Lorsqu’un patient arrive au cabinet en me disant : « Mon genou s’est bloqué d’un coup, je n’arrive plus à le plier ou à le tendre », je vois rapidement l’inquiétude dans son regard.
On imagine très vite un problème grave : ménisque coincé, fragment qui se balade dans l’articulation, lésion du cartilage… Pourtant, dans la réalité clinique, tous les blocages ne se ressemblent pas, et certains sont même beaucoup moins graves qu’on ne le pense.
Il existe des blocages mécaniques, où quelque chose empêche réellement le genou de bouger, et des blocages douloureux, où l’articulation se protège et “refuse” transitoirement de fonctionner normalement.
Comprendre cette différence change tout : cela influence la façon d’agir, la nécessité ou non d’une imagerie, le délai de récupération et même la stratégie de rééducation.
✅ À travers cet article, je vais vous aider à faire la part des choses, en vous expliquant clairement :
- d’où peut venir ce blocage,
- ce que vous pouvez faire tout de suite pour soulager votre genou,
- les signes qui doivent vous amener à consulter
- et, surtout, comment la rééducation permet d’éviter que cet épisode se répète.
Pourquoi mon genou se bloque ? Comprendre le mécanisme réel
Un genou qui se bloque peut donner la sensation très nette qu’une pièce interne empêche l’articulation de bouger, comme si une petite cale s’était glissée entre le tibia et le fémur.
Cette impression est parfois juste, mais pas toujours. En réalité, on distingue deux grands types de blocages : le blocage mécanique et le blocage douloureux (aussi appelé blocage fonctionnel).
Dans le premier cas, quelque chose coince réellement dans l’articulation ; dans le second, c’est la douleur ou un réflexe musculaire de protection qui bloque momentanément le mouvement.
Cette distinction est essentielle car elle détermine la conduite à tenir. Le blocage mécanique peut nécessiter un avis spécialisé ou une imagerie pour comprendre ce qui gêne le mouvement.
Le blocage douloureux, au contraire, peut se débloquer en quelques heures ou quelques jours grâce au repos, au froid et à quelques exercices simples. Sans ce tri préliminaire, il est très difficile de comprendre ce qui se passe réellement dans votre genou.
📌 Comprendre pourquoi votre genou se bloque est la première étape pour lever le blocage sans risque, éviter les récidives et reprendre vos activités sereinement.
Blocage mécanique : quand quelque chose coince réellement dans l’articulation
Le blocage mécanique correspond au scénario classique que beaucoup craignent : il existe un véritable obstacle à l’intérieur du genou, quelque chose qui empêche physiquement l’articulation de plier ou de s’étendre.
La sensation est souvent très nette : même si vous voulez forcer, le mouvement ne passe pas, comme si une butée interne s’opposait à vous.
Les causes les plus fréquentes incluent :
- une lésion méniscale mobile (comme un flap ou une anse de seau),
- une plica synoviale épaissie qui accroche,
- un fragment cartilagineux qui se coince dans l’articulation ou un petit corps étranger qui se déplace au gré des mouvements.
Toutes ces situations peuvent entraîner un blocage soudain, parfois douloureux, parfois indolore, mais toujours gênant.
Dans ce cadre-là, un examen clinique précis et parfois une imagerie (IRM ou arthroscanner) permettent d’identifier ce qui empêche réellement le mouvement.
📌 Le blocage mécanique est souvent plus persistant, moins sensible aux exercices simples, et peut nécessiter une prise en charge spécialisée lorsqu’il dure ou se répète.
Les causes les plus fréquentes
1. Lésion méniscale : flap ou anse de seau
Le ménisque peut se déchirer de différentes façons. Lorsqu’un fragment se mobilise, il peut venir se coincer entre le fémur et le tibia, créant une véritable butée mécanique.
L’anse de seau, par exemple, correspond à un morceau du ménisque qui se déplace comme une languette. Ce fragment peut verrouiller le genou en flexion ou en extension, rendant impossible toute tentative de déblocage par soi-même.
