Jambes lourdes, douleurs au genou, gonflement en fin de journée, ou kyste derrière le genou ?
Ce sont des symptômes que je vois très régulièrement en cabinet, et les bas de contention reviennent presque à chaque fois dans la conversation.
La question que mes patients me posent est toujours la même : est-ce que ça vaut vraiment le coup ?
- Sont-ils vraiment efficaces ?
- Dans quels cas faut-il les porter ?
- Peuvent-ils réellement apaiser une douleur derrière le genou ou réduire un gonflement ?
✅ Je vous explique ici tout ce qu’il faut savoir : comment ils fonctionnent, quand et comment les utiliser, dans quels cas ils sont vraiment utiles (douleurs aux jambes, kyste poplité, œdèmes, après une opération, grossesse…), et les erreurs qui leur font perdre toute efficacité.
📍 En bref
👉 Ce qu’ils font vraiment : ils aident votre sang à remonter vers le cœur, ce qui soulage les jambes lourdes et réduit les gonflements, rien de magique, juste de la mécanique bien pensée.
👉 Il existe 4 classes de compression : la classe 2 est la plus courante en prévention, mais ce n’est pas à vous de deviner laquelle vous convient : demandez conseil.
👉 Kyste poplité, insuffisance veineuse, chirurgie, grossesse : autant de situations où ils peuvent aider, chacune à sa façon.
👉 La routine classique : enfilés le matin, retirés le soir.
👉 Attention si artériopathie sévère ou certaines pathologies cutanées, dans le doute, demandez à votre médecin avant.
✅ Mon avis : un outil simple et solide, parfois indispensable, à condition de choisir la bonne classe. Ce n’est pas un accessoire qu’on choisit au hasard, c’est un dispositif qu’on adapte à vous, pas l’inverse.
Qu’est-ce que les bas de contention et pourquoi les utilise-t-on ?
Il existe deux grandes familles de bas de contention pour les jambes : les chaussettes, qui s’arrêtent juste au-dessus de la cheville, et les bas, qui montent jusqu’au genou, à la cuisse, voire à la hanche.
Beaucoup de patients me disent qu’ils s’attendaient à des collants un peu serrés.
En réalité, c’est plus technique que ça : l’objectif est d’exercer une compression précise sur la jambe pour favoriser la circulation sanguine et réduire la stase veineuse.
Cette compression, exprimée en millimètres de mercure (mmHg), n’est pas uniforme, elle est plus forte à la cheville et diminue progressivement vers le haut de la jambe.
C’est cette différence de pression, calculée et graduée, qui distingue un bas médical d’un simple bas de compression du commerce (comme ceux vendus pour le sport, qui ne sont pas gradués).
La classe 2 est la plus couramment prescrite, mais il existe aussi des classes 1, 3 et 4.
📌 Il n’existe pas beaucoup d’études comparant directement bas et chaussettes de contention. Cela dit, sur la base de la logique physiologique et de ce que j’observe en cabinet, les bas ont tendance à mieux fonctionner, si vous les supportez bien, autant privilégier cette option.
Quels sont les différents types de bas de contention ?
Le bon choix dépend de votre situation, de vos besoins, et de votre confort personnel, les trois comptent autant les uns que les autres.
Les classes de compression

- Classe 1 : compression légère (10-15 mmHg) — jambes lourdes, prévention, petits troubles circulatoires.
- Classe 2 : compression modérée (15-20 mmHg) — la plus courante, pour varices, phlébite ou œdèmes modérés.
- Classe 3 et 4 : compression forte à très forte (> 20 mmHg) — réservées aux pathologies veineuses sévères comme les ulcères ou le lymphœdème.
Les différentes formes
Chaussettes (jusqu’au mollet), bas (jusqu’à la cuisse), collants (toute la jambe), manchons sans pied (plutôt pour le sport).

Les matières
Transparents pour la discrétion, opaques pour la robustesse, coton ou microfibre pour les peaux sensibles.
Le choix final dépend de votre indication médicale, mais aussi tout simplement de ce que vous supportez au quotidien.
Je détaille plus loin quelle classe privilégier selon votre pathologie.
Kyste poplité : les bas de contention peuvent-ils soulager la douleur derrière le genou ?
Le kyste poplité, ou kyste de Baker, est une poche de liquide qui se forme dans le creux derrière le genou.
