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Fracture du sésamoïde : faut-il s’inquiéter ?

Fracture sésamoïde et douleur sous le gros orteil.

Une douleur sous le gros orteil peut sembler assez anodine au départ. Souvent, les patients me disent la même chose : 

« Ce n’est pas une grosse douleur… mais ça me gêne quand je marche. »

La gêne apparaît surtout à certains moments précis.

Quand on pousse sur l’avant-pied. Quand on marche vite. Sur un sol dur. Parfois simplement en montant des escaliers.

Au début, beaucoup continuent à marcher dessus quelques jours. Parce que la douleur reste supportable. Parce qu’on pense que ça va passer.

Puis ça persiste.

Et lorsqu’une radio ou une IRM parle de fracture du sésamoïde, la réaction est souvent la même :

« Comment un si petit os peut faire aussi mal ? »

La deuxième inquiétude arrive presque immédiatement : Combien de temps ça va durer ?

En cabinet, ce n’est pas tant la douleur qui inquiète le plus les patients.

C’est surtout le fait qu’elle revienne dès qu’ils reprennent un peu d’appui. Ou qu’elle soit toujours là après plusieurs semaines.

La fracture du sésamoïde a effectivement une particularité : elle se situe dans une zone du pied qui travaille à chaque pas.

Cela explique pourquoi la récupération peut parfois être plus lente que ce que l’on imagine au départ.

Dans cet article, je vais vous aider à comprendre trois choses importantes :

Mon rôle ici est surtout de vous aider à faire le tri : entre ce qui est habituel, ce qui demande simplement un peu de patience… et ce qui mérite un avis médical.

📍 À retenir :

  • La fracture du sésamoïde provoque souvent une douleur sous le gros orteil, surtout à l’appui.
  • La récupération peut être plus lente que pour d’autres fractures du pied, car cette zone travaille à chaque pas.
  • Dans la majorité des cas, la douleur diminue progressivement avec l’adaptation de l’appui.
  • Certaines situations nécessitent une consultation, notamment si la douleur s’aggrave ou empêche de poser le pied.


Sommaire

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Qu’est-ce qu’une fracture du sésamoïde ?

Sous l’articulation du gros orteil se trouvent deux petits os que l’on appelle les sésamoïdes.

Ils sont discrets, et beaucoup de patients découvrent leur existence le jour où une douleur apparaît dans cette zone.

Pourtant, ces os jouent un rôle mécanique important dans le fonctionnement du pied.

À chaque pas, lorsque le poids du corps passe vers l’avant pour pousser sur le sol, les sésamoïdes servent un peu de poulie pour les tendons du gros orteil. Ils participent à la transmission des forces et aident le pied à se propulser.

Autrement dit, ce sont de petits os… mais placés à un endroit où les contraintes sont importantes.

C’est ce qui explique qu’ils puissent parfois se fissurer ou se fracturer.

La fracture peut apparaître dans deux situations principales.

La première est un traumatisme direct : un choc sur l’avant du pied, une réception sur l’avant-pied, ou un mouvement brutal du gros orteil.

Mais en pratique, ce que l’on observe le plus souvent, ce sont des fractures liées à des contraintes répétées. On parle alors parfois de fracture de fatigue.

Le tissu osseux est soumis à de petites contraintes répétées qui finissent par dépasser sa capacité d’adaptation.

Dans ma pratique, ce diagnostic apparaît surtout chez des personnes qui sollicitent beaucoup l’avant-pied : coureurs, danseurs, sportifs qui utilisent la pointe du pied… mais aussi chez des personnes simplement très actives qui marchent beaucoup.

Ce qui surprend souvent les patients, c’est que la douleur n’est pas toujours très intense au départ.

Elle peut rester assez localisée et supportable, ce qui explique que certains continuent à marcher normalement plusieurs jours avant de consulter.

Ce n’est qu’avec le temps que la gêne devient plus évidente, notamment au moment de pousser sur l’avant du pied.

C’est souvent à ce stade que la question se pose : est-ce vraiment une fracture… ou simplement une irritation de la zone ?

La distinction n’est pas toujours évidente pour le patient, et c’est ce que nous allons clarifier dans la suite.


Pourquoi cette fracture inquiète souvent (et pourquoi la douleur peut durer)

Quand on annonce à quelqu’un une fracture du sésamoïde, la réaction est souvent un mélange de surprise et d’inquiétude.