Les patients décrivent souvent un “clac”, suivi d’une impossibilité de tendre ou plier la jambe. La douleur n’est pas toujours très importante au repos, ce qui surprend souvent.
2. Plica synoviale épaissie
La plica est un petit repli synovial présent dans de nombreux genoux, souvent sans conséquence.
Cependant, lorsqu’elle s’irrite ou s’épaissit, elle peut frotter ou accrocher durant les mouvements, donnant une sensation de blocage fugace ou de craquement interne.
Ici, le blocage est généralement bref, mais peut devenir gênant s’il se répète.
3. Flap cartilagineux
Il arrive qu’une petite zone du cartilage se soulève légèrement, créant un petit “volet” (flap) qui se soulève ou se rabat au cours du mouvement. Ce flap peut alors gêner la flexion ou l’extension et provoquer des accrochages répétés.
4. Corps étranger intra-articulaire
Après un traumatisme, une entorse ou parfois dans un contexte d’arthrose débutante, un fragment cartilagineux ou osseux peut se détacher et circuler dans l’articulation.
Lorsque ce fragment se coince, le genou peut se bloquer brutalement. Ces fragments, parfois appelés “corps étrangers”, sont parfois difficiles à voir à l’IRM et mieux détectés à l’arthroscanner.
Blocage douloureux (fonctionnel) : quand le genou refuse de bouger
Dans ce type de blocage, rien n’empêche physiquement le mouvement. Le genou se bloque car il se protège : la douleur est suffisamment intense pour provoquer une inhibition réflexe des muscles, en particulier du quadriceps, qui cesse soudainement de faire son travail.
L’articulation se retrouve alors sans soutien actif, ce qui donne une sensation de blocage ou d’impossibilité de tendre correctement la jambe.
Ce phénomène est très fréquent après un faux mouvement, une irritation du ménisque, un petit épisode inflammatoire ou même une douleur vive transitoire.
Le blocage douloureux est souvent impressionnant mais beaucoup moins grave qu’un blocage mécanique. Il s’améliore en général avec le repos, la diminution de la douleur, quelques exercices très doux et une reprise progressive du mouvement.
Les patients décrivent souvent un genou qui se “coince” quelques secondes avant de repartir, ou un genou qui refuse de s’étendre après un épisode douloureux.
📌 Ici, la prise en charge consiste avant tout à calmer la douleur, réactiver les muscles en douceur et restaurer la mobilité.
Blocage mécanique ou douloureux : comment faire la différence ?
Distinguer les deux types de blocages est crucial, car la conduite à tenir n’est pas du tout la même. Pour vous aider à y voir clair, voici les éléments les plus importants à observer.
- La possibilité ou non de bouger : un blocage mécanique résiste même lorsque vous essayez doucement de forcer ; un blocage douloureux peut céder après quelques mouvements.
- La douleur : la douleur est souvent présente dans le blocage fonctionnel, alors qu’un blocage mécanique peut être étonnamment indolore.
- La façon dont le blocage arrive : un blocage mécanique survient parfois après un claquement ou un mouvement précis, tandis qu’un blocage douloureux apparaît souvent après une douleur aiguë ou une appréhension.
- La réaction aux exercices : les exercices isométriques améliorent souvent un blocage douloureux, mais changent peu un blocage mécanique.
- La durée : un blocage mécanique persiste, parfois des heures ou des jours. Un blocage fonctionnel évolue plus rapidement.
| Blocage mécanique | Blocage douloureux | |
|---|---|---|
| Mouvement ? | Impossible malgré les efforts | Gêne mais légère amélioration possible |
| Douleur ? | Parfois absente | Douleur présente, surtout à certains mouvements |
| Apparition ? | Soudaine, parfois après un faux mouvement | Souvent progressive ou liée à un traumatisme |
| Réponse à l’exercice ? | Faible ou nulle | Amélioration possible |
📌 Ce tri simple permet déjà de comprendre ce qui se passe et d’orienter la suite : consultation rapide, exercices à la maison ou observation.
