La réponse honnête, concrète et complète d’un kinésithérapeute du sport
Si vous vous posez cette question, ce n’est presque jamais par simple curiosité. En cabinet, je l’entends sous des formes très proches de celles-ci :
- « Je fais de la kiné depuis plusieurs semaines… et honnêtement, je ne sais pas si ça m’aide vraiment. »
- « J’ai encore mal, donc j’ai l’impression que ça ne sert à rien. »
- « Je fais ce qu’on me demande, mais je ne vois pas de vrai changement. »
Ces doutes sont légitimes.
Quand on se déplace plusieurs fois par semaine, qu’on fait des exercices chez soi, qu’on accepte parfois d’avoir un peu plus mal après certaines séances, on a besoin de comprendre où on va.
Je vais vous répondre sans vous vendre de miracle : oui, la kinésithérapie peut réellement vous aider, mais pas comme une baguette magique, et pas toujours au rythme que vous aimeriez.
✅ Mon objectif ici est simple : vous donner des repères clairs, concrets et honnêtes pour comprendre :
- à quoi sert vraiment la kiné,
- ce qu’elle peut faire pour vous (et ce qu’elle ne peut pas faire),
- comment savoir si vous êtes sur la bonne trajectoire,
- et quand il faut ajuster la stratégie.
À quoi sert concrètement la kiné dans votre vie réelle (pas en théorie)
Quand vous venez en séance, je ne pense pas en priorité à “la technique que je vais utiliser ».
Je me pose d’abord des questions très simples, très concrètes :
- Qu’est-ce que vous ne pouvez plus faire aujourd’hui à cause de votre douleur ?
- Qu’est-ce qui vous gêne le plus dans votre quotidien (travail, sport, gestes simples) ?
- Qu’est-ce que vous aimeriez pouvoir refaire sans y penser ?
La kiné sert à réduire l’écart entre ce que vous voudriez faire et ce que votre corps vous permet de faire aujourd’hui.
Ce n’est pas une logique de “traitement d’un muscle” ou “d’un tendon”, mais une logique de retour de capacités fonctionnelles.
Je vais vous donner des exemples très concrets, tirés de situations que je vois tous les jours au cabinet.
Exemple 1 – “Je n’ose plus me pencher, j’ai peur de me rebloquer le dos”
C’est une phrase que j’entends constamment. Souvent, la crise de dos initiale est passée, les examens sont rassurants, mais la peur du mouvement reste.
Ce qui se passe dans le corps est assez simple :même quand les tissus ont cicatrisé, le système nerveux garde une mémoire de protection.
Vous vous penchez moins, vous vous crispez, vous anticipez la douleur… et cette anticipation entretient la raideur et parfois la douleur.
En séance, je ne cherche pas à “vous débloquer” brutalement.
Je vous fais réapprendre à vous pencher progressivement, dans des positions contrôlées, avec des charges adaptées, en vous montrant que :
- le mouvement est possible,
- il n’est pas dangereux en soi,
- et votre corps est capable de le tolérer à nouveau.
Le vrai progrès n’est pas seulement :
“J’ai eu moins mal pendant la séance.”
C’est plutôt :
“Ce matin, je me suis penché pour mettre mes chaussures sans y penser, et ça s’est mieux passé que prévu.”
📌 Ce type de petit changement du quotidien est un marqueur très fiable que la kiné sert réellement à quelque chose pour vous.
Exemple 2 – “Mon genou ne supporte plus l’effort, dès que je marche un peu plus j’ai mal”
Dans ce cas, beaucoup de patients pensent que la solution serait de “se reposer encore plus”.
Le repos soulage parfois à court terme, mais à moyen terme, il entretient souvent le problème : le muscle perd de la force, l’articulation tolère moins bien la charge, et la douleur revient dès que vous forcez un peu.
La kiné sert ici à augmenter progressivement la capacité de votre genou à encaisser l’effort, sans provoquer de grosses réactions inflammatoires.
Concrètement, cela passe par :
- un renforcement ciblé,
- une progression de la charge (volume, intensité, fréquence),
- et un apprentissage du bon “dosage” de l’effort dans votre quotidien.
Je dis souvent aux patients dans ce cas-là :
“On ne cherche pas à supprimer l’effort. On cherche à rendre votre genou plus capable de l’encaisser.”