Surprise, parce que peu de gens savent que ces petits os existent. Et inquiétude, parce que la douleur peut parfois durer plus longtemps que prévu.

En consultation, la question revient presque toujours très vite :

« Est-ce que ça va vraiment guérir ? »

Cette inquiétude est compréhensible. La zone concernée est sollicitée à chaque pas, ce qui rend la récupération parfois un peu plus lente que pour d’autres fractures du pied.

Mais il faut remettre les choses dans leur contexte.

Dans de nombreux cas, ce qui prolonge la gêne n’est pas forcément une fracture “grave”.

C’est surtout le fait que l’avant-pied continue à subir des contraintes répétées pendant que les tissus essaient encore de récupérer.

Autrement dit, on peut améliorer progressivement la situation… tout en gardant une sensibilité pendant un certain temps.

Un os petit… mais très sollicité

Les sésamoïdes se trouvent exactement sous l’articulation du gros orteil, dans la zone où le pied pousse vers l’avant pour marcher.

À chaque pas, cette région encaisse une partie importante des forces :

📌 C’est la raison pour laquelle une fracture dans cette zone peut rester sensible plus longtemps que ce que l’on imagine.

Une douleur souvent mécanique

Un détail revient très souvent dans ce que décrivent les patients.

La douleur n’est pas forcément constante. Elle apparaît surtout dans certaines situations précises :

Beaucoup me disent par exemple :

« Sur l’herbe ça va… mais sur le carrelage j’ai mal. »

📌 Ce type de description est assez typique d’une douleur liée aux contraintes mécaniques de l’avant-pied.

Une évolution parfois irrégulière

Un autre point déstabilise souvent les patients : l’évolution n’est pas toujours parfaitement linéaire.

Une semaine peut sembler encourageante, puis une journée de marche un peu plus longue réveille la zone.

Cela ne signifie pas forcément que la fracture s’aggrave. C’est souvent simplement le signe que la région reste sensible et que la charge dépasse momentanément ce qu’elle peut tolérer.

La récupération passe donc souvent par une adaptation progressive des contraintes, plutôt que par un arrêt total puis une reprise brutale.


⏳ Combien de temps faut-il pour guérir d’une fracture du sésamoïde ?

C’est probablement la question que l’on me pose le plus souvent lorsque ce diagnostic est posé.

Et la réponse déçoit parfois un peu, parce qu’elle n’est pas aussi simple qu’un chiffre précis.

Pour certaines fractures du pied, on peut annoncer un délai assez standard. Avec le sésamoïde, les choses sont souvent un peu plus progressives.

La raison est assez simple : cet os se situe dans une zone du pied qui travaille à chaque pas.

Autrement dit, même lorsque la fracture commence à cicatriser, la région continue à subir des contraintes mécaniques régulières.

Les délais que l’on observe le plus souvent

Dans de nombreux cas, la douleur commence à s’améliorer de façon nette dans les premières semaines, à condition que l’appui soit un peu adapté.

On observe fréquemment :

Mais ces repères restent des moyennes.

Chez certaines personnes, la récupération est plus rapide. Chez d’autres, la sensibilité peut persister un peu plus longtemps, surtout si l’avant-pied reste très sollicité.

Pourquoi la récupération peut parfois être plus lente

Plusieurs éléments peuvent expliquer une évolution un peu plus longue.

D’abord, la localisation de la fracture. Les sésamoïdes se trouvent dans une zone qui supporte une grande partie du poids du corps au moment de la propulsion.

Ensuite, le niveau d’activité joue beaucoup.

Une personne qui marche peu ou qui peut adapter facilement son activité récupérera souvent plus rapidement qu’une personne qui reste très active ou qui travaille longtemps debout.

Enfin, certains patients continuent à solliciter la zone sans s’en rendre compte. Par exemple en modifiant leur façon de marcher ou en gardant des chaussures qui appuient directement sur l’avant-pied.

En cabinet, je vois parfois des patients qui ont l’impression de “se reposer”, alors qu’en réalité leur pied continue à encaisser beaucoup de contraintes.

Une douleur qui diminue… mais qui peut revenir par moments

Un autre point mérite d’être expliqué, parce qu’il inquiète souvent.

La récupération n’est pas toujours parfaitement régulière.

Certains jours, le pied semble presque normal. Puis une marche plus longue, une sortie un peu inhabituelle ou un changement de chaussures réveille la douleur.

Dans la grande majorité des cas, cela correspond simplement à une zone qui reste encore sensible à la charge.