Genou qui se bloque puis se débloque : ce que cela signifie
C’est l’un des motifs les plus fréquents au cabinet. Vous sentez un accrochage brutal, un petit claquement, une gêne nette pendant une seconde… puis tout rentre dans l’ordre.
Ce phénomène peut impressionner, mais il correspond souvent à un blocage fugace, lié à une petite irritation méniscale, à une plica qui accroche ou à un flap cartilagineux qui se soulève momentanément avant de reprendre sa place.
Ce type d’épisode n’est pas forcément grave, surtout s’il reste ponctuel. En revanche, un blocage répétitif, même très bref, mérite une évaluation, car il peut témoigner d’un élément mobile dans l’articulation qui réclame une prise en charge adaptée.
L’objectif est alors d’éviter qu’un accrochage anodin ne devienne un vrai blocage mécanique ou ne s’accompagne d’une limitation durable de la mobilité.
Genou bloqué en flexion : pourquoi c’est souvent plus sérieux
Lorsqu’un genou reste bloqué en flexion, par exemple après s’être accroupi ou avoir changé brusquement de direction, c’est souvent le signe d’un blocage mécanique plus marqué.
Le patient arrive souvent au cabinet avec la jambe légèrement repliée, incapable de tendre complètement le genou, parfois sans douleur majeure mais avec une gêne qui ne passe pas.
Ce type de présentation est très typique d’une lésion méniscale interne, en particulier d’une anse de seau, où une portion du ménisque se retourne dans l’articulation et empêche l’extension.
La caractéristique principale est l’impossibilité d’obtenir une extension complète, même en douceur, malgré les tentatives de mobilisation ou les exercices. Le genou semble littéralement “verrouillé”, comme si une pièce interne empêchait le tibia et le fémur de retrouver leur alignement naturel.
📌 Dans cette situation, il est important de ne pas forcer. Une évaluation rapide est recommandée, car lorsqu’un genou reste bloqué plusieurs heures ou plusieurs jours sans s’améliorer, l’hypothèse d’un blocage mécanique vrai devient très probable, et une imagerie comme une IRM peut être utile pour confirmer la cause.
Genou qui ne se tend plus, impossible à plier : les causes les plus fréquentes
Que vous soyez incapable de tendre totalement votre genou (perte d’extension) ou que vous n’arriviez plus à le plier correctement, cette limitation brutale est toujours un signe qu’il faut analyser attentivement.
Une perte d’extension complète peut indiquer un fragment méniscal coincé, un “cyclope” après une entorse ou une irritation très vive de l’articulation. L’impossibilité de plier peut suggérer un blocage par douleur ou une inflammation importante.
Parfois, ces limitations sont dues à une inhibition du quadriceps, ce phénomène réflexe où le muscle se “débranche” pour protéger l’articulation.
D’autres fois, la limitation est mécanique : le ménisque, un fragment cartilagineux ou même une plica épaissie bloque réellement le mouvement.
Ce qui fait la différence, c’est la réversibilité : si après quelques minutes de repos, un exercice léger ou de la glace, le mouvement revient un peu, il s’agit probablement d’un blocage douloureux.
Si malgré tout, rien ne change, la gêne peut être d’origine mécanique et justifier une exploration plus poussée.
Blocage après une entorse : que faut-il suspecter ?
Après une entorse du genou, surtout si les ligaments croisés ont été mis à contribution, des blocages ou des accrochages peuvent apparaître dans les jours ou semaines qui suivent.
Les patients décrivent souvent une sensation de tiraillement interne, une difficulté à tendre complètement la jambe ou un genou qui “accroche” lors de la marche.
Plusieurs mécanismes peuvent expliquer ce phénomène :
- Lésion méniscale associée : fréquente dans les entorses, en particulier du ligament croisé antérieur.