Quand, après quelques semaines, vous pouvez marcher plus longtemps avant que la gêne n’apparaisse, ou récupérer plus vite après une journée active, c’est un signe très concret que la kiné vous aide réellement.
Exemple 3 – “J’ai l’impression que mon épaule est fragile, qu’elle peut lâcher à tout moment”
Ce sentiment de fragilité est extrêmement fréquent, même quand les examens sont rassurants.
Vous avez mal une fois en levant le bras, vous évitez ce geste, puis l’évitement renforce l’impression de faiblesse.
En kiné, je ne cherche pas seulement à diminuer la douleur. Je cherche surtout à vous redonner un sentiment de contrôle sur votre épaule :
- en renforçant progressivement les muscles qui stabilisent l’articulation,
- en travaillant la coordination,
- en vous exposant à des mouvements que vous n’osiez plus faire.
Le jour où vous me dites :
“ Je prends quelque chose en hauteur sans réfléchir, et je n’y pense plus ”
C’est souvent un signe que la kiné a fait son travail, même si une petite gêne peut encore être présente de temps en temps.
Ce que la kiné peut faire pour vous… et ce qu’elle ne peut pas faire (sans illusion)
C’est une partie essentielle pour éviter les déceptions et les incompréhensions.
✅ Ce que la kiné peut réellement vous apporter
En tant que kinésithérapeute, je peux vous aider à :
- retrouver des capacités physiques (force, mobilité, endurance) qui ont diminué avec la douleur ou l’arrêt d’activité ;
- réhabituer vos tissus à l’effort, progressivement, sans brûler les étapes ;
- vous exposer de façon sécurisée à des mouvements que vous évitez depuis parfois des semaines ou des mois ;
- vous donner des repères clairs : ce qui est normal pendant une rééducation, ce qui doit alerter ;
- vous accompagner dans la reprise d’activités qui comptent pour vous (travail, sport, loisirs).
Avec le temps, beaucoup de patients se rendent compte que leur corps est moins “fragile” qu’ils ne le pensaient, simplement parce qu’il a été réentraîné intelligemment.
❌ Ce que la kiné ne peut pas faire
Je préfère être très clair là-dessus :
- je ne peux pas “réparer” un tendon, un cartilage ou un disque à votre place ;
- je ne peux pas faire disparaître une douleur chronique en quelques séances ;
- je ne peux pas accélérer un temps de cicatrisation qui est biologique ;
- je ne peux pas vous garantir la même récupération que votre voisin ou votre collègue ;
- je ne peux pas progresser à votre place si vous ne bougez pas du tout entre les séances.
📌 La kiné ne remplace pas le temps, ni votre implication. Elle vous accompagne pour que votre corps puisse, lui, faire le travail de récupération.
“Je fais tout bien… et pourtant je stagne” : pourquoi ça arrive (et quoi faire)
C’est une phrase que j’entends très souvent au cabinet. Vous venez régulièrement. Vous faites les exercices. Vous essayez d’être sérieux.
Et malgré ça, vous avez l’impression que la situation n’avance pas.
Dans la majorité des cas, ce n’est ni un manque de motivation, ni un “échec” de votre part.
C’est plutôt un décalage entre ce qui est fait et ce dont votre corps a besoin à ce moment précis de la rééducation.
Je vous explique les situations les plus fréquentes que je rencontre.
1) Le programme n’évolue pas assez (ou pas dans le bon sens)
Au début d’une rééducation, les exercices sont volontairement simples. On pose des bases : mobilité, activation musculaire, reprise de confiance.
Le problème commence quand, au bout de plusieurs semaines, le contenu ne change pas vraiment. Le corps s’adapte vite. S’il n’y a plus de nouveau stimulus, il n’y a plus de progression.
Concrètement, vous pouvez vous poser cette question très simple :
“Est-ce que mes exercices sont plus difficiles aujourd’hui qu’il y a deux ou trois semaines ?”
Si la réponse est non, il est normal que vous ayez l’impression de stagner.
Une rééducation efficace doit évoluer progressivement : plus de charge, plus d’amplitude, des mouvements plus proches de votre quotidien ou de votre sport.
En pratique, quand je vois que la situation n’évolue plus, je me pose toujours cette question :
“Qu’est-ce que je peux faire évoluer aujourd’hui pour recréer un stimulus utile, sans vous faire basculer dans le surmenage ?”
2) La charge est mal dosée : trop faible… ou trop élevée
Deux erreurs sont fréquentes.
