Beaucoup de patients me posent la question en consultation :
« Le TENS, est-ce que cela fonctionne vraiment ? »
« Est-ce que cela peut soulager ma sciatique, mon dos ou mon genou ? »
« Quel appareil choisir, et est-ce que cela en vaut la peine ? »
Le TENS (stimulation électrique transcutanée) est utilisé depuis plus de 40 ans pour réduire la douleur, mais les informations que l’on trouve en ligne sont souvent floues, incomplètes ou parfois trop commerciales.
Dans cet article, je vous propose un point clair et fiable, basé uniquement sur :
- les revues Cochrane,
- les recommandations du NICE (l’équivalent de la HAS au Royaume-Uni),
- et les données de l’IASP, la référence internationale dans l’étude de la douleur.
🎯 L’objectif est simple :
- comprendre dans quelles douleurs le TENS est réellement efficace,
- identifier les situations où son intérêt reste limité,
- savoir comment bien l’utiliser (intensité, durée, positionnement),
- et replacer le TENS dans une prise en charge cohérente.
Aucune promesse exagérée : simplement un outil utile, sécuritaire, parfois très efficace, lorsqu’il est utilisé dans la bonne indication et avec les bons réglages.
Avant d’aller plus loin, il est important de comprendre ce qu’est réellement un TENS, et surtout comment il agit sur la douleur. Cela permet de mieux savoir dans quels cas il peut vous aider… et dans quels cas il sera peu efficace.
Le TENS : qu’est-ce que c’est et à quoi ça sert ?
Le TENS signifie Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation, ou stimulation électrique transcutanée en français.
Concrètement, il s’agit d’un petit appareil qui envoie des impulsions électriques douces à travers la peau grâce à des électrodes.
Ces stimulations ont un objectif simple : réduire la perception de la douleur en agissant sur les voies nerveuses.
✔ Un outil pour moduler la douleur
Le TENS ne soigne pas la cause d’une blessure. Il agit surtout en modulant les signaux nerveux qui remontent vers le cerveau, ce qu’on appelle l’effet de “Gate Control” , un mécanisme bien décrit en neurosciences de la douleur.
✔ Pas un appareil de renforcement musculaire
Beaucoup de patients confondent le TENS avec l’électrostimulation musculaire (EMS). Pourtant, ce sont deux outils différents :
- Le TENS → soulage la douleur.
- L’électrostimulation musculaire (EMS) → renforce un muscle.
Le TENS ne fait pas contracter un muscle : son rôle est uniquement antalgique.
✔ Une méthode sûre et non invasive
Le TENS est utilisé depuis plus de 40 ans, et les études montrent :
- très peu d’effets secondaires,
- une bonne tolérance,
- et une utilisation possible à domicile lorsqu’il est bien réglé.
Le TENS est-il efficace ? Ce que disent les études 📖
L’efficacité du TENS est l’un des sujets les plus étudiés en prise en charge de la douleur. Les conclusions des revues systématiques sont assez cohérentes : le TENS peut réellement diminuer la douleur, mais son efficacité dépend du type de douleur et des réglages utilisés.
Voici ce que montrent les données les plus solides.
🔹 Les revues Cochrane : le plus haut niveau de preuve
✔ Douleurs aiguës
La revue Cochrane de 2019 conclut que le TENS réduit la douleur plus rapidement qu’un placebo dans plusieurs situations aiguës (douleurs post-opératoires, douleurs musculo-squelettiques légères). L’effet apparaît souvent immédiatement après la séance.
✔ Douleurs neuropathiques
Selon la Cochrane de 2017, le TENS peut être efficace sur les douleurs d’origine nerveuse :
- sciatique neuropathique,
- brûlures nerveuses,
- névralgies périphériques.
L’amélioration est variable d’une personne à l’autre mais clairement supérieure au placebo.
✔ Douleurs chroniques
Les données montrent un effet modéré, surtout si le TENS est utilisé :
- avec une intensité suffisante,
- pendant 20 à 30 minutes,
- en complément d’un programme d’exercices.