Cela ne signifie pas forcément que la fracture ne guérit pas.

📌 Ce qui compte surtout, c’est la tendance générale sur plusieurs semaines : si la marche devient progressivement plus facile et si les épisodes douloureux deviennent moins fréquents, l’évolution est généralement rassurante.


Peut-on marcher avec une fracture du sésamoïde ?

C’est une question très concrète, et elle arrive souvent très tôt dans la discussion.

Parce qu’entre ce que l’on lit sur internet et la réalité du quotidien, il y a parfois un décalage. La plupart des patients doivent continuer à se déplacer : pour travailler, accompagner leurs enfants, faire leurs courses.

Alors la vraie question devient vite : est-ce que marcher risque d’aggraver la fracture ?

La réponse n’est pas toujours un simple oui ou non.

Dans de nombreux cas, la marche reste possible. Mais la façon de marcher, la durée et les contraintes sur l’avant-pied vont beaucoup influencer la tolérance.

Marcher… mais pas forcément comme avant

Ce que l’on observe souvent, c’est que la marche lente et tranquille passe relativement bien. En revanche, dès que l’on augmente certaines contraintes, la douleur réapparaît plus facilement.

Par exemple :

En cabinet, certains patients me décrivent très précisément ce phénomène.

Ils peuvent faire une petite promenade sans trop de gêne, puis ressentir une douleur assez nette lorsqu’ils doivent accélérer le pas ou rester debout longtemps.

Ce n’est pas incohérent. La propulsion sur l’avant-pied est justement le moment où les sésamoïdes sont le plus sollicités.

Le rôle souvent sous-estimé des chaussures

Un détail revient très souvent dans les consultations : le choix des chaussures.

Certaines chaussures concentrent les contraintes exactement sur la zone douloureuse. C’est le cas notamment de modèles :

À l’inverse, des chaussures avec une semelle un peu plus rigide ou légèrement amortissante peuvent parfois rendre la marche nettement plus confortable.

📌 Ce type d’ajustement peut sembler anodin, mais il change parfois beaucoup la façon dont l’avant-pied absorbe les contraintes.

Pourquoi certaines surfaces font plus mal que d’autres

C’est un point que beaucoup de patients remarquent très vite.

La marche sur un sol souple, par exemple un chemin en terre ou de l’herbe, est souvent mieux tolérée que la marche sur du carrelage ou du bitume.

La raison est assez simple : les surfaces dures transmettent davantage les forces vers l’avant-pied, alors que les surfaces plus souples amortissent une partie de l’impact.

Cela ne veut pas dire qu’il faut éviter toute marche sur sol dur. Mais comprendre ce phénomène aide souvent à mieux doser ses activités au début de la récupération.

L’erreur fréquente : alterner repos total et reprise trop rapide

Une autre situation revient souvent.

Certains patients arrêtent complètement toute activité pendant quelques jours ou quelques semaines. La douleur diminue. Puis ils reprennent brutalement leur niveau habituel de marche.

Et la douleur revient.

Dans ce cas, ce n’est pas forcément la fracture qui “se réouvre”. C’est simplement la zone qui n’est pas encore prête à supporter ce niveau de contrainte.

📌 En pratique, une reprise progressive de l’appui est souvent plus efficace que des cycles alternant immobilité complète et reprise trop rapide.


Que faire pour favoriser la guérison d’une fracture du sésamoïde ?

Lorsqu’on parle de fracture, beaucoup de patients imaginent qu’il suffit d’attendre que l’os se consolide. Dans le cas du sésamoïde, la situation est un peu différente.

La difficulté vient surtout du fait que cette zone est sollicitée à chaque pas. Même dans la vie quotidienne, il est difficile de mettre complètement l’avant-pied au repos.

L’objectif n’est donc pas forcément d’arrêter toute activité, mais plutôt de réduire les contraintes qui entretiennent la douleur, le temps que les tissus récupèrent.

Adapter temporairement les contraintes sur l’avant-pied

Dans la majorité des situations, quelques ajustements simples permettent déjà d’améliorer la tolérance à la marche.

Cela peut passer par :

Ce n’est pas forcément un arrêt complet de l’activité. C’est plutôt une phase de transition, le temps que la douleur se calme.

✅ Mon conseil kiné :

Dans certains cas, un coussinet métatarsien peut aussi aider à diminuer la pression sous l’avant-pied pendant la marche.

Placé dans la chaussure, il permet de répartir les appuis sous les métatarses et de soulager la zone située sous le gros orteil.