Il traduit presque toujours un problème articulaire sous-jacent : une arthrose, une lésion méniscale, ou une inflammation de l’articulation.
Souvent bénin, il peut tout de même provoquer une douleur derrière le genou, une sensation de tension, ou un gonflement qui gêne la marche ou la station debout prolongée.
Les bas de contention sont-ils efficaces sur le kyste poplité ?
Les bas de contention sont d’abord conçus pour améliorer la circulation veineuse, limiter l’œdème, réduire la sensation de jambes lourdes, prévenir phlébites et varices.
Or le kyste poplité n’est pas un problème veineux : c’est une accumulation de liquide synovial, le liquide articulaire. Les bas n’ont donc aucun effet direct sur sa cause.
Ce qu’ils peuvent apporter, en revanche, c’est un soulagement des symptômes associés :
- Réduction de l’œdème autour du genou, quand le kyste provoque un gonflement diffus sur toute la jambe.
- Moins de sensation de lourdeur, quand l’œdème s’étend jusqu’au mollet.
- Une sensation de maintien que certains patients trouvent simplement agréable au niveau de la zone enflammée.
Ce que j’observe chez mes patients
Les retours sont très partagés. Certains ressentent un vrai soulagement, en particulier ceux qui ont un gonflement important ou des troubles veineux associés.
D’autres ne constatent rien, voire se sentent plus gênés, surtout quand le bas comprime trop l’arrière du genou, juste sur la zone du kyste.
📌 Il faut être honnête : à ce jour, aucune étude n’a démontré une efficacité spécifique des bas de contention sur le kyste poplité. Leur effet reste symptomatique, et il varie beaucoup d’une personne à l’autre.
Comment les porter en cas de kyste poplité
🧦 Privilégiez une compression légère à modérée : classe 1 pour un léger gonflement, classe 2 si l’œdème est plus marqué.
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🕐 Portez-les surtout en journée, quand vous êtes debout ou assis longtemps, c’est là que le gonflement autour du genou a tendance à s’accentuer.
🌙 Retirez-les la nuit : allongé, la pression sur la jambe diminue naturellement, le port devient inutile.
⚠️ Attention à la zone derrière le genou : choisissez un modèle qui ne serre pas directement sur le creux poplité, au risque d’aggraver la douleur ou de comprimer le kyste.
Mon conseil kiné ✅
Les bas de contention ne soigneront pas votre kyste, ils n’agissent pas sur sa cause articulaire. Mais s’il y a un œdème ou une sensation de lourdeur associée, ça peut valoir le coup d’essayer.
En cabinet, je propose souvent une compression légère pendant quelques jours.
Si c’est mieux, on continue. Si la gêne s’accentue : douleur derrière le genou, sensation d’écrasement sur le kyste, on retire, sans hésiter.
C’est vraiment du cas par cas. Certains patients y trouvent un vrai bénéfice, d’autres non. Le seul vrai repère, c’est d’écouter ce que vous ressentez.
🧷 Je détaille tout le reste : quand marcher, quand consulter, tous les traitements possibles, dans mon article complet : Kyste poplité et marche, possible ?
Pour quelles pathologies les bas de contention sont-ils recommandés ?
Contrairement au kyste poplité, où l’effet reste incertain, le rôle des bas de contention est bien établi pour plusieurs affections veineuses.
Voici les principales situations où je les recommande.
Ulcères veineux
Les ulcères veineux sont des plaies chroniques qui apparaissent le plus souvent sur le bas de la jambe, près de la cheville, conséquence directe d’une mauvaise circulation qui fait stagner le sang et pression sur les tissus.
Sur ce terrain, la littérature est claire sur un point précis : les bas de contention préviennent efficacement la réapparition d’un ulcère une fois la plaie guérie, c’est ce que montrent les revues Cochrane.
Ils sont aussi couramment utilisés en accompagnement d’autres traitements pendant la phase de cicatrisation active, même si cette utilisation-là repose moins sur une démonstration scientifique stricte que sur la pratique courante.
🧦 La classe 3, plus compressive, est généralement recommandée dans ce cadre.
Phlébite
Une phlébite, c’est la formation d’un caillot dans une veine, le plus souvent au mollet, avec un risque réel de complication grave si le caillot migre vers les poumons (embolie pulmonaire).
