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Douleur sous le gros orteil en marchant : que faire pour retrouver une marche confortable ?

Illustration montrant le gros orteil douloureux

Avoir une douleur sous le gros orteil en marchant peut paraître un “détail” au début… jusqu’au moment où cette gêne se réveille à chaque pas, vous fait appréhender la marche, et finit par vous limiter dans vos activités les plus simples : aller travailler, faire les courses, promener les enfants, marcher pour le plaisir.

Au cabinet, beaucoup de patients me décrivent exactement les mêmes sensations :

Et très vite, les mêmes questions reviennent :

Cet article a un double objectif :

  1. vous expliquer, avec des mots simples, pourquoi cette petite zone peut devenir si sensible ;
  2. vous donner des repères concrets : ce que vous pouvez faire, quand consulter, et ce que la kinésithérapie peut réellement vous apporter pour retrouver une marche confortable.

🧷 Il ne remplace pas une consultation, mais il vous aide à mieux comprendre ce qui se passe et à agir de manière plus sereine.


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Pourquoi cette zone est-elle si sensible ?

À première vue, le dessous du gros orteil n’a rien d’impressionnant. Pourtant, il joue un rôle central dans votre marche. On pourrait presque dire que c’est un petit “carrefour mécanique” : tout est petit… mais tout est important.

Sous le gros orteil, une petite zone avec beaucoup de structures

Juste sous l’articulation du gros orteil, on retrouve :

📌 Tout cela tient dans un espace minuscule. Si une seule de ces structures s’irrite, c’est l’ensemble de la zone qui devient douloureuse à l’appui.

Une zone sollicitée à chaque pas

On dit souvent que le gros orteil est le “chef d’orchestre” du pas. Ce n’est pas une métaphore gratuite.

À chaque fois que vous marchez :

  1. votre poids se déplace vers l’avant-pied,
  2. votre gros orteil se plie légèrement,
  3. vous poussez sur cette zone pour projeter votre corps en avant.

📌 Autrement dit, même si la douleur est localisée, elle intervient sur un geste répété des milliers de fois par jour. C’est pour cela qu’une douleur sous le gros orteil en marchant peut devenir très handicapante au quotidien.

Des charges plus importantes qu’on ne l’imagine

Au moment de la poussée, la zone sous le gros orteil peut supporter 1,5 à 2 fois votre poids. Si vous marchez vite, en montée, ou que vous courez, ces contraintes augmentent encore.

C’est ce qui explique un schéma très fréquent :

Certains patients décrivent aussi une douleur sous le gros orteil au repos, surtout après une journée très chargée : la zone a été fortement sollicitée et reste un peu “en éveil”.

Un exemple typique au cabinet

Voilà un cas que je rencontre très régulièrement. Une patiente décide de “se remettre en forme”.

Elle se fixe un objectif de 8 000 à 10 000 pas par jour, alors qu’elle marchait peu auparavant.

Au début, tout se passe bien. Puis, au bout de quelques semaines :

En l’observant au cabinet, on remarque :

Il n’y a aucune anomalie grave. Mais un cumul de petits éléments qui suffisent à irriter la zone.

Quand je lui explique le mécanisme, elle me dit souvent :

« Donc ce n’est pas que j’ai tout cassé, c’est juste que j’en ai demandé trop, trop vite ? »

Exactement. Et c’est une bonne nouvelle : ce type de douleur sous le gros orteil en marchant se corrige généralement en ajustant les charges et en rééduquant le pied.


Les causes possibles de douleur sous le gros orteil

Quand on a une douleur sous le gros orteil en marchant, on voudrait souvent qu’on nous dise : “c’est ça, point”. En réalité, il existe plusieurs scénarios, certains fréquents, d’autres plus rares.

Mon rôle, en tant que kiné, est de savoir si l’on est plutôt face à :

Je vous présente ici les principales possibilités.

Surcharge mécanique simple : la cause la plus fréquente

C’est la situation la plus banale, mais aussi la plus fréquente.

On parle de surcharge mécanique quand la zone sous le gros orteil a reçu plus de contraintes que d’habitude, trop vite, sans préparation.

Souvent, le contexte ressemble à :

Les facteurs qui augmentent la charge sur l’avant-pied :

Dans cette situation :

📌 La bonne nouvelle : une surcharge simple, prise en charge tôt, répond en général très bien à quelques semaines de réadaptation.

Sésamoïdite : la cause typique sous le gros orteil

La sésamoïdite est l’une des causes les plus typiques de douleur localisée sous le gros orteil. Les sésamoïdes sont deux petits os situés sous l’articulation du gros orteil. Ils jouent un rôle de “poulie” et d’amortisseur pour le tendon du fléchisseur.