👉 Voir un exemple de coussinet métatarsien que je recommande.

Utiliser une canne quelques jours si l’appui reste douloureux

C’est une option à laquelle on ne pense pas toujours.

Pourtant, dans certaines phases un peu sensibles, l’utilisation temporaire d’une canne peut vraiment aider.

L’idée n’est pas de se déplacer en permanence avec une aide à la marche.

Mais simplement de décharger légèrement le pied pendant quelques jours, notamment pour les déplacements un peu plus longs.

En consultation, certains patients sont surpris de voir à quel point une petite diminution de la charge peut soulager la zone.

📌 La canne reste en général une aide transitoire, que l’on abandonne progressivement dès que l’appui devient plus confortable.

🧷 Si vous souhaitez savoir comment bien marcher avec une canne/béquille (ce qui n’est pas toujours intuitif), je vous invite à lire mon article : Comment bien marcher avec une ou deux béquilles ?

✅ Mon conseil kiné :

Lorsque l’appui reste douloureux, une canne de marche réglable peut parfois être utile pendant quelques jours.

L’objectif n’est pas de ne plus marcher, mais simplement de décharger légèrement le pied lors des déplacements.

👉 Voir un exemple de canne de marche.

Le choix des chaussures peut faire une vraie différence

Un autre levier souvent sous-estimé concerne les chaussures.

Certaines chaussures très souples ou très fines à l’avant du pied concentrent les contraintes exactement sous l’articulation du gros orteil.

À l’inverse, une chaussure avec :

peut parfois rendre la marche nettement plus confortable.

Ces ajustements paraissent simples, mais ils changent souvent la façon dont les contraintes se répartissent sur l’avant-pied.

✅ Mon conseil kiné :

Certaines chaussures de course à pied peuvent parfois être intéressantes dans ce contexte.

Leur objectif initial est évidemment la course, mais leur conception peut aussi présenter un avantage pour certaines douleurs de l’avant-pied.

Beaucoup de modèles possèdent ce que l’on appelle une semelle “rocker”, c’est-à-dire une semelle légèrement arrondie.

Cette forme permet au pied de basculer vers l’avant lors de la marche, plutôt que de plier fortement au niveau du gros orteil.

Cela peut diminuer les contraintes sous l’avant-pied et au niveau des sésamoïdes, comparé à des chaussures plates et très flexibles.

👉 Voir un exemple de chaussure avec semelle rocker que je recommande.

Ce type de chaussure est généralement utilisé de façon temporaire, le temps que la douleur diminue.

🧷 Passer par ce lien n’augmente pas le prix et m’aide à faire vivre le site. 😉 

Reprendre progressivement l’appui

Lorsque la douleur commence à diminuer, la tentation est parfois de reprendre toutes les activités d’un coup.

C’est compréhensible. Après plusieurs semaines de gêne, beaucoup de patients ont envie de “rattraper le temps perdu”.

Mais c’est souvent à ce moment-là que la douleur peut réapparaître. Dans ma pratique, j’encourage plutôt une reprise progressive de la charge :

📌 Ce n’est pas une science exacte. Mais cette progression graduelle permet souvent d’éviter les rechutes liées à une reprise trop rapide.


Fracture du sésamoïde ou sésamoïdite : comment faire la différence ?

Lorsqu’une douleur apparaît sous le gros orteil, les termes fracture du sésamoïde et sésamoïdite reviennent souvent. Pour les patients, la distinction n’est pas toujours évidente.

Et c’est compréhensible.

Dans les deux situations, la douleur se situe au même endroit : sous l’articulation du gros orteil, dans la zone qui supporte une grande partie des contraintes lorsque l’on marche.

En consultation, beaucoup de patients arrivent avec cette question :

“Est-ce que j’ai une fracture… ou simplement une inflammation ?”

La réponse n’est pas toujours évidente au premier abord, car les symptômes peuvent se ressembler.

La fracture du sésamoïde : une atteinte de l’os

Dans le cas d’une fracture du sésamoïde, il existe une fissure ou une cassure de l’os.

Cela peut survenir :

La douleur apparaît souvent lors de l’appui, notamment au moment de pousser sur l’avant du pied.

Dans certains cas, l’imagerie (radiographie, IRM) permet de confirmer le diagnostic. Mais il arrive aussi que les images ne soient pas immédiatement très parlantes, surtout au début.

La sésamoïdite : une irritation douloureuse de la zone

La sésamoïdite correspond plutôt à une irritation des structures autour des sésamoïdes.