Les bas de contention réduisent le risque de phlébite lors des immobilisations prolongées (après une opération, un traumatisme, ou un long trajet en avion), peuvent contribuer à limiter le syndrome post-phlébitique (douleur chronique et œdème qui persistent après l’épisode), et favorisent globalement le retour veineux.
🧦 Classe conseillée : la classe 2, souvent recommandée après une phlébite pour prévenir les complications et soulager l’inconfort résiduel.
Varices
Les varices sont des veines dilatées et tortueuses, liées à un mauvais fonctionnement des valvules veineuses qui provoque un reflux sanguin.
Les résultats sont ici plus nuancés : les bas soulagent bien les symptômes : lourdeur, douleur, gonflement, mais ne font pas disparaître les varices elles-mêmes.
Ils peuvent seulement ralentir leur aggravation. Après une opération des varices, ils sont souvent prescrits pour accompagner la récupération et limiter le risque de récidive.
🧦 Classe conseillée : la classe 2, la plus utilisée dans ce contexte.
Œdème des jambes
L’œdème, c’est une accumulation de liquide dans les tissus, d’origine veineuse, lymphatique ou cardiaque.
C’est cette dernière origine qui change tout : si l’œdème est veineux ou lymphatique, les bas de contention aident réellement à drainer et réduire le gonflement.
Mais en cas d’insuffisance cardiaque, ils sont souvent déconseillés, ils peuvent aggraver la rétention de liquide au lieu de la soulager.
🧦 Classe conseillée : 1 ou 2 selon l’importance du gonflement. En cas d’œdème lymphatique, un dispositif sur mesure peut être nécessaire.
Résumé rapide
| Pathologie | Classe recommandée | Objectif |
|---|---|---|
| Ulcères veineux | Classe 3 | Cicatrisation et prévention des récidives |
| Phlébite | Classe 2 | Prévention des complications |
| Varices | Classe 2 | Soulagement des symptômes |
| Œdème veineux | Classe 1 ou 2 | Réduction du gonflement |
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Sur toutes ces pathologies veineuses, les bas de contention sont un outil solide, mais leur efficacité dépend entièrement du bon choix de classe.
Si vous souffrez de douleur, de lourdeur ou de gonflement aux jambes, parlez-en à votre médecin plutôt que de vous auto-prescrire une compression au hasard.
Quand et comment porter les bas de contention au quotidien ?
Un bas de contention n’agit que lorsqu’il est porté, ça paraît évident, mais c’est le point sur lequel je reviens le plus souvent avec mes patients.
Faut-il les porter tous les jours ?
Oui, surtout en cas de pathologie veineuse chronique.
L’effet est immédiat mais temporaire : dès que vous retirez le bas, la stase veineuse reprend, et le risque de gonflement revient avec elle.
Mon conseil : enfilez-les dès le matin, quand les jambes sont encore peu gonflées, et gardez-les toute la journée si vous restez statique.
Même en marchant beaucoup, où les contractions musculaires aident déjà la circulation, les bas restent utiles pour éviter que les symptômes ne s’aggravent.
Peut-on les retirer la nuit ?
Dans la grande majorité des cas, oui.
Allongé, la gravité n’agit plus sur les jambes, la pression veineuse et l’œdème diminuent naturellement, le port nocturne devient inutile.
Exception : si votre médecin vous l’a spécifiquement prescrit (après certaines chirurgies, par exemple), suivez ses consignes plutôt que ce conseil général.
Et par temps chaud ?
C’est souvent là que la compliance craque. Beaucoup de patients arrêtent en été, ce n’est pourtant pas une bonne idée sur le plan médical, la chaleur ayant tendance à dilater les veines et à favoriser l’œdème.
Pour mieux les supporter en été : optez pour des matières fines et respirantes (microfibre, coton léger), préférez les couleurs claires, ou passez à une chaussette plutôt qu’un bas si le problème est localisé au bas de la jambe.
Buvez suffisamment d’eau aussi, ça aide à limiter la rétention. Si l’inconfort reste insupportable malgré ça, parlez-en à votre médecin plutôt que d’arrêter purement et simplement.
Après un vol ou une immobilisation
Après un vol de plus de 4 heures, je recommande souvent à mes patients de garder les bas quelques heures après l’arrivée, le temps de relancer la circulation en marchant.