- Syndrome du cyclope : un petit amas fibreux situé devant le LCA (opéré ou non) empêche l’extension complète.
- Hémarthrose : présence de sang dans l’articulation, qui augmente la pression interne et limite le mouvement.
- Inflammation importante : l’articulation réagit au traumatisme, et le quadriceps s’inhibe.
📌 Dans ce contexte, la sensation de blocage n’a pas toujours la même origine. C’est la durée qui guide la suite : une perte d’extension persistante ou une douleur vive à un mouvement précis peut justifier une IRM pour vérifier qu’un ménisque ou un fragment fibreux ne gêne pas le mouvement.
Durée d’un genou bloqué : ce qui est normal… et ce qui l’est moins
L’une des premières questions que les patients me posent est : « Combien de temps ça va durer ? ».
Et cette question est parfaitement légitime, car la durée donne une indication précieuse sur la cause probable du blocage.
Voici les scénarios les plus fréquents :
- Blocage douloureux (fonctionnel) : il peut durer quelques minutes, quelques heures, parfois jusqu’à 24–48 heures. Il s’améliore généralement en traitant la douleur, en calmant l’inflammation et en réactivant doucement les muscles.
- Blocage mécanique partiel : il peut durer quelques heures ou revenir par épisodes, surtout après un mouvement précis.
- Blocage mécanique franc (comme une anse de seau) : il peut durer plusieurs jours si rien ne change.
En règle générale :
- Un blocage qui se lève en moins de 24–48h est rassurant.
- Un blocage qui persiste au-delà mérite une consultation.
- Un genou qui ne s’étend plus depuis plusieurs jours doit être évalué rapidement.
La durée n’est pas une fatalité : dans la plupart des cas, un protocole simple (froid, repos, exercices) permet d’améliorer la situation en peu de temps.
Mais lorsque le blocage ne cède pas, il est important de vérifier qu’il n’y a pas un élément mécanique qu’il faut traiter.
Que faire immédiatement ? (les gestes simples et sûrs)
Lorsque votre genou se bloque, l’objectif n’est pas de forcer ou de paniquer, mais de calmer la douleur et d’essayer de relancer le mouvement en douceur.
🧷 Si votre genou est non seulement bloqué mais aussi gonflé ou chaud au toucher, cela peut renforcer l’hypothèse d’une inflammation aiguë. Pour comprendre les différentes causes d’un genou gonflé et les mesures à prendre selon les situations, vous pouvez consulter mon article “Genou gonflé : causes et que faire ?”.
Les premières heures comptent beaucoup : elles permettent de réduire l’inflammation, de limiter la compensation et d’éviter que la situation ne se rigidifie davantage.
Les quatres axes principaux sont :
🔹 1) Ne forcez jamais pour débloquer le genou
Forcer peut aggraver un pincement ou augmenter l’inflammation.
🔹 2) Soulager la douleur pour lever le réflexe de protection
Le froid, une position antalgique et parfois un antalgique simple peuvent diminuer la réaction musculaire excessive.
💡 Conseil pratique : si vous n’avez pas de poche de froid à la maison, les modèles avec bande de maintien sont très pratiques car ils se fixent autour du genou sans avoir besoin de les tenir.
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🔹 3) Réactiver doucement le quadriceps
Un exercice isométrique léger (comme écraser un cousin) peut relancer le contrôle articulaire et favoriser la reprise de l’extension. Placez un coussin ou un petit rouleau sous votre genou et poussez doucement dessus pour réactiver le quadriceps.
Pour réaliser cet exercice plus confortablement, vous pouvez utiliser un petit rouleau en mousse ou un coussin ferme sous le genou. 👉 Voici un modèle simple et adapté.
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🔹 4) Marcher avec une béquille
Se déplacer avec une boiterie prolongée peut entraîner des douleurs ailleurs par compensation (hanche, dos, genou opposé). Une béquille peut être utile temporairement pour éviter de surcharger le genou et de compenser à un autre endroit.