Quand ces petits os s’enflamment ou s’irritent, on parle de sésamoïdite.

Signes qui doivent vous faire y penser

Contexte fréquent

📌 Si vous souffrez surtout d’une douleur sous le gros orteil en marchant, très localisée, avec une impression de petit caillou, il est possible que vous soyez justement dans un tableau de sésamoïdite.

Dans ce cas, une prise en charge un peu plus structurée est souvent nécessaire : adaptation des appuis, renforcement progressif, reprise encadrée de la marche et/ou du sport.

📖 C’est exactement ce que je propose dans mon guide kiné complet sur la sésamoïdite, conçu pour vous accompagner pas à pas, semaine après semaine, avec un programme progressif, des vidéos explicatives et des repères clairs pour savoir si vous êtes sur la bonne voie.

👉 À lire aussi : Comment soigner une sésamoïdite ?

Surcharge globale de l’avant-pied (métatarsalgies)

Parfois, ce n’est pas uniquement le dessous du gros orteil qui souffre, mais tout l’avant-pied. On parle alors de métatarsalgies : douleurs liées aux appuis sous les têtes métatarsiennes.

Ce que vous pouvez ressentir

Raisons fréquentes

📌 Dans ce cas, le dessous du gros orteil fait partie d’une zone plus large de surcharge. Le travail kiné porte sur la répartition des appuis et le renforcement global du pied.

Gros orteil raide (arthrose / hallux rigidus)

Avec l’âge, après certaines contraintes répétées, ou chez certains profils, l’articulation du gros orteil peut devenir moins mobile. On parle alors parfois d’arthrose du gros orteil ou d’hallux rigidus.

Symptômes fréquents

Dans cette situation, la douleur sous le gros orteil vient souvent du fait que l’articulation est obligée de travailler dans une position qu’elle tolère mal.

La kinésithérapie va viser à :

Hallux valgus et autres déformations

L’hallux valgus, c’est la déviation du gros orteil vers les autres, souvent associée à une bosse sur le côté (l’“oignon”).

Même si la douleur se situe parfois sur le côté ou sur le dessus de l’articulation, cette déformation modifie les axes d’appui et peut entraîner des surcharges sous certaines zones, dont le dessous du gros orteil.

La prise en charge peut inclure :

Fracture de fatigue : à ne pas négliger

Plus rare, mais importante à identifier, la fracture de fatigue (ou fracture de stress) correspond à de microfissures dans l’os, liées à des micro-chocs répétés sans temps de récupération suffisant.

Elle peut toucher certains os du pied, dont les sésamoïdes ou les métatarsiens.

Signes qui doivent alerter

📌 Dans ce cas, un bilan médical (radio, parfois IRM) est nécessaire. La rééducation intervient surtout après le diagnostic, pour accompagner la consolidation et la reprise.

Goutte : une douleur très forte, souvent nocturne

La goutte est une maladie liée à des dépôts de cristaux d’acide urique dans une articulation.

Elle touche très souvent le gros orteil, avec un tableau typique :

📌 Ici, on est dans un contexte médical : il faut rapidement consulter un médecin. La kinésithérapie intervient ensuite éventuellement, pour récupérer de la mobilité.

Arthrites inflammatoires (polyarthrite, spondyloarthrite…)

Certaines maladies inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde, spondyloarthrites…) peuvent toucher les petites articulations du pied, notamment celles du gros orteil.

Signes qui orientent vers ce type de cause

Dans ce contexte, le kiné travaille en coopération avec le médecin et le rhumatologue.

Autres causes plus rares

Plus rarement, la douleur sous le gros orteil peut venir de :

Là encore, c’est l’examen clinique et le contexte global qui guident les examens complémentaires.


Quand faut-il consulter pour une douleur sous le gros orteil ?

🔴 Consultez un médecin en urgence si :

🟠 Consultez un médecin rapidement si :

🔎 Un mot important si vous êtes diabétique

Si vous êtes diabétique, toute douleur sous le pied, tout changement d’aspect (rougeur, plaie, zone noire, déformation soudaine) doit être pris au sérieux.
Dans ce cas, n’hésitez pas à consulter rapidement votre médecin. Une prise en charge précoce permet souvent d’éviter des complications.

🟢 Une consultation kiné est pertinente si :


Ce que vous pouvez faire dès maintenant (si la douleur est d’origine mécanique)

Si le contexte évoque une surcharge mécanique (sésamoïdite, métatarsalgies…), il y a des actions simples qui peuvent déjà vous aider à calmer la zone, sans plonger dans le repos total.