Après une immobilisation (plâtre, opération), le retrait doit se faire sur avis médical uniquement, la reprise de la marche se fait de façon progressive, et c’est votre médecin qui sait à quel rythme.
Résumé rapide
| Situation | Recommandation |
|---|---|
| Travail assis/debout | Toute la journée |
| Nuit | À retirer sauf avis médical |
| Chaleur | Bas légers, couleurs claires |
| Après un vol | Garder quelques heures après |
| Après immobilisation | Avis médical obligatoire |
Mon conseil kiné ✅
Porter ses bas de contention doit devenir un réflexe, pas une contrainte qu’on abandonne au premier inconfort.
C’est la régularité qui fait toute la différence, chaque situation (chaleur, nuit, voyage) a sa solution, alors n’hésitez pas à demander conseil plutôt que d’arrêter.
Quand faut-il éviter de porter des bas de contention ?
Les bas de contention ne conviennent pas à tout le monde, et dans certains cas, leur port peut être inefficace, voire franchement dangereux.
Insuffisance artérielle
Quand les artères des jambes sont rétrécies (souvent par athérosclérose), l’apport sanguin vers les pieds est déjà réduit.
Or les bas de contention, en comprimant les veines, compriment aussi légèrement les artères, ce qui peut aggraver ce manque d’apport sanguin et provoquer une ischémie.
Signes d’alerte : douleur au repos (souvent nocturne), froid aux extrémités, pâleur ou bleuissement des pieds.
Mon conseil : en cas de doute sur votre circulation artérielle, demandez toujours l’avis de votre médecin avant de porter des bas. Un écho-doppler peut être nécessaire pour trancher.
Problèmes cutanés
Plaie ouverte, ulcère suintant en phase aiguë, eczéma, dermatite, infection cutanée, ou simplement une peau très fine et fragile (fréquent chez les personnes âgées) : dans tous ces cas, le frottement du bas peut aggraver la lésion plutôt que d’aider.
Mon conseil : ne posez jamais un bas directement sur une plaie ou une zone inflammée. Un professionnel de santé pourra adapter la compression ou protéger la peau autrement.
Insuffisance cardiaque
Une insuffisance cardiaque congestive provoque souvent un œdème des jambes, mais ici, les bas de contention peuvent l’aggraver plutôt que le soulager, en augmentant la pression veineuse sans traiter la cause réelle du problème.
Signes à surveiller : œdème des deux jambes, souvent mou et qui garde la marque du doigt, essoufflement (à l’effort ou au repos), prise de poids rapide.
Mon conseil : en cas d’insuffisance cardiaque connue, un avis médical est indispensable avant tout port de bas de contention.
Morphologie atypique
Une jambe très déformée ou de taille inhabituelle peut rendre un bas standard mal ajusté, avec une compression inégale qui gêne plus qu’elle n’aide.
Mon conseil : dans ce cas, orientez-vous vers du sur-mesure. Faites prendre vos mesures précises (cheville, mollet, cuisse) en pharmacie plutôt que de deviner une taille.
Résumé rapide
| Situation | Précautions à prendre |
|---|---|
| Insuffisance artérielle | Contre-indiqué sans avis médical |
| Problèmes cutanés (plaies, eczéma) | Éviter sur la zone touchée |
| Insuffisance cardiaque | Avis médical obligatoire |
| Déformation ou morphologie atypique | Privilégier le sur-mesure |
Mon conseil kiné ✅
Au moindre doute sur votre état de santé, ou à la moindre gêne inhabituelle en portant vos bas, arrêtez et consultez.
Il existe toujours des alternatives : bandes de compression réglables, dispositifs sur-mesure, suivi avec un phlébologue.
La contention est efficace, mais seulement quand elle est adaptée à votre situation médicale réelle.
Bas de contention dans des situations particulières : grossesse, opération, sport
Pendant la grossesse
La grossesse fragilise la circulation veineuse : les hormones et l’augmentation du volume sanguin y contribuent, tout comme la pression que l’utérus exerce progressivement sur les veines du bassin.
Résultat fréquent : jambes lourdes, varices, œdèmes aux chevilles, et un risque accru de phlébite.
Les bas de contention aident à limiter tout ça : circulation améliorée, varices qui progressent moins vite, œdèmes réduits, et un risque de thrombose diminué, notamment en fin de grossesse et après l’accouchement.