📌 L’objectif n’est pas de forcer sur l’articulation, mais de l’aider à retrouver un mouvement confortable sans la mettre en difficulté.
Genou qui se bloque : quand consulter ?
Même si un genou qui se bloque peut parfois être bénin, il existe des situations où il faut obtenir un avis médical ou kiné rapidement. Les signes d’alerte ont pour rôle de vous aider à repérer ce qui sort du cadre “habituel” et nécessite un contrôle plus poussé.
Vous devriez consulter si vous observez :
- Un blocage qui persiste plus de 24 à 48 heures, malgré le repos et les gestes simples.
- Une impossibilité totale d’étendre ou de plier le genou, même légèrement.
- Une sensation de butée interne très nette, comme si quelque chose coinçait physiquement.
- Un antécédent récent de traumatisme, comme une entorse, un choc direct ou une torsion.
- Un genou chaud, gonflé ou rouge, pouvant indiquer une inflammation importante.
- Un claquement suivi d’un blocage, très typique de certaines lésions méniscales.
- Une gêne qui se répète plusieurs fois, même si chaque épisode se débloque ensuite.
🧷 Si votre genou est en plus chaud, gonflé ou tendu, il peut s’agir d’un phénomène inflammatoire. Dans ce cas, je vous conseille aussi de lire mon article dédié sur le genou gonflé pour comprendre ce que cela peut signifier et comment agir.
Ces signes ne signifient pas forcément qu’il y a un problème grave, mais ils justifient d’être analysés soigneusement.
Une évaluation clinique complète permet souvent de différencier un blocage mécanique d’un blocage douloureux et de décider de la suite : imagerie, repos, rééducation ou avis orthopédique.
Faut-il faire une IRM ? Dans quels cas est-ce utile ?
L’IRM du genou n’est pas systématique lorsqu’il y a un blocage. Elle est utile lorsqu’on suspecte une cause mécanique ou lorsqu’un blocage persiste malgré les mesures de base.
Elle permet de visualiser les ménisques, les ligaments, le cartilage et la présence éventuelle d’un fragment étranger.
L’IRM est particulièrement indiquée si :
- le blocage dure plus de 48 heures sans amélioration,
- une anse de seau méniscale ou un flap mobile est suspecté,
- l’extension est systématiquement limitée,
- un blocage survient après une entorse,
- des blocages répétés se produisent sans raison apparente,
- un corps étranger intra-articulaire est possible.
Dans d’autres cas, comme un blocage douloureux lié à une inhibition du quadriceps ou à une irritation ponctuelle, l’IRM n’est pas indispensable immédiatement. La décision dépend pleinement de l’évolution du genou dans les heures à venir et du bilan clinique réalisé en consultation.
Rééducation kiné : le protocole complet pour éviter que le blocage revienne
Une fois que le blocage est passé, que ce soit spontanément, après quelques exercices, ou après un avis médical, la rééducation devient essentielle.
Beaucoup de patients pensent que retrouver le mouvement suffit, mais un genou qui a été bloqué a souvent perdu en qualité de mouvement, en contrôle musculaire ou en stabilité. Sans rééducation, le risque de récidive est bien réel.
Le bilan kiné : comprendre la mécanique du blocage
Lors de la première séance, je prends le temps d’analyser :
- si le blocage est mécanique ou fonctionnel,
- s’il existe une douleur précise à la palpation (interne, externe, rotulienne),
- la mobilité en flexion / extension,
- la présence éventuelle d’épanchement,
- les gestes qui déclenchent la gêne.
J’utilise parfois :
- des tests méniscaux adaptés (McMurray, Thessaly),
- une évaluation simple de la stabilité ligamentaire,
- des tests fonctionnels (squat, montée/descente de marche).
📌 L’objectif n’est pas de “faire mal”, mais de comprendre ce qui déclenche le blocage et ce qui aide à le soulager.