Charge trop faible
Vous faites les exercices “tranquillement”, sans réelle contrainte. C’est rassurant, mais le corps ne reçoit pas le signal nécessaire pour se renforcer.
Résultat : peu de progrès, impression de faire des exercices “pour rien”.
Charge trop élevée
À l’inverse, vous forcez beaucoup, parfois par volonté de bien faire. Vous sortez de séance épuisé, vous récupérez mal pendant plusieurs jours, la douleur réagit fortement.
Dans ce cas, la récupération est incomplète et la progression devient chaotique.
Je dis souvent :
“La bonne charge, ce n’est ni celle qui ne vous fait rien, ni celle qui vous met à plat pendant trois jours. Mais c’est celle que vous pouvez répéter dans le temps.”
📌 La progression en rééducation repose sur la régularité plus que sur les “coups d’éclat”.
3) Votre quotidien freine parfois les progrès (sans que vous vous en rendiez compte)
La rééducation ne se joue pas uniquement sur la table de kiné. Votre corps encaisse aussi :
- votre rythme de travail,
- votre niveau de stress,
- votre sommeil,
- vos contraintes familiales,
- parfois une reprise sportive trop rapide.
En cabinet, je vois très clairement que deux patients qui font “le même programme” n’évoluent pas du tout au même rythme, simplement parce que leur contexte de vie est différent.
Ce n’est pas un échec personnel. C’est la réalité du corps humain : on ne récupère pas de la même façon quand on est épuisé, stressé ou qu’on dort mal.
4) Il manque parfois une pièce du puzzle
Parfois, malgré un programme cohérent et des efforts réguliers, la situation n’évolue que très peu.
Dans ce cas, il est légitime de se poser, avec votre kiné ou votre médecin, quelques questions simples :
- Est-ce que le problème principal a bien été identifié ?
- Est-ce qu’il y a un facteur aggravant non pris en compte (poste de travail, charge sportive, habitudes quotidiennes) ?
- Est-ce qu’un avis médical complémentaire est pertinent à ce stade ?
📌 L’objectif n’est pas de multiplier les examens “pour se rassurer”, mais de ne pas s’entêter dans une stratégie qui ne donne rien.
Faut-il que la kiné fasse mal pour être efficace ?
C’est l’une des idées reçues les plus tenaces. Beaucoup de patients pensent encore :
“Si ça ne me fait pas mal, c’est que ça ne travaille pas.”
Dans la réalité, la douleur n’est pas un toujours bon indicateur d’efficacité.
Ce qui est fréquent et généralement normal
- ressentir un effort pendant l’exercice,
- avoir des courbatures légères,
- sentir la zone “travaillée” dans les heures qui suivent.
Ce qui doit faire ajuster
- une douleur qui augmente séance après séance sans jamais redescendre,
- une douleur qui devient différente (plus vive, plus profonde, inhabituelle),
- une fatigue qui vous pénalise plusieurs jours après chaque séance.
En pratique, je recherche un effort utile et tolérable.
Je préfère largement une progression régulière, même modeste, qu’une séance très intense qui vous handicape dans votre quotidien.
Je le formule souvent ainsi :
“La séance doit vous faire progresser, mais elle ne doit pas vous empêcher de vivre entre deux séances.”
🧷 Si votre principale question est de savoir combien de temps il est normal d’avoir mal après une séance de kiné, j’ai détaillé ce point dans cet article dédié : Douleur après kiné : combien de temps est-ce normal ?
Comment savoir concrètement si la kiné fonctionne (même si vous avez encore mal)
Il est très tentant de juger la rééducation uniquement sur :
“Est-ce que j’ai moins mal aujourd’hui ?”
Or, la douleur est un indicateur très variable. Je préfère regarder avec vous des éléments plus stables et plus parlants.
📝 Repères concrets à observer
Posez-vous ces questions, très simplement :
- Est-ce que vous récupérez plus vite après une journée active qu’au début de la rééducation ?
- Est-ce que certaines tâches (marcher, rester assis longtemps, porter un sac, monter des escaliers) sont un peu moins pénibles ?
- Est-ce que vous osez refaire des gestes que vous évitiez complètement ?
- Est-ce que vous comprenez mieux ce qui vous déclenche des douleurs et ce qui vous aide ?
📌 Si vous répondez “oui” à au moins une de ces questions, même partiellement, vous êtes probablement sur une trajectoire de progression, même si tout n’est pas encore réglé.