🧦 Classe recommandée : classe 1 en prévention, classe 2 si les symptômes sont plus marqués.
Mon conseil : si vous avez des antécédents de varices, commencez dès le début de la grossesse plutôt que d’attendre les premiers symptômes. Portez-les surtout en journée, particulièrement si votre travail vous impose de rester debout ou assise longtemps.
Après une opération
Après une chirurgie orthopédique (prothèse, fracture), abdominale, ou une césarienne, la mobilité réduite favorise la stase veineuse, et donc le risque de caillots. Les bas de contention limitent ce risque en soutenant le retour veineux.
Durée habituelle : 10 à 15 jours, parfois jusqu’à 6 semaines selon l’intervention et vos antécédents, souvent en complément d’un traitement anticoagulant pour la chirurgie orthopédique.
Mon conseil : suivez la durée indiquée par votre chirurgien à la lettre, et portez les bas dès le matin tant que votre marche reste limitée.
Et pour le sport ?
Les bas et chaussettes de contention séduisent de plus en plus de coureurs et de pratiquants d’endurance. Sur la performance pure, les études restent mitigées, aucun gain net démontré sur la vitesse ou la puissance.
Sur la récupération, en revanche, certains sportifs ressentent un vrai confort après l’effort : jambes moins lourdes, courbatures perçues comme moins intenses, gonflement musculaire limité.
Mais attention, ces effets restent surtout basés sur le ressenti : les marqueurs biologiques de récupération ne montrent pas toujours d’amélioration nette.
Sports où ça fait le plus sens : la course à pied sur longue distance, le cyclisme sur des efforts prolongés, les sports d’équipe avec beaucoup d’enchaînements intenses.
🧦 Classe recommandée : une compression légère spécifique sport, attention, les modèles sportifs ne sont pas gradués comme les bas médicaux, ce n’est pas la même logique.
Mon conseil : utilisez-les surtout après l’effort, en récupération. Pendant l’effort, c’est vraiment une question de ressenti individuel : certains s’y retrouvent, d’autres pas du tout.
Les bas de contention que je recommande
Avant d’acheter, un point de vigilance
En cabinet, j’entends régulièrement des patients déçus par des bas commandés en ligne : soit inconfortables, soit avec une compression qui ne correspondait pas du tout à leur besoin réel.
Je remarque aussi que certaines fiches produits mélangent allègrement les indications : une classe 1 proposée pour des varices évoluées, une classe 2 pour du sport… ça n’a médicalement aucun sens.
Ce qui compte vraiment, c’est la classe de compression adaptée à votre situation précise, pas la marque, pas le prix.
Privilégiez toujours un bas médical à compression graduée, conforme à ce que vous a recommandé votre médecin.
Cela dit, plusieurs patients m’ont aussi parlé de modèles trouvés sur Amazon qu’ils trouvent très confortables et portent sans souci au quotidien.
Voici ceux qui reviennent le plus souvent dans leurs retours.
🟢 Classe 2 – Usage médical quotidien
La classe 2 (15-20 mmHg) est la plus couramment prescrite, notamment pour les varices, les œdèmes, ou après une phlébite.
Elle convient aussi bien pour les trajets en avion que pour des jambes lourdes en fin de journée, même si une classe 1 suffit parfois selon la situation.
Bas 360 Relief (classe 2) — le modèle qui revient le plus dans les retours de mes patients, pour son confort même sur de longues journées.
Bas Ailaka (classe 2) — sa fermeture éclair latérale le rend particulièrement facile à enfiler, un vrai plus pour ceux qui galèrent le matin.
🟢 Classe 3 – Forte compression
Pour les pathologies veineuses avancées, les œdèmes importants ou les ulcères veineux, une compression plus forte (20-36 mmHg) est généralement nécessaire.
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Pourquoi ces modèles précisément
Je ne parle ici que de produits sur lesquels j’ai eu des retours directs de patients, pas de sélections théoriques.
Ceci dit, la classe adaptée reste votre priorité : n’hésitez pas à revenir vers moi en commentaire, ou vers votre médecin, en cas de doute.
Le mot du kiné 💬
En cabinet, l’erreur la plus fréquente que j’observe n’est pas le mauvais choix de classe, mais tout simplement le manque de port.
Beaucoup de patients les retirent trop vite parce qu’ils les trouvent inconfortables, alors que leur efficacité dépend justement d’un port régulier.
