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Combien de séances de kiné après une prothèse du genou ? L’avis d’un kiné du sport

Patient en rééducation du genou avec son kinésithérapeute après une prothèse totale.

Après une prothèse du genou, c’est l’une des questions que j’entends le plus souvent en cabinet :

« Combien de séances de kiné il me faudra ? 20 ? 30 ? 40 ? »

Vous avez besoin de savoir où vous allez. Vous devez organiser vos déplacements, parfois votre travail, votre aide à domicile, vos activités. Et c’est normal d’avoir peur de « ne pas faire assez »… ou au contraire de « passer sa vie chez le kiné ».

La réalité, c’est qu’il n’existe pas un chiffre magique identique pour tout le monde.

En revanche, il existe :

Dans cet article, je vous explique tout cela en tant que kinésithérapeute du sport, en restant honnête : sans promesse, sans catastrophisme, et en vous donnant des repères utilisables au quotidien.


Sommaire

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Pourquoi on se pose autant la question du nombre de séances

La prothèse du genou n’est pas une petite intervention. Elle implique :

On aimerait tous que l’histoire se résume à :

« On remplace l’articulation, on fait quelques séances de kiné, et tout redevient comme avant en 3 semaines ».

Dans la vraie vie, la récupération se compte plutôt en mois qu’en jours. Et c’est là que la question du nombre de séances arrive :

📌 L’objectif de cet article, ce n’est pas de vous donner une obligation (« il faut X séances »), mais de vous offrir une feuille de route réaliste.


Les grandes phases de la rééducation après prothèse du genou

Phase 1 : les premiers jours après l’opération (hôpital / clinique)

Cette première phase se déroule à l’hôpital ou en clinique, juste après l’intervention.

Les objectifs sont :

La kinésithérapie est alors intégrée à votre hospitalisation. Les séances sont souvent quotidiennes (parfois deux fois par jour), mais on ne les compte pas dans les « 20 ou 30 séances » dont on parle en ville.

À ce stade, rien n’est figé pour la suite : on commence simplement à réveiller le genou, le corps, la marche.

Phase 2 : les premières semaines (0 à 6 semaines)

C’est une phase clé… et souvent la plus inconfortable pour le patient :

Cette phase peut se dérouler :

Les objectifs sont :

📌 La fréquence de kiné est en général de 2 à 4 séances par semaine, selon votre état, votre organisation et l’avis du chirurgien.

Exemple de cabinet

Je pense à Mme L., 72 ans, très anxieuse après sa prothèse. Elle avait peur de plier le genou, répétait : « si je force, ça va casser ». Les premières séances ont surtout été consacrées à lui expliquer ce qui se passait dans son genou, à avancer en douceur, 10 à 15° de flexion gagnés semaine après semaine.

Sa progression n’avait rien de « spectaculaire ». C’était simplement celle d’un genou opéré qui progresse à son rythme. Et c’est ce qu’on voit très souvent.

Phase 3 : de 6 semaines à 3–6 mois

Progressivement, vous commencez à ressentir une vraie différence :

Les objectifs de cette phase :

📌 La fréquence des séances diminue progressivement : on passe souvent à 1 ou 2 séances par semaine, avec un programme d’exercices à domicile plus important.


Combien de séances de kiné prévoir en pratique ?

Des repères chiffrés (20, 30, 40 séances…)

En France, pour une prothèse du genou :

Concrètement, cela peut ressembler à :

Ce ne sont que des ordres de grandeur. Certaines personnes auront besoin de moins, d’autres de plus, sans que ce soit « mieux » ou « pire ».

Exemple fréquent

À l’inverse de Mme L., j’ai suivi un patient de 58 ans, très actif, qui avait gardé une bonne musculature malgré la douleur d’arthrose.
Il a récupéré rapidement :

Pour lui, une vingtaine de séances ont suffi. Ce n’est pas un « record », c’est surtout le reflet de son terrain favorable, de son engagement dans les exercices, et de la qualité de la chirurgie.


Pourquoi le nombre de séances varie d’une personne à l’autre

Plusieurs éléments expliquent cette variabilité.

1. le type de prothèse

2. l’état du genou avant l’opération

Un genou déjà très raide, très douloureux, avec un quadriceps peu musclé, demandera souvent plus de travail qu’un genou encore assez mobile.

3. votre condition générale

Surpoids important, pathologies cardiovasculaires, diabète, autres douleurs articulaires (hanche, dos…) peuvent ralentir la récupération et rendre la rééducation plus longue.

4. l’auto-rééducation

C’est un point majeur :

5. le contexte de prise en charge : centre de rééducation vs kiné en cabinet

Après une prothèse du genou, il existe deux parcours possibles juste après l’hospitalisation.

Vous allez en centre de rééducation (SSR) pendant 2 à 4 semaines

Dans ce cas, vous bénéficiez d’une rééducation quotidienne, parfois même deux séances par jour :

Vous arrivez ensuite en kiné libéral avec un genou qui a déjà bien avancé.

📌 Conséquence : moins de séances en cabinet, en moyenne 10 à 20 séances suffisent, puisque la phase initiale (la plus longue) a déjà été faite en intensif.

Vous rentrez directement à domicile (sans centre)

Dans ce cas, tout le début de la rééducation se fait en cabinet :

La progression est souvent bonne, mais elle suit un rythme réaliste de quelques séances par semaine.