Les signaux verts, oranges et rouges pendant une rééducation
Pour vous aider à vous situer sans vous alarmer inutilement, voici des repères simples.
🟢 Signaux verts (rassurants)
- vous récupérez un peu mieux qu’avant,
- certaines activités du quotidien deviennent plus faciles,
- la douleur est plus prévisible et moins inquiétante,
- vous comprenez mieux comment gérer vos efforts,
- vous retrouvez progressivement de la confiance dans vos mouvements.
🟠 Signaux oranges (à discuter et ajuster)
- la douleur augmente à chaque séance sans jamais redescendre,
- vous êtes très fatigué plusieurs jours après les séances,
- vous avez l’impression de faire des exercices sans en comprendre l’objectif,
- le programme ne change pas malgré une stagnation.
Dans ces cas-là, il est important d’en parler et d’ajuster la stratégie. La kiné est un processus adaptable.
🔴 Signaux rouges (reconsulter)
Sans dramatiser, reconsultez rapidement si vous avez :
- des douleurs nocturnes inhabituelles et persistantes,
- une perte de force ou de sensibilité progressive,
- un gonflement important du mollet avec douleur,
- une douleur thoracique ou un essoufflement inhabituel,
- une altération de l’état général (fièvre, amaigrissement inexpliqué).
📌 Dans ces situations, la kiné ne remplace pas une évaluation médicale.
Quand la kiné ne suffit pas (et quoi faire concrètement)
Il est important d’être honnête : la kinésithérapie est souvent utile, mais elle ne suffit pas dans toutes les situations, à elle seule.
Dire cela ne remet pas en cause l’intérêt de la kiné. Cela permet simplement de ne pas vous laisser croire qu’une seule approche peut tout régler.
⏳ Quand le temps biologique est indispensable
Certaines structures du corps, comme les tendons, les ligaments ou certains tissus cartilagineux, évoluent lentement.
Même avec une rééducation bien conduite, la récupération se fait parfois sur plusieurs mois.
En pratique, je rappelle souvent :
“La kiné accompagne le processus de récupération. Elle ne remplace pas le temps nécessaire à la cicatrisation.”
Dans ces situations, la patience n’est pas une injonction morale.
C’est un paramètre biologique avec lequel on compose, tout en cherchant à progresser malgré tout sur les capacités fonctionnelles.
🔄 Quand il faut ajuster la stratégie globale
Parfois, le problème ne vient pas tant des exercices que du contexte dans lequel votre corps doit récupérer :
- un rythme de travail très exigeant,
- des contraintes posturales répétées,
- une charge sportive trop élevée ou mal répartie,
- un manque de récupération.
Dans ces cas, la kiné sert aussi à vous aider à adapter votre manière de faire au quotidien : mieux répartir les efforts, mieux doser certaines activités, parfois accepter de modifier temporairement certaines habitudes.
📌 L’objectif n’est pas de vous “interdire de vivre”, mais de rendre votre récupération compatible avec votre réalité.
🩺 Quand un avis médical complémentaire est nécessaire
Si malgré des ajustements cohérents la situation ne progresse pas du tout, ou se dégrade, il est légitime de refaire le point avec votre médecin.
Le rôle du kiné n’est pas de s’acharner coûte que coûte, mais aussi de vous orienter quand cela a du sens.
Ce n’est ni un échec de votre part, ni un aveu d’impuissance du professionnel. C’est une coordination normale des soins.
Comment “bien utiliser” vos séances de kiné (pour en tirer un vrai bénéfice)
La qualité d’une rééducation dépend beaucoup de la façon dont vous vivez et utilisez vos séances.
Voici quelques conseils simples, issus de ce que j’observe en cabinet.
Arriver avec une idée claire de ce qui vous gêne le plus
Plutôt que de dire simplement “j’ai mal”, essayez de préciser :
- ce qui vous gêne le plus dans votre quotidien,
- ce que vous avez du mal à faire,
- ce que vous aimeriez pouvoir refaire.
Cela aide votre kiné à cibler ce qui compte vraiment pour vous.
Dire ce que vous ressentez après les séances (sans minimiser)
Beaucoup de patients disent “ça va” par politesse, alors que la séance les a laissés très fatigués ou douloureux.
Il est important de le dire, car c’est ce qui permet d’ajuster la charge.