🔹 Recommandations NICE (Royaume-Uni)
Le NICE considère le TENS comme une option :
- non invasive,
- peu risquée,
- utile pour réduire la douleur dans les douleurs chroniques et neuropathiques.
Il n’est pas classé comme un traitement miracle, mais comme un outil antalgique efficace pour certaines douleurs.
🔹 Données de l’IASP (référence mondiale en douleur)
L’IASP reconnaît le TENS comme une méthode permettant de :
- réduire la douleur,
- moduler la transmission nociceptive,
- améliorer le confort dans les douleurs persistantes.
Là encore, l’effet est meilleur lorsque :
- l’intensité est suffisante,
- les électrodes sont bien placées,
- la séance dure entre 20 et 30 minutes.
🔹 Ce que cela signifie concrètement pour vous
Les études montrent que le TENS peut être :
- très efficace pour certains types de douleurs,
- modérément utile pour d’autres,
- peu efficace dans certaines situations spécifiques.
📌 L’essentiel est donc de savoir dans quels cas il fonctionne vraiment, et dans quels cas il aide peu. Et c’est justement ce que nous allons voir dans la suite.
Pour quelles douleurs le TENS fonctionne vraiment ?
Les études convergent toutes vers le même constat :
- 👉 le TENS n’est pas efficace pour toutes les douleurs,
- 👉 mais pour certaines, il apporte un soulagement net et rapide.
Voici les situations où le TENS a montré les meilleurs résultats.
🔹 Sciatique et douleurs neuropathiques
C’est la situation où le TENS est le plus efficace. Les revues Cochrane et les guides internationaux montrent que le TENS peut :
- réduire les décharges douloureuses le long de la jambe,
- diminuer la sensation de brûlure ou de picotements,
- améliorer la marche à court terme,
- rendre les activités du quotidien plus supportables.
Les douleurs “nerveuses” répondent particulièrement bien à la stimulation électrique.
🔹 Lombalgies chroniques (douleur au bas du dos)
Le TENS n’agit pas sur la cause mécanique d’une lombalgie, mais les données montrent qu’il peut :
- réduire la douleur pendant plusieurs heures,
- faciliter les mouvements,
- permettre aux patients d’avancer dans leurs exercices.
Le bénéfice est modéré, mais réel lorsque le TENS est bien réglé.
🔹 Cervicalgies et tensions des trapèzes
Les douleurs musculaires persistantes du cou et du haut du dos répondent plutôt bien au TENS.
Les patients rapportent souvent :
- moins de tension,
- une baisse de la douleur le soir,
- un meilleur confort au travail.
Le TENS ne traite pas la cause musculaire, mais soulage les tensions suffisamment pour avancer dans la rééducation.
🔹 Arthrose du genou : effet à court terme
Les études sur l’arthrose montrent un effet court mais appréciable :
- diminution de la douleur pendant quelques heures,
- meilleure tolérance à la marche,
- aide pendant les activités du quotidien.
Le TENS peut être un soutien intéressant pour les journées difficiles.
Tendinites chroniques douloureuses
Le TENS n’agit pas sur la réparation du tendon, mais les études montrent qu’il peut réduire la sensibilisation de la zone.
Résultat :
- moins de douleur au repos,
- meilleure tolérance aux exercices,
- progression plus facile en rééducation.
C’est surtout utile dans les tendinites qui traînent et deviennent hypersensibles.
🔹 Douleurs persistantes après chirurgie
Certaines douleurs post-opératoires légères à modérées sont soulagées par le TENS.
Effets observés :
- réduction de la prise d’antalgiques,
- amélioration du confort,
- meilleur sommeil les premiers jours.
En résumé : les douleurs qui répondent le mieux
- Douleurs neuropathiques,
- sciatique,
- douleurs chroniques (dos, cou),
- arthrose (effet temporaire),
- tendinites longues et sensibilisées,
- douleurs persistantes après chirurgie.
Dans ces indications, le TENS est un vrai plus, sûr et souvent efficace.
Quand le TENS fonctionne mal (ou pas du tout)
Même si le TENS peut être très utile dans certaines douleurs, les études montrent qu’il existe aussi des situations où son efficacité est faible ou quasi nulle. L’objectif ici n’est pas de le “descendre”, mais de vous aider à l’utiliser de manière réaliste.