Les objectifs de la rééducation
Ils varient selon la cause, mais on retrouve souvent les mêmes priorités :
- Réduire l’irritation et retrouver de la mobilité sans forcer.
- Stabiliser l’articulation pour éviter les blocages intermittents.
- Améliorer la force du quadriceps, des ischios et des muscles stabilisateurs.
- Rendre au patient ses gestes du quotidien : se relever d’un accroupi, monter les escaliers, reprendre la marche rapide, reprendre le sport.
Voici les trois grandes phases que je propose en cabinet.
🧷 Ce programme d’exercices vous donne une base pour avancer, mais chacun progresse à son rythme : n’hésitez pas à l’adapter à vos sensations et à votre situation, et à vous faire accompagner par votre kiné pour trouver ce qui vous convient le mieux.
Phase 1 : retrouver l’extension, calmer la douleur et redonner confiance (0-7 jours)
Cette première phase vise à redonner au genou sa liberté de mouvement sans provoquer de douleur excessive.
✔️ Mobilisations douces du genou.
✔️ Travail spécifique de l’extension (souvent la première amplitude à récupérer).
✔️ Isométriques du quadriceps (renforcement sans mouvement).
✔️ Travail de relâchement des muscles autour du genou.
✔️ Glace, positions antalgiques, conseils pour la marche.
Exemple d’exercices :
- Mobilisations douces en extension/flexion, sans douleur, 10–15 répétitions.
- Activation du quadriceps : contraction isométrique jambe tendue, maintenir 5 à 8 secondes, répéter 10 fois.
- Déroulé de cheville : pour décharger légèrement le genou.
- Étirements doux du mollet et de l’arrière de la cuisse, sans forcer.
📌 Le but est de sortir du cercle “douleur → protection → blocage” pour restaurer une mobilité fluide et indolore.
Phase 2 : renforcement progressif (1-3 semaines)
Une fois l’extension récupérée et la douleur contrôlée, on peut renforcer progressivement l’ensemble du membre inférieur. Le quadriceps reste la priorité : c’est souvent lui qui s’inhibe lorsqu’un blocage survient.
✔️ Extensions de genou en chaîne ouverte légère.
✔️ Chaîne fermée : squat partiel, fente assistée.
✔️ Renforcement des fessiers (ponts, abduction).
✔️ Travail des ischios pour stabiliser l’arrière du genou.
Exemple d’exercices :
- Mini-squats contrôlés (jusqu’à 45°), lenteur importante.
- Montée/descente de marche basse, sans douleur.
- Pont fessier (glute bridge), pour stabiliser le bassin et le genou.
- Équilibre sur un pied, yeux ouverts puis semi-fermés.
📌 Cette phase est souvent celle où le patient remarque une nette diminution des sensations d’accrochage.
Phase 3 : retour aux activités (3–6 semaines)
Cette phase est tout aussi importante que les deux premières, car elle prépare le retour aux activités du quotidien et au sport.
✔️ Proprioception sur surface stable puis instable.
✔️ Montée/descente escalier.
✔️ Exercices dynamiques : changements de direction, petites accélérations.
✔️ Reprise progressive du sport selon le niveau du patient.
Exemple d’exercices :
- Squats plus profonds, si absence de douleur.
- Proprioception avancée : coussin instable, demi-bosse, rotations contrôlées.
- Sauts légers (petits bonds), très progressifs.
- Travail en changement de direction, seulement pour les sportifs.
📌 C’est une étape clé pour retrouver une marche fluide, une confiance dans le genou et un mouvement “intégré” sans appréhension.
🏠 À la maison : exercices simples à réaliser entre les séances
Entre les séances, je propose souvent quelques exercices très progressifs :
- Contraction isométrique du quadriceps.
- Travail léger de l’extension avec une serviette sous le genou.
- Mobilité douce sans forcer.
- Renforcement des fessiers en pont.
- Étirements légers du quadriceps et des ischios.