📌 Conséquence : plus de séances en cabinet, généralement 20 à 40 séances, car le kiné libéral doit reprendre toutes les étapes depuis le début.


Repères de progression réalistes (et flexibles)

Je donne souvent à mes patients quelques repères très généraux :

📌 Ce ne sont pas des « objectifs à atteindre coûte que coûte ». Ce sont des balises : si vous êtes un peu en retrait, ce n’est pas forcément inquiétant ; si vous êtes très en retard, votre kiné et votre chirurgien adapteront la stratégie.


À quoi ressemblent concrètement les séances de kiné ?

Travail de la mobilité

Renforcement musculaire

Rééducation de la marche

Équilibre et proprioception

Gestion de la douleur et de l’œdème

Exemple réel

Certains patients me disent : « J’ai l’impression qu’on fait toujours la même chose ».

En réalité, on garde parfois les mêmes mouvements, mais ce qui change, c’est :

C’est exactement ce qui fait progresser un genou opéré sans le traumatiser.


L’auto-rééducation à la maison : un élément central

Entre les séances, votre rôle est essentiel. Les exercices à domicile peuvent inclure :

Vélo d’appartement compact (si validé par l’équipe soignante)

Si votre chirurgien et votre kiné vous y autorisent, un vélo d’appartement compact peut être un excellent outil pour :

👉 Voir un modèle de vélo d’appartement compact adapté aux petits espaces

Ce type de matériel ne remplace pas les séances de kiné ni les consignes médicales, mais il peut être un bon complément, surtout à partir de quelques semaines post-opératoires.


Quand prolonger la kiné… et quand on peut l’alléger

On prolonge souvent la kiné quand :

On peut réduire progressivement quand :

L’idée n’est pas de couper du jour au lendemain, mais de diminuer la fréquence :


🩺 Quand consulter en urgence après une prothèse du genou ?

Certaines situations imposent de contacter rapidement un médecin, votre chirurgien ou les urgences :

📌 Dans ces cas-là, la priorité n’est plus la rééducation, mais l’avis médical en urgence. Un article ne remplacera jamais un examen clinique.


Gérer la douleur et le gonflement au quotidien

En plus des médicaments prescrits par votre médecin ou votre chirurgien, quelques mesures simples peuvent aider à lutter :

Poches de froid réutilisables

Pour appliquer du froid facilement sur le genou, j’oriente souvent les patients vers des poches de froid réutilisables qui épousent bien la forme de l’articulation.

👉 Voir un exemple de pack de poches de froid réutilisables pour le genou

Toujours :

🧷 Passer par ce lien n’augmente pas le prix et m’aide à faire vivre le site. 😉 


Chirurgien / kiné : qui décide quoi ?

Le chirurgien :

Le kinésithérapeute :

📌 Ces rôles sont complémentaires : le chirurgien assure la sécurité médicale, le kiné accompagne la récupération fonctionnelle dans la durée.


En résumé clinique

La grande majorité des patients suit un parcours « normal » : des semaines parfois difficiles, des douleurs fluctuantes, la sensation que ça n’avance pas assez vite… puis, peu à peu, un genou plus souple, plus fort, plus fiable.

Le nombre de séances — 20, 30, 40 — reste un outil, pas un objectif en soi.

L’important est :

🧷 Et si vos douleurs de genou ne sont pas liés à une prothèse, je présente d’autres explications possibles dans mon article sur les autres douleurs du genou.


Le mot du kiné 💬

Vous avez le droit de douter, de vous demander si vous « faites assez », de vous comparer à d’autres.

Mais ce que je vois, semaine après semaine en cabinet, c’est surtout ça :

  • des patients qui avancent, chacun à leur rythme ;
  • des moments de découragement, puis de vraies satisfactions ;
  • un genou qui, mois après mois, devient un appui de plus en plus solide.

Le nombre de séances que vous ferez ne dira rien de votre courage ni de votre valeur. C’est juste un cadre pour accompagner votre récupération.

Si vous avez l’impression de stagner, si quelque chose vous inquiète : parlez-en avec votre kiné et votre chirurgien. On est là pour ça.

Antoine Al Wazzan
Masseur-kinésithérapeute du sport
Fondateur de MonConseilKiné


FAQ – questions fréquentes des patients

Est-ce que 20 séances de kiné peuvent suffire après une prothèse du genou ?

Oui, pour certains patients, une vingtaine de séances peuvent suffire, surtout s’ils récupèrent vite, qu’ils étaient bien préparés et qu’ils sont très réguliers dans leurs exercices à domicile. D’autres auront besoin de 30 ou 40 séances. Ce n’est ni mieux ni pire, juste adapté à leur situation.

Combien de temps dure la rééducation complète ?

On compte généralement 3 à 6 mois pour retrouver un confort de marche, des escaliers mieux tolérés et une autonomie complète au quotidien. L’amélioration continue souvent au-delà : beaucoup de patients sentent leur genou évoluer encore jusqu’à un an après l’opération.

Faut-il forcément aller en centre de rééducation après une prothèse du genou ?

Non, ce n’est pas obligatoire. Certains profils bénéficient d’un séjour en centre (terrain fragile, isolement, difficultés d’organisation à domicile). D’autres peuvent tout à fait rentrer chez eux et être suivis uniquement en kinésithérapie libérale. C’est une décision qui se prend avec le chirurgien et l’équipe médicale selon votre situation.


Sources scientifiques et médicales 📕

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