Voici les cas où le TENS ne donne généralement pas de bons résultats.
🔹 Douleurs mécaniques aiguës (dos bloqué, « faux mouvement »)
Les revues Cochrane et les recommandations internationales montrent que le TENS est peu efficace sur les douleurs mécaniques aiguës :
- dos bloqué,
- torticolis soudain,
- blocage lombaire,
- entorse récente.
📌 Dans ces cas, la douleur vient surtout d’un mécanisme articulaire ou mécanique, trop profond pour être modulé efficacement par un TENS.
🔹 Douleurs articulaires profondes
Lorsque la douleur provient d’une structure profonde (pincement sévère, arthrose avancée, conflit articulaire), le TENS atteint difficilement les zones responsables.
Résultat : soulagement faible ou absent.
🔹 Douleurs très inflammatoires
Dans les douleurs aiguës fortement inflammatoires, comme :
- inflammation importante autour d’un tendon,
- poussée inflammatoire d’arthrose,
- crise aiguë après un surmenage,
le TENS est souvent moins efficace que :
- l’ajustement de la charge,
- le froid,
- et une gestion adaptée des activités.
🔹 Utilisation avec une intensité trop faible
Les données sont très claires : la cause n°1 d’échec du TENS dans les études est une intensité trop basse.
Si la stimulation est trop légère :
- l’effet antalgique est faible,
- les résultats sont presque identiques à un placebo.
Le TENS doit être réglé à une intensité forte mais confortable, sans douleur.
🔹 Durée d’utilisation très courte
Les essais cliniques montrent que les séances de moins de 20 minutes ont souvent :
- un effet très limité,
- pas de bénéfice significatif.
Le TENS est plus efficace sur des séances de 20 à 30 minutes.
🔹 Placement des électrodes inadapté
Même un bon appareil peut sembler inutile si les électrodes sont mal placées.
Exemples fréquents de placements inefficaces :
- uniquement sur le site de la douleur dans une sciatique,
- trop proche de la colonne vertébrale,
- asymétrie forte entre les deux électrodes,
- électrodes posées sans suivre le trajet nerveux.
Le bon placement multiplie l’efficacité du TENS.
En résumé : quand le TENS aide peu
- Douleur mécanique aiguë (type lumbago)
- douleur profonde,
- inflammation aiguë importante,
- intensité trop faible,
- séances trop courtes,
- électrodes mal positionnées.
Dans ces situations, il ne faut pas s’attendre à un effet notable. Cela ne veut pas dire que le TENS “ne marche pas”, mais simplement qu’il n’est pas adapté à ce type de douleur.
Comment bien utiliser un TENS ? Méthode validée
Pour que le TENS soit réellement efficace, il ne suffit pas de “le poser et d’attendre”. Les études montrent que son effet dépend surtout de quatre paramètres clés : l’intensité, la durée, la fréquence et le placement des électrodes.
Voici comment optimiser chacun de ces points, selon les données les plus fiables.
🔹 L’intensité : le point le plus important
Les revues Cochrane sont très claires : le TENS fonctionne mieux lorsque l’intensité est la plus forte possible… sans être douloureuse.
En pratique :
- vous devez sentir une stimulation franche,
- sans contraction musculaire désagréable,
- et sans douleur.
Une intensité trop faible donne des résultats proches du placebo.
🔹 La durée : 20 à 30 minutes
La plupart des essais cliniques utilisent des séances de 20 à 30 minutes car c’est dans cette fenêtre que l’effet antalgique est le plus stable.
- En dessous de 15 minutes : l’effet est souvent trop faible.
- Au-delà de 30 minutes : pas d’effet supérieur démontré.
🔹 La fréquence : différente selon le type de douleur
✔ Douleur aiguë / neuropathique
Fréquences élevées : 80 à 120 Hz. On obtient un meilleur effet sur la douleur “nerveuse”, brûlures, décharges, fourmillements.
✔ Douleur chronique / profonde
Fréquences basses : 2 à 10 Hz. Utiles dans les douleurs persistantes et sensibilisées.