Ces exercices sont suffisants pour accélérer la récupération sans surcharger le genou.
Le mot du kiné 💬
👉 Je vois très régulièrement des patients qui arrivent en urgence avec un genou bloqué, parfois inquiets d’une lésion grave.
Et pourtant, un grand nombre de ces situations s’expliquent simplement : une douleur vive, un quadriceps qui se débranche, une petite irritation du ménisque.
Dans ces cas-là, quelques mobilisations douces et une réactivation musculaire bien dosée permettent de retrouver un mouvement confortable parfois en quelques minutes.
👉 À l’inverse, je rencontre aussi des patients qui marchent depuis plusieurs jours avec un genou bloqué en flexion, persuadés qu’il suffit d’attendre.
Dans ces cas, une évaluation rapide permet d’éviter que la situation ne s’aggrave et de vérifier qu’un fragment méniscal ne bloque pas l’articulation.
👉 Ce que je retiens, c’est qu’un genou qui se bloque n’est jamais un symptôme à ignorer, mais il n’est pas non plus synonyme d’urgence absolue.
Avec une analyse claire, quelques gestes précis et une rééducation cohérente, la majorité des patients récupèrent parfaitement.
FAQ – Genou qui se bloque : les questions les plus fréquentes
🔸 Est-ce grave si mon genou se bloque ?
Pas toujours. Un blocage ponctuel ou douloureux peut être bénin. Un blocage persistant, mécanique ou associé à un traumatisme doit être évalué.
🔸 Combien de temps dure un genou bloqué ?
Un blocage fonctionnel dure souvent quelques heures. Un blocage mécanique peut durer plusieurs jours s’il n’est pas évalué.
🔸 Mon genou se bloque puis se débloque : est-ce un ménisque ?
C’est possible, surtout si cela se répète, mais parfois il s’agit d’une plica ou d’une irritation ponctuelle.
🔸 Je n’arrive plus à tendre mon genou : que faire ?
Ne forcez jamais. Essayez un exercice isométrique (sans mouvement) doux. Si rien ne change, consultez.
🔸 Dois-je forcer pour débloquer mon genou ?
Jamais. Forcer risquerait d’aggraver une lésion existante.
🔸 Quand faut-il faire une IRM ?
Lorsque le blocage dure plus de 48h, survient après une torsion, ou se répète.
🔸 Peut-on marcher avec un genou bloqué ?
Oui, mais en boitant, ce qui peut provoquer d’autres douleurs. Une béquille peut aider temporairement.
🔸 Le genou peut-il se rebloquer plus tard ?
Oui, si la cause mécanique n’est pas traitée ou si la rééducation est incomplète.
🔸 Quels exercices aident à débloquer le genou ?
Les contractions isométriques du quadriceps et les mobilisations douces sont les plus efficaces au début.
Pour conclure
- Un genou qui se bloque peut susciter une inquiétude légitime, mais il existe toujours une explication.
- Dans de nombreux cas, il s’agit d’un blocage douloureux qui cède en traitant la douleur et en réactivant les muscles. Mais lorsqu’un blocage persiste, se répète ou empêche complètement d’étendre la jambe, une analyse clinique permet d’identifier l’origine : ménisque, plica, flap cartilagineux ou autre cause mécanique.
- La kinésithérapie joue un rôle essentiel dans la récupération : mobilité, renforcement, stabilité et reprise du mouvement en toute confiance.
- Avec un accompagnement adapté et quelques exercices simples, la majorité des patients retrouvent une mobilité confortable et durable.
Sources scientifiques et médicales 📚
- Ameli.fr – Symptômes et diagnostic d’une lésion méniscale
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/lesions-meniscales-genou/symptomes-diagnostic-lesion-meniscale - Haute Autorité de Santé – Lésions méniscales et du ligament croisé antérieur – Argumentaire
https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2008-07/lesions_meniscales_et_du_ligament_croise_anterieur_-_argumentaire.pdf