🟢 Adapter sa marche sans tout arrêter

L’idée n’est pas de ne plus marcher du tout, mais de réduire légèrement ce qui irrite le plus la zone.

Concrètement, sur quelques jours :

Le repos absolu a tendance à rendre la zone plus sensible à la reprise.

🟢 Vérifier ses chaussures

C’est parfois l’un des leviers les plus simples.

à privilégier :

à éviter :

Je précise souvent à mes patients :

« Les chaussures peuvent clairement améliorer le confort… mais ce n’est pas là que se joue la guérison. Le cœur du traitement, c’est le pied lui-même : sa force, sa mobilité, sa façon de prendre appui. »

Voyez les chaussures comme un coup de pouce, pas comme le traitement de fond.

🟢 Soulager l’appui avec un coussinet plantaire

Un coussinet en silicone placé sous l’avant-pied peut :

👉 Voici un modèle de coussinet plantaire que je recommande de la marque Epitact.

Là aussi, je suis très clair :

« Le coussinet, c’est un outil de confort. Il aide à marcher mieux, mais il ne remplace pas le travail de fond sur la charge et le renforcement. »

🟢 Auto-massages doux avec une balle

Une petite balle (balle de massage, balle de tennis un peu ferme) peut être utilisée pour :

👉 Exemple de balle de massage.

 mode d’emploi :

Évitez de rouler directement sur le point le plus douloureux, surtout si la douleur est vive.

🧷 Passer par ce lien n’augmente pas le prix et m’aide à faire vivre le site. 😉

🔴 Ce qu’il vaut mieux éviter de faire

Quand on a mal, on a souvent envie de “se débrouiller seul” en essayant beaucoup de choses différentes. Certaines sont plutôt utiles… d’autres un peu moins.

Je conseille généralement d’éviter :

📌 Ce qui aide vraiment, ce n’est pas d’en faire toujours plus, mais de faire les bonnes choses, au bon dosage, et de s’y tenir quelques semaines.

Et si vous courez ou faites du sport ?

Si vous êtes coureur, randonneur ou que vous pratiquez un sport avec beaucoup d’appuis (sports de terrain, danse, sports de combat…), la douleur sous le gros orteil en marchant ou en courant peut être particulièrement frustrante.

Dans la majorité des cas :

En rééducation, on définit ensemble un plan de reprise progressive. Par exemple :

📌 L’objectif n’est pas de vous éloigner du sport, mais de trouver le bon dosage pour que la douleur laisse de la place à la progression.


Combien de temps la douleur peut-elle durer ?

C’est souvent LA question :

« D’accord, mais combien de temps ça va durer ? »

La réponse dépend de plusieurs facteurs :

Voici des repères issus de la pratique clinique (à adapter à chaque cas, évidemment).

Surcharge mécanique simple

À condition de ne pas continuer exactement comme avant.

Sésamoïdite

La sésamoïdite est souvent un peu plus longue, car les sésamoïdes sont sollicités à chaque pas.

📌 C’est le type de situation où un programme structuré est vraiment utile, avec une progression claire semaine après semaine.

Douleur chronique (présente depuis plusieurs mois)

Quand la douleur traîne depuis longtemps, le problème n’est plus seulement local :

Arthrose du gros orteil

On ne “fait pas disparaître” l’arthrose, mais on peut largement améliorer la fonction.

Fracture de fatigue

Les délais sont plus longs :


Ce que peut faire le kiné

Lors d’une consultation pour douleur sous le gros orteil en marchant, la première étape n’est jamais simplement “de vous faire faire des exercices”.

La priorité, c’est de comprendre :

Concrètement, au cabinet, j’observe :

📌 En quelques minutes, on se fait une idée assez précise de ce qui sursollicite la zone. Souvent, ce moment d’explication est déjà très important : vous comprenez enfin que la douleur n’arrive pas “par hasard”, et surtout que l’on peut agir dessus.

Ensuite, la rééducation vise à :


La rééducation en pratique : comment on réhabitue votre pied

La rééducation n’est ni violente, ni spectaculaire. Ce sont de petites choses, bien choisies et répétées, qui permettent à la zone de se calmer tout en redevenant fonctionnelle.

On peut la résumer en plusieurs phases.

Phase 1 — calmer la douleur et retrouver un appui tolérable

📍Objectif : ne pas forcer, mais ne pas figer complètement la zone non plus.