🔹 Le rythme d’utilisation
Selon les données :
- 1 séance/jour en phase aiguë,
- 1 à 2 séances/jour en douleur chronique,
- possibilité d’espacer dès que la douleur s’atténue.
Il n’existe aucune dépendance, aucun risque d’usage répété lorsqu’il est utilisé correctement.
🔹 Le placement des électrodes : un vrai facteur d’efficacité
Le placement fait partie des paramètres les plus importants. Selon les recommandations, les électrodes doivent suivre le trajet de la douleur et/ou le trajet nerveux concerné.
Nous détaillerons ce point dans la section suivante, mais retenez déjà : un mauvais placement = efficacité très faible, même avec un bon appareil.
🔹 Quand ressentir un effet ?
- La majorité des études montrent : un effet immédiat ou dans l’heure qui suit dans les douleurs neuropathiques et aiguës légères.
- Dans les douleurs chroniques : l’amélioration est plus progressive, souvent après quelques séances régulières.
🔹 Peut-on bouger pendant la séance ?
Oui. Le TENS n’empêche pas les mouvements et ne crée pas de danger en activité légère. Certaines personnes préfèrent même bouger doucement pendant la séance, car cela réduit les tensions.
En résumé : pour bien utiliser un TENS
- Intensité forte mais confortable.
- Séance de 20–30 min.
- Hautes fréquences : douleurs aiguës / neuropathiques.
- Basses fréquences : douleurs chroniques.
- 1 à 2 séances/jour si besoin.
- Placement précis = efficacité maximale.
Ce sont ces paramètres qui font vraiment la différence entre un TENS “qui ne fait pas grand-chose”… et un TENS efficace.
Où placer les électrodes selon la zone douloureuse ?
Le placement des électrodes est l’un des facteurs qui influence le plus l’efficacité du TENS. Même un excellent appareil fonctionne mal si les électrodes sont mal positionnées.
Les recommandations scientifiques sont simples :
- les électrodes doivent être placées autour de la zone douloureuse,
- ou sur le trajet nerveux concerné,
- jamais directement sur la colonne ou sur une zone sensible comme l’avant du cou.
Voici les placements les plus utiles et les plus connus.
🔹 Sciatique
Pour une sciatique d’origine neuropathique, les études recommandent un placement sur :
- la région lombaire ou la fesse,
- l’arrière de la cuisse.
Placement recommandé :
- Électrode 1 : haut de la fesse, côté douloureux.
- Électrode 2 : juste en dessous, toujours sur la fesse.
- Électrode 3 : arrière de la cuisse, partie haute.
- Électrode 4 : arrière de la cuisse, partie médiane.
Ce placement suit le trajet du nerf sciatique et améliore l’effet antalgique.
🔹 Lombalgie
Ne jamais placer les électrodes sur la colonne.
Placement recommandé :
- Une électrode de chaque côté de la zone douloureuse.
- À 2–3 cm de la colonne.
- Placées de manière symétrique.
Cette configuration cible les structures superficielles douloureuses (muscles, fascias).
🔹 Cervicalgies et trapèzes
Pour les douleurs du cou ou des trapèzes :
- Ne pas poser d’électrode à l’avant du cou.
- Éviter la colonne cervicale directement.
Placement recommandé :
- Une électrode sur le trapèze supérieur.
- Une électrode sur le trapèze moyen.
- Même chose de l’autre côté si la douleur est bilatérale.
Ce placement est très efficace sur les tensions musculaires persistantes.
🔹 Genou (arthrose ou douleur chronique)
Le genou répond bien à un placement autour de l’articulation.
Placement recommandé :
- Deux électrodes de chaque côté de la rotule.
- Ou : une en haut du genou (côté quadriceps), une en bas (côté tibial).
L’objectif est de couvrir la zone douloureuse sans stimuler la rotule elle-même.
🔹 Épicondylite (coude)
Pour une tendinite du coude (épicondylite ou épitrochléite) :
Placement recommandé :
- Une électrode proche de la zone douloureuse.
- L’autre apposée plus loin sur l’avant-bras, dans l’axe du muscle concerné.