Ce n’est pas forcément l’os qui est atteint, mais l’ensemble des tissus qui participent au fonctionnement de cette région : tendons, ligaments, structures articulaires.

Les symptômes peuvent être assez proches :

La différence est surtout liée au mécanisme et à l’évolution. La sésamoïdite apparaît souvent progressivement, en lien avec des contraintes répétées sur l’avant-pied.

Pourquoi la confusion est fréquente

Dans la pratique, la frontière entre ces deux situations n’est pas toujours aussi nette qu’on pourrait le croire.

Il arrive par exemple qu’une fracture s’accompagne d’une irritation de la zone autour de l’os. À l’inverse, une sésamoïdite prolongée peut rendre l’os plus vulnérable aux contraintes.

Pour vous, patient, ce qui compte le plus est souvent la question suivante : Pourquoi la douleur persiste-t-elle ?

Et la réponse est parfois simplement mécanique : la zone continue à être sollicitée à chaque pas. C’est aussi pour cette raison que certaines douleurs sous le gros orteil mettent du temps à disparaître complètement.

Comprendre le mécanisme aide souvent à mieux récupérer

Dans ce type de douleur, le plus important est souvent de comprendre comment la zone est sollicitée au quotidien.

En consultation, on observe parfois des détails qui paraissent anodins mais qui jouent un rôle important : certaines chaussures, une façon de pousser sur l’avant-pied, ou des activités répétées qui entretiennent la contrainte sur les sésamoïdes.

🧷 Si vous souhaitez mieux comprendre le fonctionnement de cette zone et comment soulager une irritation des sésamoïdes, j’aborde ce sujet en détail dans cet article : Comment soigner une sésamoïdite.

J’y propose également un guide complet, étape par étape, pour accompagner la récupération.


Quand faut-il consulter pour une fracture du sésamoïde ?

La plupart des douleurs sous le gros orteil ne relèvent pas d’une urgence médicale.

Mais cela ne veut pas dire non plus qu’il faut systématiquement attendre des mois en espérant que tout rentre dans l’ordre.

Le plus utile est souvent de savoir dans quelles situations la douleur est assez classique… et dans quels cas il vaut mieux demander un avis.

Ce qui est fréquent

Dans de nombreuses fractures du sésamoïde, on retrouve un tableau assez similaire :

La douleur peut parfois être fluctuante. Certains jours sont meilleurs que d’autres, ce qui déstabilise souvent les patients.

📌 En pratique, tant que la tendance générale va vers une amélioration progressive, même lente, la situation est souvent rassurante.

Ce qui mérite d’être surveillé

Certaines situations ne sont pas forcément inquiétantes, mais elles méritent d’être observées de plus près.

Par exemple :

📌 Dans ces cas-là, il peut être utile de refaire le point avec un professionnel de santé afin de vérifier que la récupération suit une trajectoire normale.

Les situations où il vaut mieux consulter rapidement

Certaines situations justifient davantage un avis médical.

Notamment si vous observez :

Dans ces situations, un examen clinique et parfois une imagerie peuvent être nécessaires pour mieux comprendre ce qui se passe.

Le rôle du professionnel de santé

Dans ce type de douleur, l’objectif n’est pas seulement de poser un diagnostic. Il s’agit aussi de comprendre comment la zone est sollicitée au quotidien.

En pratique, ce sont souvent des détails qui orientent la prise en charge :

Ces éléments paraissent parfois secondaires, mais ils influencent beaucoup la récupération.


Le mot du kiné 💬

La fracture du sésamoïde est une blessure un peu particulière.

Non pas parce qu’elle serait forcément grave, mais parce qu’elle se situe dans une zone du pied que l’on sollicite à chaque pas.

C’est souvent ce qui déroute les patients : la douleur n’est pas toujours très intense, mais elle peut mettre du temps à disparaître complètement.

En consultation, ce que je vois le plus souvent, ce ne sont pas des situations catastrophiques.

Ce sont plutôt des douleurs qui persistent parce que l’avant-pied continue à subir des contraintes quotidiennes : marche prolongée, certaines chaussures, reprise un peu trop rapide de l’activité.

La difficulté est donc rarement de “réparer” quelque chose. Elle est plutôt d’aider le pied à retrouver progressivement une tolérance à l’appui.

Quand les patients commencent à s’inquiéter parce que la douleur traîne, je leur propose souvent un petit exercice simple.

