma réponse est la même. Non, ce n’est pas grave.
Ce sont des cristaux qui ont migré dans un mauvais canal. C’est mécanique. C’est traitable. Et ça peut se régler en quelques séances, parfois en une.
Ce soulagement-là, je le vois sur le visage des patients. Et quelques minutes plus tard, après la manœuvre, quand la sensation de rotation qui les accompagnait depuis des semaines a disparu, il y a souvent ce moment d’incrédulité.
« C’est tout ? » Oui, c’est souvent tout.
Ce que je veux dire à ceux qui lisent cet article et se reconnaissent dans la description du VPPB : consultez. Pas dans six mois. Dans les prochains jours.
Ce n’est pas une urgence vitale, mais c’est une situation qui mérite une réponse rapide, précise, et efficace. Et cette réponse existe.
Et si les vertiges s’accompagnent des signaux décrits plus haut, asymétrie du visage, trouble de la parole, perte de force, là, c’est différent. Ce n’est plus « dans les prochains jours ». C’est maintenant. Le 15.
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Antoine Al Wazzan
Masseur-kinésithérapeute du sport – Marseille
Fondateur de MonConseilKiné
Kinésithérapeute spécialisé dans le sport et la prise en charge des douleurs chroniques. Cet article est rédigé à partir de la pratique clinique quotidienne et des données de la littérature scientifique internationale.
Pour toute question, vous pouvez me contacter par mail : monconseilkine@hotmail.com ✉️
FAQ – Vertiges chez la personne âgée
1. Pourquoi les personnes âgées ont-elles plus souvent des vertiges ?
Plusieurs mécanismes expliquent cette fréquence accrue. Le système vestibulaire vieillit et devient moins précis. Les otolithes, les cristaux de l’oreille interne impliqués dans le VPPB, se fragilisent et se déplacent plus facilement.
La polymédication fréquente après 65 ans ajoute des facteurs supplémentaires. Et la sédentarité progressive réduit la tolérance aux perturbations de l’équilibre. C’est une accumulation, pas une cause unique.
2. Qu’est-ce que le VPPB et comment le reconnaître ?
Le VPPB est une cause mécanique de vertiges liée au déplacement de cristaux dans l’oreille interne.
Il se reconnaît à ses caractéristiques : vertige déclenché par un changement précis de position de la tête, durant quelques secondes, qui passe seul et revient à chaque fois qu’on fait le même mouvement.
C’est la cause la plus fréquente, et la plus traitable par kinésithérapie.
3. Combien de séances faut-il pour traiter des vertiges chez le kiné ?
Ça dépend de la cause.
- Pour un VPPB, une à trois séances suffisent dans la plupart des cas, parfois une seule.
- Pour une névrite vestibulaire ou une instabilité résiduelle, le programme est plus long, cinq à dix séances sur plusieurs semaines.
Le bilan initial permet au kinésithérapeute d’estimer la durée probable dès la première séance.
4. La rééducation vestibulaire est-elle remboursée ?
Oui, sur ordonnance médicale. Les termes « rééducation vestibulaire » ou « traitement du VPPB par manœuvre de repositionnement » dans la prescription suffisent.
Le médecin traitant, l’ORL, ou le neurologue peut l’établir. La prise en charge est remboursée par l’Assurance Maladie dans ce cadre.
5. Quelle différence entre un vertige et une instabilité ?
- Le vertige est une sensation de mouvement, la pièce tourne alors qu’on est immobile. Il vient d’une perturbation du système vestibulaire.
- L’instabilité est une impression de manque d’assurance dans les appuis, sans sensation de rotation, elle peut venir de nombreuses causes différentes.
Cette distinction oriente le bilan et la prise en charge de façon déterminante.
6. Peut-on aller directement chez un kiné pour des vertiges, sans passer par un médecin ?
Non, une ordonnance médicale est nécessaire, et pas seulement pour le remboursement. Le diagnostic doit d’abord être posé par un médecin.
Parce que tous les vertiges ne sont pas des VPPB, et que commencer une rééducation vestibulaire sans avoir écarté une cause médicale sérieuse, ce n’est pas anodin.
Votre médecin traitant, votre ORL, ou votre neurologue peut établir cette ordonnance et vous orienter vers le bon professionnel.
Sources scientifiques 📕
- Saishoji Y, Yamamoto N, Fujiwara T, Mori H, Taito S. Epley manoeuvre’s efficacy for benign paroxysmal positional vertigo (BPPV) in primary-care and subspecialty settings : a systematic review and meta-analysis. BMC Primary Care. 2023 ; 24 : 262. 👉 https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10693044/
- Huang HH, Chen CC, Lee HH, Chen HC, Lee TY, Tam KW, Kuan YC. Efficacy of Vestibular Rehabilitation in Vestibular Neuritis : A Systematic Review and Meta-analysis. American Journal of Physical Medicine & Rehabilitation. 2024 Jan ; 103(1) : 38–46. 👉 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37339059/
- Mol A, Bui Hoang PTS, Sharmin S, Reijnierse EM, van Wezel RJA, Meskers CGM, Maier AB. Orthostatic Hypotension and Falls in Older Adults : A Systematic Review and Meta-analysis. Journal of the American Medical Directors Association. 2019 May ; 20(5) : 589–597. 👉 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30583909/