Cela permet de moduler le signal douloureux tout en respectant le trajet musculaire.
🔹 Tendinite d’Achille ou douleur du mollet
Pour les douleurs tendineuses ou musculaires du mollet :
Placement recommandé :
- Une électrode au-dessus de la zone douloureuse.
- L’autre légèrement en dessous.
- Jamais sur le tendon directement si la zone est très sensible.
Ce placement permet de réduire la “sensibilisation” du tendon ou du muscle.
Conseils généraux de placement
- Toujours poser les électrodes sur une peau propre et sèche.
- Les électrodes doivent être à quelques centimètres l’une de l’autre.
- Il est possible de tester plusieurs positions pour trouver la plus efficace.
- Éviter les zones osseuses très saillantes (rotule, cheville).
Le TENS est-il dangereux ? Sécurité & contre-indications
Le TENS est considéré comme une méthode sûre, non invasive et bien tolérée. Il est utilisé en milieu hospitalier depuis plusieurs décennies, et les études montrent très peu d’effets indésirables lorsqu’il est utilisé correctement.
Cependant, comme tout dispositif médical, il existe des précautions importantes à connaître pour garantir une utilisation en toute sécurité.
🔹 Les contre-indications principales
✔ Pacemaker ou dispositif cardiaque implanté
Le TENS ne doit pas être utilisé chez les personnes porteuses d’un :
- pacemaker,
- défibrillateur implantable,
- neurostimulateur implanté.
Le risque est faible mais réel : interférences électriques possibles.
✔ Grossesse (abdomen et bas du dos)
Pendant la grossesse, on évite le placement :
- sur l’abdomen,
- sur le bas du dos,
- sur la région pelvienne.
L’utilisation sur d’autres zones (épaule, genou) peut être discutée avec un professionnel de santé.
✔ Plaie, infection ou irritation cutanée
Ne jamais appliquer des électrodes sur :
- une plaie ouverte,
- une infection cutanée,
- une brûlure,
- une irritation importante.
Le TENS doit toujours être appliqué sur une peau saine.
✔ Insensibilité de la zone
Si la peau est très insensible (neuropathie sévère, perte de sensibilité), il est préférable d’éviter le TENS.
Le patient ne percevrait pas la stimulation, ce qui empêche de régler l’intensité en sécurité.
🔹 Les précautions importantes
✔ Ne jamais appliquer le TENS :
- sur la colonne vertébrale directement,
- sur l’avant du cou ou le larynx,
- sur le cœur ou la région thoracique proche,
- sur la tête ou au niveau des yeux.
Ces zones contiennent des structures sensibles ou potentiellement réactives à une stimulation électrique.
✔ Adapter l’intensité progressivement
Une montée trop brutale de l’intensité peut créer une gêne inutile. L’objectif est une sensation forte mais toujours confortable.
✔ Arrêter en cas d’inconfort inhabituel
Si une douleur, une brûlure ou une décharge inhabituelle apparaît :
➡️ arrêter immédiatement la séance,
➡️ vérifier le placement des électrodes ou l’état de la peau.
🔹 Effets secondaires possibles (rares)
Les données montrent que les effets indésirables sont très rares et généralement bénins :
- légère irritation cutanée,
- rougeur passagère sous les électrodes,
- inconfort si intensité trop élevée.
Il n’existe pas de risque de dépendance ni d’effet secondaire sérieux documenté dans les études.
En résumé : un outil sûr, quand il est bien utilisé
Le TENS est considéré comme l’une des méthodes antalgiques :
- les plus sûres,
- les moins invasives,
- et les mieux tolérées.
Les risques existent surtout si :
- on ignore les contre-indications,
- l’intensité est mal réglée,
- ou les électrodes sont mal placées.
Dans une utilisation correcte, c’est un outil fiable et sécuritaire.
Quels TENS choisir ? (mon choix de kiné)
Il existe beaucoup d’appareils différents sur le marché, parfois avec des dizaines de programmes “dos”, “cou”, “genou”, “massage”…
Dans la pratique, ces variations sont surtout commerciales : la technologie TENS reste la même et ce sont l’intensité, la fréquence et la qualité du courant qui font la différence.