Je leur demande de revenir quelques semaines ou quelques mois en arrière et d’essayer de comparer les sensations.

La douleur est-elle exactement la même qu’au début ? Est-ce que l’appui est un peu plus facile qu’avant ?

Et dans la très grande majorité des cas, la réponse est la même : “Oui… quand j’y pense, c’est quand même mieux qu’au début.”

Cette progression peut parfois être lente et irrégulière, ce qui donne l’impression que rien ne change.

Mais lorsqu’on prend un peu de recul, on réalise souvent que la situation évolue dans le bon sens.

Mon rôle, dans ce type de situation, est surtout de vous aider à comprendre ce qui se passe et à éviter deux pièges assez fréquents : continuer exactement comme avant… ou arrêter complètement de bouger par peur d’aggraver la douleur.

L’objectif est plutôt de retrouver un appui progressif et tolérable, le temps que le pied récupère.


FAQ – Fracture du sésamoïde

Lorsque l’on parle de fracture du sésamoïde, certaines questions reviennent très souvent en consultation.

La douleur sous le gros orteil peut inquiéter, surtout lorsqu’elle persiste plusieurs semaines. Beaucoup de patients se demandent s’ils peuvent continuer à marcher, combien de temps la récupération peut prendre ou encore si certains examens sont nécessaires.

Voici les réponses aux questions les plus fréquentes.

Une fracture du sésamoïde peut-elle guérir seule ?

Dans de nombreux cas, oui.

Lorsque la fracture n’est pas déplacée, la récupération repose surtout sur la diminution des contraintes sur l’avant-pied et une adaptation progressive de l’appui.

Avec le temps, la douleur diminue généralement progressivement. La récupération peut cependant prendre plusieurs semaines, parfois quelques mois.

Pourquoi la douleur est-elle surtout présente à l’appui ?

Les sésamoïdes participent au fonctionnement mécanique du pied. Ils se trouvent exactement dans la zone qui supporte une partie du poids du corps lorsque l’on pousse sur l’avant-pied.

C’est pour cette raison que la douleur apparaît souvent :

Est-ce normal d’avoir plus mal sur un sol dur ?

Oui, c’est une observation assez fréquente.

Les surfaces dures transmettent davantage les contraintes vers l’avant-pied. À l’inverse, un sol plus souple absorbe une partie de l’impact, ce qui peut rendre la marche plus confortable.

Faut-il arrêter complètement de marcher ?

Dans la majorité des situations, la marche reste possible.

L’objectif est plutôt d’adapter les contraintes : distance de marche, rythme, type de chaussures ou activités qui sollicitent fortement l’avant-pied.

Une reprise progressive est souvent mieux tolérée qu’un arrêt complet suivi d’une reprise trop rapide.

Une fracture du sésamoïde peut-elle devenir une sésamoïdite ?

Cela peut arriver.

Lorsque la zone reste irritée pendant plusieurs semaines, les structures autour des sésamoïdes peuvent rester sensibles, ce qui correspond à ce que l’on appelle une sésamoïdite.

Dans ce cas, la douleur est souvent liée à la façon dont l’avant-pied est sollicité au quotidien.

Peut-on reprendre le sport après une fracture du sésamoïde ?

Oui, dans la majorité des cas.

La reprise se fait généralement progressivement, en fonction de l’évolution de la douleur et de la tolérance à l’appui.

Les activités qui sollicitent fortement l’avant-pied peuvent nécessiter un délai un peu plus long avant de reprendre normalement.

Une radiographie suffit-elle pour diagnostiquer une fracture du sésamoïde ?

La radiographie est souvent le premier examen réalisé lorsque l’on suspecte une fracture du sésamoïde.

Cependant, ce type de fracture peut parfois être difficile à voir au début, notamment lorsqu’il s’agit d’une fissure ou d’une fracture de fatigue.

Lorsque la radiographie ne permet pas de conclure clairement, d’autres examens d’imagerie peuvent être proposés.

Pourquoi une IRM est-elle parfois demandée ?

L’IRM permet d’observer plus précisément l’os et les tissus autour des sésamoïdes.

Elle peut être proposée lorsque la douleur persiste malgré les premières mesures d’adaptation de l’appui, ou lorsque le médecin souhaite différencier une fracture d’une irritation de la zone, comme une sésamoïdite.

Cet examen aide surtout à mieux comprendre l’origine de la douleur afin d’adapter la prise en charge.


Sources scientifiques et médicales 📖

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