Un bas de contention qui reste dans le tiroir, aussi bien choisi soit-il, n’apporte strictement aucun bénéfice.
Si l’inconfort est votre frein principal, il y a presque toujours une solution : revoir la taille, la matière, ou la classe avec un professionnel, plutôt que d’abandonner purement et simplement.

—
Antoine Al Wazzan Masseur-kinésithérapeute du sport – Marseille, Fondateur de MonConseilKiné
Kinésithérapeute spécialisé dans le sport et la prise en charge des douleurs chroniques. Cet article est rédigé à partir de la pratique clinique quotidienne et des données de la littérature scientifique internationale.
Pour toute question, vous pouvez me contacter par mail : monconseilkine@hotmail.com
Vos questions sur les bas de contention
Q1. Peut-on porter des bas de contention la nuit ?
Dans la grande majorité des cas, ce n’est pas nécessaire : allongé, la circulation se fait plus facilement et la pression veineuse diminue d’elle-même.
Exception : après une opération, ou sur prescription médicale spécifique, où le port nocturne peut avoir un sens. Sinon, retirez-les pour dormir.
Q2. Combien de temps les porter dans la journée ?
Toute la journée, idéalement, surtout si vous êtes souvent debout ou assis.
Enfilez-les au lever, gardez-les jusqu’au soir. La régularité est ce qui fait la différence, même en marchant beaucoup, ils restent utiles si vous gonflez en fin de journée.
Q3. Peut-on les porter en avion ?
Oui, et c’est même particulièrement recommandé : la position assise prolongée ralentit la circulation, et le risque de phlébite augmente sur les vols longs (plus de 4 heures).
Mettez-les avant l’embarquement, gardez-les tout le vol, marchez régulièrement dans la cabine et hydratez-vous.
Q4. Font-ils disparaître les varices ?
Non. Ils soulagent les symptômes : douleur, lourdeur, gonflement, ralentissent leur aggravation et préviennent certaines complications, mais ne les font pas disparaître.
Pour ça, seuls des traitements spécifiques existent : sclérothérapie, chirurgie veineuse, laser endoveineux. Les bas restent un confort, pas une solution définitive.
Q5. Que faire s’ils serrent trop ?
Deux causes possibles : une mauvaise taille (reprenez vos mesures précises : cheville, mollet, cuisse), ou une classe trop élevée pour votre besoin réel.
Essayez plusieurs marques, le taillant varie beaucoup d’une à l’autre, et privilégiez les modèles sans couture pour éviter les plis douloureux derrière le genou. La pharmacie reste la meilleure ressource pour trancher.
Q6. Existe-t-il des alternatives ?
Oui, plusieurs : bandes de compression réglables pour les morphologies particulières, contention sur-mesure en cas de déformation, drainage lymphatique manuel par un kinésithérapeute (efficace mais nécessite une vraie régularité), ou tout simplement une activité physique régulière.
La marche reste l’un des meilleurs moyens de stimuler le retour veineux. Ne restez pas sans solution si les bas ne vous conviennent pas : parlez-en à votre médecin ou votre kiné.
Sources scientifiques et médicales 📚
- Nelson EA, Bell-Syer SEM. Compression for preventing recurrence of venous ulcers. Cochrane Database of Systematic Reviews 2014, Issue 9. Art. No.: CD002303. DOI: 10.1002/14651858.CD002303.pub3.
- Clarke MJ, Broderick C, Hopewell S, Juszczak E, Eisinga A. Compression stockings for preventing deep vein thrombosis in airline passengers. Cochrane Database of Systematic Reviews 2021, Issue 4. Art. No.: CD004002. DOI: 10.1002/14651858.CD004002.pub4.
- Knight (nee Shingler) SL, Robertson L, Stewart M. Graduated compression stockings for the initial treatment of varicose veins in people without venous ulceration. Cochrane Database of Systematic Reviews 2021, Issue 7. Art. No.: CD008819. DOI: 10.1002/14651858.CD008819.pub4.
- Barrera LM, Perel P, Ker K, Cirocchi R, Farinella E, Morales Uribe CH. Thromboprophylaxis for trauma patients. Cochrane Database of Systematic Reviews 2013, Issue 3. Art. No.: CD008303. DOI: 10.1002/14651858.CD008303.pub2.
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