L’objectif ici n’est pas d’encourager à l’achat, mais de vous aider à comprendre les différences entre les modèles et à identifier ceux qui sont vraiment fonctionnels pour un usage à domicile.
Les recommandations reposent sur trois critères essentiels :
- simplicité d’utilisation,
- qualité de la stimulation,
- fiabilité des programmes (notamment pour les douleurs neuropathiques et chroniques).
Pour vous aider à choisir simplement, voici les trois modèles que je recommande selon votre besoin. Ils couvrent 100 % des usages utiles, sans fonctions inutiles.
🔹 1. Les TENS simple, fiable et facile à utiliser (usage quotidien)
Ce type de TENS convient pour :
- 80% des patients,
- les douleurs lombaires,
- les douleurs de type sciatique,
- les cervicalgies,
- les douleurs chroniques,
- un usage ponctuel en fin de journée.
Avantages :
- programmes pré-réglés,
- intensité suffisante,
- mise en route rapide.
Idéal pour une première utilisation ou pour les personnes recherchant un appareil simple, efficace et peu chère.
👉 Voir le TENS simple et peu cher.
Pour ce TENS l’option chauffante est également disponible; surtout utile pour les zones du dos et des cervicales.
🔹 2. Les TENS milieu de gamme
Ce sont des TENS fiable et polyvalent, idéal si vous voulez quelque chose de plus complet qu’un modèle d’entrée de gamme.
Il propose plusieurs variations de fréquences, deux canaux indépendants, et une intensité réglable confortablement.
Ce modèle est utile si :
- vos douleurs changent selon la journée,
- vous voulez ajuster finement l’intensité,
- ou si vous traitez des zones plus larges (dos, trapèzes, cuisses…).
Il reste simple à utiliser, sans fonctions inutiles, et c’est un très bon compromis entre simplicité et confort.
👉 Voir le Globus Duo TENS (milieu de gamme)
3. Les appareils plus avancés
C’est ke type d’appareil que j’utilise au cabinet, principalement pour son mode TENS qui est fiable, puissant et confortable.
Même s’il possède aussi des programmes d’électrostimulation musculaire (EMS), ce n’est pas ce qui m’intéresse dans cet appareil :
👉 pour la douleur, seul le mode TENS est pertinent.
👉 les programmes EMS ne sont pas nécessaires dans la plupart des situations, et ne jouent aucun rôle dans l’effet antalgique.
Ce modèle s’adresse surtout aux personnes qui veulent :
- un TENS robuste et fiable,
- une qualité professionnelle,
- une intensité réglable très progressivement,
- et un appareil durable dans le temps.
Si vous souhaitez uniquement soulager une douleur avec un TENS, un modèle plus simple peut tout à fait suffire.
Mais si vous voulez un appareil plus confortable et plus solide, c’est un très bon choix.
👉 Voir le Compex Fit 1.0 que j’utilise au cabinet (mode TENS premium).
🔹 Que choisir en pratique ?
Pour résumer :
- ✔ Douleurs quotidiennes simples → un TENS basique mais fiable suffit.
- ✔ Douleurs variées ou chroniques → un modèle polyvalent offre plus de flexibilité.
- ✔ Besoin d’un TENS robuste et très fiable → visez le modèle premium.
L’essentiel n’est pas d’avoir le modèle le plus cher, mais celui qui :
👉 correspond à vos besoins,
👉 propose des réglages cohérents,
👉 permet une intensité suffisante.
📝 À retenir : inutile d’avoir 15 programmes différents.
Ce qui compte vraiment, ce n’est pas le nombre de programmes mais :
- l’intensité suffisante (critère n°1 d’efficacité),
- la durée de 20–30 minutes,
- la fréquence adaptée (aigu / chronique),
- le bon placement des électrodes.
👉 Autrement dit, un TENS simple mais bien réglé peut être aussi efficace qu’un modèle très haut de gamme.