Au programme :

À la fin de cette phase, on vise :

Phase 2 — renforcer le pied, progressivement et sans réveiller la douleur

📍Objectif : avoir un pied plus fort, plus stable, plus endurant.

On travaille :

Vous apprenez des exercices que vous pouvez refaire chez vous, avec des consignes claires sur la fréquence et l’intensité.

Phase 3 — réhabituer la poussée : le moment clé

Cette phase est souvent celle qui fait le plus peur au début… et qui apporte le plus de bénéfices une fois franchie.

On va progressivement réentraîner la poussée sur le gros orteil :

On cherche à ce que le pied puisse pousser à nouveau sans déclencher de douleur forte, et surtout sans appréhension.

Phase 4 — reprise de la marche longue et, si besoin, du sport

Une fois le pied plus solide, plus mobile et plus confiant, on élargit :

On suit un principe simple :

  • Si le pied va bien le lendemain → la dose était adaptée.
  • Si la douleur augmente nettement ou persiste plusieurs jours → on a été un peu trop ambitieux, on ajuste.

Cette logique permet de progresser sans faire de “montagnes russes” de douleur.


Le mot du kiné 💬

Une douleur sous le gros orteil en marchant est à la fois très localisée… et très envahissante dans votre quotidien. Elle touche un geste de base : marcher.

La tentation, c’est souvent de tout arrêter, par peur d’aggraver la situation. À l’inverse, certains essaient “de serrer les dents”, en espérant que ça disparaisse tout seul.

La réalité, c’est que dans la majorité des cas :

  • on est face à un problème de surcharge (sésamoïdite, appuis, raideur…),
  • qui se corrige bien avec un ajustement des charges, une rééducation progressive et un pied qui retrouve de la force.

Une immobilisation complète et prolongée n’est pas souhaitable : elle augmente la raideur, la perte musculaire et la sensibilité.

Mon conseil : ne laissez pas cette douleur s’installer pendant des mois en espérant qu’elle “finira bien par partir”.

Un bilan auprès de votre médecin et/ou de votre kinésithérapeute permet en général :

  • d’écarter les causes graves (fracture, goutte, arthrite inflammatoire…),
  • de poser un diagnostic cohérent,
  • de mettre en place un plan de rééducation progressif, adapté à vos objectifs (marche, randonnée, course, sport…).

FAQ : douleur sous le gros orteil en marchant

1. Est-ce grave d’avoir mal sous le gros orteil uniquement en marchant ?

Dans la plupart des cas, non : c’est lié à une surcharge mécanique ou à une sésamoïdite. C’est gênant, parfois très douloureux, mais rarement grave.

En revanche, si la douleur est :

il est important de consulter un médecin rapidement.

2. Puis-je continuer à marcher ou à courir malgré la douleur ?

Oui, mais pas n’importe comment.

L’idée est de :

Continuer exactement comme avant, en ignorant la douleur, n’est pas une bonne stratégie.

Arrêter totalement pendant des semaines non plus. La rééducation sert précisément à trouver ce juste milieu.

3. En combien de temps ma douleur peut-elle disparaître ?

Tout dépend :

Une surcharge récente, prise en charge rapidement, peut s’améliorer en quelques semaines.

Une douleur présente depuis des mois demandera souvent plusieurs mois de travail progressif.

4. Les semelles ou coussinets plantaires sont-ils indispensables ?

Non, ils ne sont pas systématiques.

Ils peuvent être très utiles pour :

Mais ils viennent en complément. Le cœur du traitement reste : le pied lui-même, sa force, sa mobilité, sa façon de supporter la charge.

5. J’ai mal sous le gros orteil même au repos, est-ce différent ?

Une douleur sous le gros orteil en marchant uniquement est souvent liée à une surcharge mécanique ou à une sésamoïdite : la douleur apparaît surtout à l’appui, au moment de la poussée.

Quand la douleur est présente aussi au repos, plusieurs situations sont possibles :

Ce n’est pas forcément grave, mais c’est un signal à écouter.

Si la douleur réveille la nuit, si le pied est rouge, chaud, gonflé, ou si vous ne pouvez plus poser le pied : un avis médical rapide est recommandé.

6. J’ai une douleur sous le gros orteil en courant, dois-je arrêter complètement ?

Pas forcément, mais il est rarement utile de “forcer coûte que coûte”.

En pratique, je conseille souvent :

L’objectif n’est pas de vous éloigner du sport, mais de trouver le bon dosage pour progresser sans entretenir la douleur.


Sources scientifiques et médicales 📕

Sésamoïdite et douleurs associées

Douleurs de l’avant-pied et biomécanique

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