Vous pouvez par exemple dire :
“La séance m’a fait du bien sur le moment, mais j’ai eu du mal à récupérer pendant deux jours.”
ou
“Cet exercice me paraît trop facile, je n’ai pas l’impression qu’il m’aide.”
Comprendre l’objectif des exercices
N’hésitez pas à demander :
“À quoi sert cet exercice ? Qu’est-ce qu’on cherche à améliorer avec celui-ci ?”
📌 Une rééducation est plus efficace quand vous comprenez ce que vous faites. Vous devenez alors acteur de votre progression, pas simple exécutant.
Oser dire quand quelque chose ne vous convient pas
Il est normal que tous les exercices ne vous conviennent pas immédiatement. Si un exercice vous semble inutile, trop difficile ou au contraire trop facile, dites-le.
Cela ne remet pas en cause la compétence du kiné. Cela permet d’ajuster le programme à votre réalité.
Comment parler à votre kiné si vous doutez (phrases concrètes)
Beaucoup de patients n’osent pas exprimer leurs doutes. Voici des phrases simples que vous pouvez utiliser :
- “J’ai l’impression de stagner, est-ce qu’on peut revoir la stratégie ?”
- “Qu’est-ce qui devrait s’améliorer en priorité dans les prochaines semaines ?”
- “Comment saura-t-on concrètement que je progresse ?”
- “Est-ce que ce que je ressens après les séances vous semble normal ?”
- “Y a-t-il quelque chose que je pourrais faire différemment entre les séances ?”
Une bonne rééducation repose sur un dialogue ouvert. Vous avez parfaitement le droit de poser ces questions.
Le mot du kiné 💬
Si je devais résumer l’essentiel en une idée simple :
La kinésithérapie sert vraiment quand elle vous rend plus capable dans votre vie réelle : marcher plus longtemps, bouger avec moins de peur, reprendre une activité qui compte pour vous, récupérer plus vite après l’effort.
Elle ne sert pas à vous promettre des miracles. Elle sert à construire, avec vous, une trajectoire de récupération adaptée à votre situation, à votre rythme, à votre réalité.
Si vous avez l’impression que “ça ne marche pas”, ce n’est pas forcément vous le problème. Très souvent, c’est simplement la stratégie qui mérite d’être ajustée.
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Rédigé par Antoine, kinésithérapeute du sport, fondateur de MonConseilKiné
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Foire aux questions (FAQ patients)
La kiné sert-elle vraiment à quelque chose ?
Oui, dans beaucoup de situations, la kiné aide à retrouver des capacités fonctionnelles (bouger, porter, reprendre une activité), à mieux tolérer l’effort et à réduire la douleur à moyen terme. Elle n’est pas magique, mais elle peut être un levier important de récupération.
Au bout de combien de temps peut-on voir des progrès ?
Il n’y a pas de délai universel. En pratique, on s’attend souvent à percevoir au moins un signe de progression (tolérance à l’effort, récupération, aisance dans certains gestes) en quelques semaines. En l’absence totale de changement, il est pertinent de réévaluer la stratégie.
Est-ce normal d’avoir encore mal pendant la rééducation ?
Oui, surtout au début ou lorsque la charge augmente. Ce qui compte, c’est la trajectoire globale : récupération plus rapide, douleur plus gérable, capacités qui progressent. Une douleur qui s’aggrave nettement ou change de nature doit être discutée.
Faut-il souffrir pour que la kiné soit efficace ?
Non. L’objectif est un effort utile et tolérable. Une douleur modérée peut parfois accompagner l’effort, mais elle n’est pas un critère d’efficacité en soi.
La kiné peut-elle aggraver mon problème ?
Une charge mal dosée peut augmenter les symptômes. C’est pour cela que la rééducation doit être progressive et ajustée en fonction de vos réactions. Si la douleur augmente fortement ou durablement, il faut en parler et adapter.
Quand faut-il envisager autre chose que la kiné ?
Quand, malgré des ajustements cohérents, il n’y a aucune progression ou que des signes inhabituels apparaissent (douleurs nocturnes importantes, perte de force, symptômes nouveaux), un avis médical complémentaire est pertinent.
📚 Sources (pour aller plus loin)
- Hayden JA et al., Cochrane Review – Exercise therapy for low back pain.
- Smith BE et al., BJSM – Pain during exercise.
- Moseley GL, Butler DS – Pain education.
- Van Tulder et al., Cochrane – Conservative treatment low back pain.
- WHO – Rehabilitation in health systems.