Tableau récapitulatif : quel tens choisir ?
| Modèle | Pour qui ? | Lien |
|---|---|---|
| TENS simple | Pour commencer, douleurs du quotidien | 👉 Voir le TENS simple |
| Globus Duo TENS | Bon compromis, deux canaux, réglages utiles | 👉 Voir le milieu de gamme |
| Compex Fit 1.0 (mode TENS) | Option premium, appareil robuste | 👉 Voir le premium |
🧷 Passer par ce lien n’augmente pas le prix et m’aide à faire vivre le site. 😉
Le TENS remplace-t-il la rééducation ?
Le TENS est un outil intéressant pour soulager la douleur, mais il ne traite pas la cause d’une blessure. Les études sont très claires : le TENS peut aider à mieux supporter la douleur, mais il ne remplace pas un programme de rééducation structuré.
Voici pourquoi.
🔹 Le TENS agit sur la douleur, pas sur les tissus
Le TENS modifie la perception douloureuse en agissant sur les voies nerveuses. En revanche, il n’a aucun effet sur :
- la force musculaire,
- la mobilité articulaire,
- la stabilité,
- la récupération tissulaire,
- ou la capacité à tolérer la charge.
Il soulage, mais il ne corrige pas le facteur mécanique ou fonctionnel à l’origine de la douleur.
🔹 Un soulagement utile pour avancer dans le traitement
Même s’il ne règle pas la cause, le TENS peut rendre la rééducation plus efficace :
- il facilite les mouvements douloureux,
- il permet de reprendre les exercices plus tôt,
- il diminue l’appréhension,
- il améliore le confort au quotidien.
Certaines douleurs chroniques ou neuropathiques répondent mieux aux exercices lorsqu’elles sont moins sensibles, même temporairement. Le TENS devient alors un support au traitement, pas un traitement en soi.
🔹 Le risque de s’en remettre uniquement au TENS
Utiliser le TENS seul, sans adapter la charge ou sans travailler sur la cause, apporte rarement un résultat durable.
Exemples typiques :
- douleur de genou liée à un quadriceps trop faible,
- lombalgie liée à un manque de mouvement,
- tendinite liée à une surcharge progressive non maîtrisée.
Le TENS peut soulager, mais la douleur reviendra si le problème mécanique persiste.
🔹 L’utilisation idéale du TENS
D’après les recommandations internationales, le TENS est utile lorsqu’il est intégré dans une stratégie qui comprend :
- une explication claire de la douleur,
- une réadaptation progressive à l’effort,
- un travail musculaire adapté,
- une gestion de la charge,
- des exercices simples et réguliers.
Le TENS est un complément, pas une solution principale.
En résumé
- Le TENS soulage → oui, scientifiquement démontré.
- Le TENS soigne la cause → non.
- Le TENS rend la rééducation plus confortable → très souvent, oui.
- Le meilleur résultat : TENS + exercices adaptés + progression de la charge.
Le mot du kiné 💬 : un outil utile, mais à la bonne place
Le TENS n’est ni un traitement miracle, ni un simple gadget. Les données scientifiques montrent qu’il peut réellement réduire la douleur, en particulier dans les douleurs neuropathiques, les sciatiques, les douleurs chroniques et certaines tendinites.
Son efficacité dépend cependant de plusieurs points :
- un bon réglage de l’intensité,
- une durée suffisante,
- un placement précis des électrodes,
- et un usage intégré dans une prise en charge globale.
🧷 Le TENS ne remplace pas la rééducation, mais il peut rendre les mouvements moins douloureux et faciliter votre progression.
C’est pour cette raison qu’il est souvent utilisé en complément d’un programme d’exercices adaptés, d’une gestion de la charge et d’une bonne compréhension de votre douleur.
🧷 De mon côté, je l’utilisais plus souvent au cabinet auparavant. Aujourd’hui, je privilégie surtout les approches actives lors des séances.
🧷 En revanche, il m’arrive de recommander à certains patients d’avoir un TENS à la maison, pour l’utiliser ponctuellement en complément de la rééducation.
🧷 Si vous envisagez d’utiliser un TENS, prenez le temps de choisir un modèle simple et fiable, et surtout d’appliquer les réglages qui ont prouvé leur efficacité.
🧷 Bien utilisé, il peut devenir un allié intéressant pour mieux gérer une douleur persistante au quotidien.
Questions fréquentes (FAQ)
Le TENS fait-il mal ?
Non. Le TENS doit rester confortable. Vous devez sentir une stimulation franche, mais jamais douloureuse.
Si cela fait mal, l’intensité est trop élevée ou le placement des électrodes est à revoir.
Combien de temps faut-il pour ressentir un effet ?
Dans les douleurs neuropathiques ou aiguës légères, l’effet peut être immédiat ou apparaître dans l’heure qui suit.
Dans les douleurs chroniques, l’amélioration est souvent progressive, au fil des séances.
Peut-on utiliser le TENS tous les jours ?
Oui. Les données montrent qu’il n’existe pas de risque lié à une utilisation quotidienne, tant que l’intensité reste confortable.
Le TENS peut-il aggraver la douleur ?
C’est rare. L’inconfort apparaît surtout si :
- l’intensité est trop forte,
- les électrodes sont mal placées,
- ou si la zone est très irritée.
Dans ce cas, il suffit de diminuer l’intensité ou d’arrêter la séance.
Le TENS remplace-t-il un traitement ou une rééducation ?
Non.Le TENS agit sur la douleur, pas sur la cause du problème. Il peut cependant vous aider à mieux tolérer les exercices et à avancer dans votre rééducation.
Quelle différence entre TENS et électrostimulation musculaire ?
- TENS : diminue la douleur.
- Électrostimulation musculaire (EMS) : renforce un muscle. Les deux appareils n’ont pas le même objectif.
Est-ce dangereux d’utiliser le TENS si j’ai des infiltrations, une prothèse ou une arthrose ?
Non. Le TENS est compatible avec les infiltrations, les prothèses, l’arthrose et la plupart des traitements.
Les seules vraies contre-indications concernent :
- les pacemakers,
- certaines zones (abdomen enceinte, avant du cou),
- et la peau lésée.
Le TENS marche-t-il sur toutes les douleurs ?
Non. Il est surtout efficace pour :
- les douleurs neuropathiques,
- les sciatiques,
- les douleurs chroniques,
- l’arthrose (court terme),
- les tendinites longues.
Il aide peu dans les douleurs mécaniques aiguës(lumbago) ou très profondes.
Puis-je marcher ou bouger pendant la séance ?
Oui. Bouger légèrement n’est pas dangereux et peut même améliorer le confort dans certaines douleurs.
Dois-je essayer plusieurs placements d’électrodes ?
Parfois, oui. Chaque douleur est différente, et tester 1 ou 2 variantes (toujours sur zone sûre) permet souvent de trouver le placement le plus efficace.
Sources scientifiques et médicales 📗
- Revues Cochrane :
- Neuropathic pain (2017) :
https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD011259.pub2/full - Acute pain (2019) :
https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD012769.pub2/full - Proctor M, Farquhar C, Stones W, He L, Zhu X, Brown J. Transcutaneous electrical nerve stimulation for primary dysmenorrhoea. Cochrane Database of Systematic Reviews 2002, Issue 1. Art. No.: CD002123. DOI: 10.1002/14651858.CD002123. Accessed 25 October 2021.
2. Recommandations NICE (Royaume-Uni) :
- Chronic pain (NG193) : https://www.nice.org.uk/guidance/ng193
- Neuropathic pain (CG173) : https://www.nice.org.uk/guidance/cg173
3. PEDro – Base de données de preuves en kinésithérapie : https://pedro.org.au/
4. Autres synthèses de la littérature :
Johnson MI. Resolving Long-Standing Uncertainty about the Clinical Efficacy of Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation (TENS) to Relieve Pain: A Comprehensive Review of Factors Influencing Outcome. Medicina (Kaunas). 2021 Apr 14;57(4):378. doi: 10.3390/medicina57040378. PMID: 33919821; PMCID: PMC8070828.
Vance CG, Dailey DL, Rakel BA, Sluka KA. Using TENS for pain control: the state of the evidence. Pain Manag. 2014 May;4(3):197-209. doi: 10.2217/pmt.14.13. PMID: 24953072; PMCID: PMC4186747.

